Monthly Archives: October 2013

C’est l’heure on ferme! Et n’oubliez pas l’addition, ni la marche en sortant!

Bien sûr que nous pouvons nous réjouir, mais il faut garder la tête froide, car les enchaînements ultérieurs seront aussi important que ….

Ah oui, dans mon excitation, j’ai oublié de vous dire de quoi je souhaitais vous parler, de la fermeture de notre antédiluvienne centrale nucléaire de Mühleberg, bien sûr!

Entre la franche satisfaction d’une décision pleine de bon sens, même si un peu tardive, d’un coté et de l’autre les inquiétudes face tout à la fois au démantèlement à planifier ainsi qu’aux divers groupes de pression cherchant à s’opposer aux renouvelables, mon cœur balance sur ce qu’il faut retenir de cette décision historique.

Alors comme pour un grand festin, prenons un peu de tout dans le bon ordre.

L’apéro s’est bien présenté, nous avons beaucoup bu sans trop nous soucier ni du coûts des bouteilles et encore moins de la solide gueule de bois à venir. Lorsque nous avons consommé les kWh de la centrale de Mühleberg, nous avons fait semblant de sortir l’argent “des bouteilles” de notre porte-monnaie, mais aujourd’hui presque plus personne ne fait semblant d’y croire et il est notoire que l’on commence seulement maintenant de tipper l’addition.

Pour le plat de résistance, et comme dans l’intervalle nous sommes devenus dépendants à cette consommation effrénée, la tentation a surgi de faire payer les autres, par exemple en allant chercher ces kWh qui nous manquaient si fort chez les autres. Tiens, chez les allemands par exemple avec leurs nombreuses centrales à charbon sous-exploitées. Très mauvaise idée! Si nous persistons dans cette voie, nous allons commencer une nouvelle addition ailleurs, qui n’allégera surtout pas notre première note.

Au puis au dessert, au lieu de se rabattre sur des fruits (quelque chose de sain, pour changer), une pelée d’inconscients cherche par tout les moyens à nous en empêcher et implicitement donc tente de nous faire retomber dans notre vice.

Arrêter de s’enivrer était et reste la seule bonne décision, mais oui, maintenant nous devons de toute urgence mettre en place une ligne claire, un peu comme pour un sevrage, et il faut donc
- re-planifier la vie de fin des réacteurs ainsi que le traitement des déchets d’une manière crédible et responsable pour les générations futures (payer l’addition donc);
- ainsi que lever les obstacles artificiels de toute nature dressés contre les énergies renouvelables (attention la marche!).

Ne pas payer son addition au restaurant vous crée de gros problèmes. Si vous manquez la marche en sortant, cela peut faire très mal. Alors puisque nous avons pris une bonne résolution, ne nous arrêtons pas en si bon chemin!

Laurent-David JOSPIN

Réalité des coûts? Oui! mais comment faire la transition?

Le nœud du triple problème géo-politique, énergétique, mais surtout environnemental est résumé dans ces trois petits mots “réalité des coûts”.

Dans les faits, les énergies fossiles, nucléaire compris, ou une chimie outrancière, ou encore une agriculture intensive, …  n’ont un avantage concurrentiel apparent contre le durable, que grâce au fait qu’elles n’assument pas les coûts induits (pollution, déchets persistants, problèmes de santé publique, épuisement des sols, ….) . Aujourd’hui, presque plus personne de sérieux ne nie cette réalité de base.

Ainsi des taxes ciblant spécifiquement cet aspect semblent être la panacée, surtout, si bien pensées, le produit des dites taxes est affecté autant que possible à la “réparation” du coût induit visé et non pas versé à un pot général. Malheureusement, les tentatives d’instaurer de telles solutions font faces à des résistances si fortes qu’il est illusoire d’espérer pouvoir avancer suffisamment vite pour sauver notre planète, car, est-il nécessaire de le rappeler, nous faisons face à une urgence extrême. Les manifestations de ce samedi 26 octobre en Bretagne contre une taxe ciblant les poids lourds avec à la clef un blessé grave sont une preuve parmi d’autres de ce déplorable état de fait.

Mais alors pourquoi, puisque “tout” le monde reconnait l’importance et l’urgence d’agir???

Tout simplement, car nos États occidentaux sont devenus dépendants à la dépense publique et lorsqu’une telle taxe est introduite, il n’y a la plupart du temps aucun dégrèvement ailleurs. Dès lors, et c’est ma foi compréhensible, la population se révolte et s’oppose frontalement au nouveau prélèvement.

La façon dont l’opposition se manifeste peut prendre des formes les plus variées et inattendues. Ma meilleure moitié aime beaucoup jardiner, et espérait beaucoup pouvoir trouver du terreau auprès du centre ad hoc de la Commune. Elle a renoncé, comme d’autres que nous connaissons, tant il était (est?) bourré de déchets plastiques et autres. Visiblement, certaines personnes n’ont pas accepté pleinement notre taxe au sac poubelle et font du sabotage en utilisant les bennes de compostage comme substitut de poubelle.

J’aime bien rappeler que lorsque notre ville a introduit la taxe déchet (ancêtre de la taxe au sac), elle aurait dû baisser les impôts en proportion puisque cette tâche sortait du budget communal. A l’époque, il nous a été sorti l’argument que normalement la Commune aurait du augmenter les impôts vu sa situation financière et que donc ne pas les augmenter correspondait en réalité à une baisse. Brillant, vraiment! Malheureusement, avec ce genre d’argument à la noix, on “fabrique” à la pelle des climato-sceptiques et autres défenseurs d’une consommation débridée et irresponsable.

Oui les faits sont têtus, pour pouvoir amener la création d’un monde durable nous devrons baisser les impôts courants pour pouvoir transférer la charge fiscale vers un ensemble de taxes ne visant plus en priorité la création de richesse mais bien plus la façon dont elles ont été obtenues vis-à-vis de l’environnement.

Laurent Jospin

Réf. : site de la Radio Télévision Suisse Romande 27.10.2013 “http://www.rts.ch/info/monde/5325727-une-taxe-controversee-cause-de-violents-heurts-en-bretagne.html
Revue Flash de l’EPFL, éd. 17.04.13, interview Raymond Bradley “Même si l’heure est sombre, il reste des possibilités d’agir

Et la souris accoucha d’une montagne

Et plus étonnant encore, on peut souligner que cet accouchement est passé inaperçu, enfin presque.

La souris c’est notre belle Helvétie, qui malgré toute l’affection que je lui porte, reste un pays de taille souriceau à l’échelle de la planète.

La montagne, Hans Rudolf Herren Président de la fondation Biovision, a reçu récemment le prix Nobel alternatif pour son engagement contre la faim et la pauvreté.

L’action de Biovision consiste, pour son aspect le plus fondamental, à permettre aux populations locales de se ré-approprier leur agriculture avec des techniques adaptées localement et surtout durables.

Les principes appliqués relèvent parfaitement de la logique du faire avec la nature plutôt que contre elle. Toutefois, il se rajoute ici une difficulté supplémentaire, honte de l’humanité!, de par les dégâts à rattraper découlant d’une exploitation agricole inadaptée, par exemple par le choix des espèces car destinées à alimenter les marchés mondiaux sans considération de la chaine vivante locale, soit par une destruction plus ou moins lente du substrat vivant, détruit par la chimie mise en œuvre pour privilégier du profit à court terme.

Il est recherché des solutions locales, faisant appels à des espèces indigènes et adaptées à la nature des sols, en exploitant les possibilités de fertilisations et de luttes contre les nuisibles disponibles dans le cadre d’un cycle fermé et auto-suffisant pour assurer sa durabilité.

Il en découle au final moins de frais  pour les paysans, car l’on supprime les herbicides, pesticides, et autres “m…..cide”  en tout genre, donc également une meilleure santé des populations locales, et, oh merveille, assez de nourriture pour tous, alors que cela avait été perdu/détruit par nos solutions soit-disant modernes. Et il faut souligner que dans certains cas, la remontée représente un challenge peu aisé pour le moins, pour vous donner une idée parmi d’autre de la situation créée par nos soit disantes merveilles de la science, vous pouvez regarder l’émission Mise au Point sur la Radio Télévision Suisse (www.rts.ch) du 2 décembre 2012 “les OGM qui tuent“.

Biovision apprend aux paysans locaux à être maître de leur destin, sans plus dépendre des grandes industries chimiques et/ou agro-alimentaire. En peu de mots, ils regagnent leurs dignités et redeviennent capable de vivre tout simplement.

L’air de rien, les démarches, concepts et solutions mis en œuvre pourraient  se révéler un savoir essentiel pour assurer notre capacité à nourrir décemment tout les habitants de la Terre. Un jour peut être, c’est nous même qui devront appeler au secours les successeurs de Monsieur Herren pour ré-apprendre à vivre de notre terre.

Hans Rudolf Herren appartient à la classe des vrais géants, que dis-je à la classe des montagnes vivantes. Il réalise un travail d’une portée exceptionnelle permettant de redonner de l’espoir à des régions entières. D’une manière discrète, sans aucune recherche de la notoriété médiatique pour elle-même, des solutions agronomiques douces sont recréées solutionnant des désastres épouvantables générés le plus souvent par certains de nos industriels occidentaux voulant imposer une agriculture abreuvée d’engrais de synthèse, pesticides, et autres OGM.

Si vous avez un peu de temps, je vous encourage à faire un passage sur le site de Biovision ( http://www.biovision.ch/nc/fr/home/ ), et s’il vous arrive de donner un peu d’argent à une œuvre sociale ou l’autre, vous pourriez penser à les mettre dans votre liste de favoris.

Notre pays peut être légitimement fier d’avoir donné naissance à une personnalité d’une telle grandeur!

Bref, vous l’aurez compris, j’aimerai tirer un grand coup de chapeau à cette organisation et son père fondateur agissant avec modestie mais réalisant un travail, oh combien, essentiel à la bonne santé de notre planète et de ses habitants.

Laurent-David JOSPIN