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Politique hospitalière neuchâteloise : le projet du Conseil d’État nous mène à une catastrophe financière

En lisant le titre de mon post, une idée s’est déjà imposée à vous : ça y est, Laurent-David nous attire dans le conflit haut-bas. Alors de toute urgence avant que vous ne stoppiez votre lecture, je vous le dis tout net, non, pas du tout et même bien au contraire, c’est la santé économique de l’ensemble du Canton qui m’inquiète grandement.

Si vous vous intéressez à la question hospitalière neuchâteloise, vous aurez certainement lu une ribambelle d’expertises (ou leurs résumés dans les médias) se contredisant toutes les unes les autres. Chaque camp choisit celles qui lui conviennent et la possibilité d’une union sacrée a été enterrée, il y a fort longtemps déjà.

Nous ne parlerons pas ici de l’initiative lancée par les deux villes du haut du canton, car en réalité cela n’a aucune, ou plus précisément n’a plus aucune, incidence sur le point essentiel qui déterminera les conséquences découlant de l’éventuelle acceptation par la population neuchâteloise du projet du Conseil d’État, à savoir le facteur humain.

Le dit projet présente une immense faiblesse, car il se trouve déjà à l’extrême limite inférieure du volume minimal nécessaire pour garantir la viabilité d’un centre hospitalier sensé pouvoir régater avec ceux de Genève, Lausanne, ou encore Berne ! Or, le refus de la population du haut conduit à ce qu’aujourd’hui déjà une part toujours plus importante des patients du haut du canton privilégient l’hôpital de Saint-Imier. Sans hôpital sur le haut, vous pouvez sans risque parier pour au minimum un doublement de cette part et certainement bien davantage en réalité.

 S’il n’y avait que les (mauvaises) raisons de la frustration voir colère, on pourrait jouer le pari risqué d’un apaisement au fil du temps, mais ici l’objectivité force à constater les, cette fois très bonnes, raisons comme la proximité (10 min contre 30), facilité d’accès (parcage aisé notamment), qualité d’accueil et d’autres, qui garantissent l’échec d’une volonté centralisatrice sur le site de Pourtalès (déjà saturé soit rappelé en passant, voir image d’actualité).

grippe pourtalès

 Les défendeurs de la vision centralisatrice inhérente au projet du Conseil d’État seraient bien avisés d’écouter le très haut taux de satisfaction des patients qui ont tenté l’expérience de “s’expatrier” chez nos voisins bernois.

 Si le projet porté à bras le corps par le Conseiller d’État Laurent Kurth et son égérie en la personne de la présidente de HNE Pauline de Vos Bolay, vient à être accepté par la population neuchâteloise, le canton se chargera d’un énorme fardeau financier supplémentaire, alors même que nos finances flirtent déjà avec la double ligne rouge.

 Le phantasme proposé aux citoyens de notre canton ne pourra jamais être rentabilisé. Les quelques 170’000 neuchâtelois ne suffisent déjà pas. Il faudrait plutôt taper dans les 250’000 pour atteindre le seuil inférieur de rentabilité. Si nous devons encore soustraire ne serait-ce que 30 % des habitants du haut, nous pouvons certifier à la fois une augmentation massive des primes d’assurance maladie et de la fiscalité à moyen terme.

 Laurent Kurth a prouvé à de multiples occasions son habileté manipulatrice (j’en connais des camarades du haut qui regrettent de l’avoir soutenu en son temps!!!). Je n’arrive pas à croire qu’il ne soit pas conscient de ce qui précède. En vérité, il flatte l’électorat du bas du canton pour réunir une majorité maintenant, obtenir la médaille qu’il se souhaite pour garnir son blason, et au final sait très bien qu’au moment où la vraie addition de ces errements sera présentée à la population, soit dans 15 ans environ, il coulera une heureuse retraite d’ex-conseiller d’état, payée par les citoyens de ce canton.

 Peu importe que l’initiative pour 2 hôpitaux soit acceptée ou non, l’urgence consiste à refuser ce projet dont la réelle motivation se cache dans l’ego de deux personnes voulant favoriser leurs carrières respectives et se moquant éperdument des difficultés des petites gens à boucler leurs budgets familiaux, tout particulièrement la classe moyenne inférieure trop riche pour être aidée mais quand même pas assez pour ne pas être à la peine mois après mois.

 Laurent-David JOSPIN

Le chirurgien chaux-de-fonniers Blaise Courvoisier préconise le rejet du 2ème tube au Gothard

Lors de la campagne pour les élections fédérales 2015, nous avons eu l’occasion de sympathiser avec Blaise Courvoisier et j’ai plaisir à dire que j’apprécie sa grande humanité entre autres qualités. Plusieurs points nous rapprochent comme le respect que nous devons aux générations futures ou encore le souhait d’une médecine plus pragmatique et centrée sur les besoins réels des patients. “less is more” comme disent certains.

Suite à la conférence de presse du comité neuchâtelois, Blaise m’a exprimé son soutient à notre point de vue et ainsi que tout ses vœux d’encouragement pour la fin de la campagne.

Lors de notre échange par courrier électronique, Blaise Courvoisier a exprimé son avis en ces termes :
1/ Le respect de la démocratie suisse avec son acceptation de l’initiative des Alpes et le refus en 2004 déjà d’un tel projet.
2/ Le percement du tunnel ferroviaire actuel devrait permettre de dériver une bonne part du trafic vers le ferroutage.
3/ Répondre à la demande croissante de trajets routiers par une offre tout aussi gigantesque ne nous fera qu’aller, du point de vue écologique, un peu plus vite dans le mur.
4/ Par ailleurs lorsque ceci sera refusé comme je le souhaite, des ingénieurs très savants sauront nous trouver des solutions adéquates pour assainir sans interrompre le trafic durant la durée proposée actuellement; tous les refus  essuyés dans ce genre de projets ont permis au génie humain de trouver d’autres solutions.

Merci Blaise pour ta lucidité et ton souci d’une bonne gestion à la fois des deniers publics ainsi que de notre environnement.

Laurent-David JOSPIN

TOP21 ou FLOP21 telle est la question …

La fameuse COP21 vient à peine de s’achever et déjà les chroniqueurs et analystes de tous bords s’en donnent à cœur-joie. Comme vous devez forcément l’imaginer, votre blogueur impénitent pourfendeur des hérésies environnementales n’échappe pas à la règle (voir dans la partie “sources” pour le texte complet).

Pour faire court, l’abominable côtoie le sublime. Et pour faire un peu plus long, essayons de démêler l’écheveau.

Un regard strictement pessimiste nous force à constater plusieurs faits indiscutables :
- l’accord est soi-disant contraignant, mais il ne comporte aucun mécanisme de sanction ni même de contrôle réel. Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur le concept de contraignant.
- les promesses ou annonces volontaires de réduction carbone transmises par l’ensemble des pays concernés ne permettent d’espérer qu’au mieux de tenir une hausse de 3°C des températures mondiales, et encore seulement si nous n’avons pas mis en route un phénomène auto-enclencheur  comme par ex. des relargages massifs de méthane de l’arctique ou de la toundra après fontes des glaces polaires ou respectivement du pergélisol.
- on pourrait même parler de schizophrénie assumée quand le préambule de l’accord inclut une référence à un taux de 1.5°C qu’il vaudrait mieux ne pas dépasser, que le texte de l’accord lui-même se réfère à un objectif de 2°C, mais que l’état des lieux constate en langage diplomatique – j’allais écrire en langue de bois – qu’il existe un écart significatif entre les annonces cumulées de réductions carbone et l’objectif climatique minimum.

Bref, une analyse du passif de cet accord nous pousse tout droit vers une neurasthénie aiguë.

Néanmoins, tout n’est peut-être pas si noir, car pour ma part, j’ai bien vu une belle lumière au bout du tunnel. Pour mieux me faire comprendre, je vous propose de relire mon post de juin 2013 http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/?p=76 dans lequel je vous annonçais des mises en responsabilité et autres poursuites à l’encontre des gros pollueurs ou même financeurs des pollueurs. A l’époque, la sincérité m’obligeait à vous dire que les mécanismes de mise en responsabilité décrits ne surviendraient peut-être pas si vite que cela. En réalité, très bonne surprise, nous venons de vivre tout récemment le démarrage des, vraisemblablement, deux premières procédures pour crime climatique contre notamment une société aussi importante qu’Exxon. La procédure en question se fonde essentiellement sur le fait qu’Exxon savait et a choisi d’ignorer les avertissements de ses propres scientifiques. Or voilà, depuis ce samedi 12 décembre 2015, suite à la ratification unanime par 195 pays d’un document indiquant de manière non équivoque que l’activité humaine est la source primaire du problème de réchauffement climatique de la planète, et que celui-ci génère des conséquences hautement dommageables sur les plans environnementaux, sociaux, et économiques, plus aucune entreprise ne pourra se défendre en disant “nous savions pas, nous n’étions pas sûrs, ….“.

Si ce fait nouveau tombait du ciel sans aucun signe précurseur, on pourrait imaginer qu’il reste sans lendemain. Toutefois tel n’est pas le cas. On peut bien sûr penser à la procédure mentionnée ci-dessus. Toutefois, même si le cas Exxon présente clairement un aspect spectaculaire, plein de petits signes restés jusqu’à présent relativement confidentiels dans les milieux de la gestion ou finance démontrent l’existence d’une lame de fond beaucoup plus fondamentale. Récemment encore, mais avant le résultat de la COP21, l’Office Fédéral de l’Environnement (OFEV) présentait les résultats d’une analyse sur les risques carbone encourus par les fonds en actions ainsi que les caisses de pension.

J’ai été très surpris de ne pas voir de commentaires ou analyses sur ce point précis, car, croyez-moi, il change TOUT. Dans les mois à venir, les départements risk compliance des majors de l’énergie, de la chimie, du transport, etc etc vont émettre des notices de risque à provisionner. Ces notices vont circuler premièrement au niveau des conseils d’administrations. qui dans un premier temps se dépêcheront de ne pas en faire état. En bref, ils agiront selon toute vraisemblance exactement de la manière qui a valu à Exxon son procès!.

Mais en parallèle, les gros investisseurs institutionnels comme les caisses de pension réaliseront des analyses très similaires globales sur leurs portefeuilles, et conséquemment commenceront à faire pression pour avoir connaissance des analyses liées au risque carbone des entreprises dans lesquelles elles auront investis. Et si elles ne le font pas, les régulateurs se chargeront de leur expliquer! Lorsque les responsables de la FINMA (organe de contrôle des marchés suisse) auront lu le rapport de leur collègue de l’OFEV, le mécanisme se mettra en œuvre, lentement sans doute, mais inexorablement. Dans un premier temps, nous verrons sans doute une simple exigence minimale d’une mention globale de la politique liée au risque carbone, puis progressivement le contexte se durcira avec une contrainte de transparence toujours plus élevée, sans doute l’obligation d’un “rapport carbone” pour chaque investissement. Au final, le couperet tombera en premier pour les caisses de pensions qui devront intégrer une obligation de couverture totale du risque carbone, et conséquemment se détourneront en masse des investissements présentant un profil défavorable sur ce plan.

Typiquement une caisse de pension doit s’assurer qu’elle touchera de manière fiable à très long terme des revenus destinés à couvrir les retraites promises. La sécurité des versements futurs, ne peut être garantie que si la sécurité juridique des entreprises investies est elle-même garantie. Or voilà suite à ce fameux accord décembre 2015, un risque nouveau vient de se créer, dont on pourrait même imaginer, que comme dans le cas de l’amiante, les fauteurs de trouble ne puissent pas se libérer en invoquant une quelconque prescription juridique.

Le timide mouvement de reflux des capitaux des industries à forte connotation carbone constaté récemment montre les prémices d’une fuite panique dans un horizon de temps plus court que certain souhaitent l’imaginer! Dès aujourd’hui, un investissement dans le fossile ou se basant indirectement sur des sources d’énergie fossile est devenu un placement spéculatif de court terme et potentiellement très risqué.

La froide réalité du réchauffement climatique se résume en un jeu de mots et autrement peu de mots : à Paris les Etats ont échoué à mettre en place un mécanisme public réel nous faisant sortir de cette spirale infernale, mais, peut-être sans même s’en rendre compte, ils ont rendu l’économie privée indéfiniment responsable des conséquences à venir à partir de ce 12 décembre. Au final, lorsque la dite économie aura pleinement compris et intégré ce fait, vous verrez des transformations peu imaginables aujourd’hui.

En bref et pour descendre à un niveau très terre à terre, l’accord du 12 décembre, ni TOP21 ni FLOP21, ne sera que ce que nous les citoyens en ferons! Si aujourd’hui en tant que salarié d’une entreprise X vous écrivez un gentil courrier recommandé expliquant à l’organe de surveillance de votre caisse votre inquiétude au vu du nouveau contexte “risque carbone”, vous mettez (ou contribuez à mettre) une pression qui conduira à terme à des désinvestissements massifs dans les sociétés sources de ce problème majeur.

Et tout cela a aussi été rendu possible par cette fameuse marche citoyenne du climat dont je vous ai parlé dans les derniers posts!

Je profite de la transition pour vous dire que la pétition est envoyée ce jour, et personnellement je me permettrai d’espérer que l’un ou l’autre député du Grand Conseil prenne le temps de lire ces quelques lignes, car si notre canton ne modifie pas du tout au tout sa politique face aux énergies renouvelables, le virage technico-économique aura été définitivement perdu pour notre région, et nous aurons alors seulement les charges à assumer sans pouvoir profiter des aspects positifs. Bref, évitons de ressembler par trop à Exxon &Co et tournons-nous vers l’avenir!

Laurent-David JOSPIN

Post-scriptum : lors du démarrage de la rédaction du présent post il y a une semaine précisément, comme mentionné dans le texte je n’avais trouvé aucune analyse similaire ou parallèle. Toutefois, un ami vient de m’indiquer un article paru ce dimanche matin même sur le site de la NZZ complètement dans la cible de ma réflexion. Pour ceux qui apprécient la langue de Goethe, je vous le recommande (ici), il mérite votre attention.

Sources :
Risque carbone : première étude concernant la place financière suisse, OFEV, 29 septembre 2015, https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-59285.html
EXXON : The Road Not Taken, Exxon’s Own Research Confirmed Fossil Fuels’ Role in Global Warming Decades Ago, Inside climate news, 16 septembre 2015, http://insideclimatenews.org/content/Exxon-The-Road-Not-Taken
Convention-cadre sur les changements climatiques, Adoption de l’Accord de Paris, Nations-Unies, 12 décembre 2015, lien
Courrier d’accompagnement de la pétition envoyé aux autorités neuchâteloises, texte ici

Les mots n’arrêtent pas les maux!! Des actes maintenant!!

L’hypocrisie m’exaspère au plus haut point. Alors voilà, quand j’ai découvert par les médias que le Grand Conseil Neuchâtelois soutenait publiquement la marche pour le climat du 29 novembre, des sentiments bien contrastés se sont réveillés en moi.

Pour tout ceux dont l’engagement est sincère, je vous encourage donc à signer et faire signer la lettre que j’entends adresser à nos autorités. Vous trouvez tout le nécessaire à la fin du post. D’avance merci pour votre collaboration précieuse.
Laurent-David JOSPIN

PS : le mode de fonctionnement choisi permet à tout un chacun  de signer, suisse, étranger, … La seule chose qui compte pour que notre message soit entendu : le relayer le plus vite possible et en masse.

Texte du courrier :

A l’attention des autorités neuchâteloises

Madame et Messieurs les Conseillers d’État, Mesdames et Messieurs les Députés de la République et Canton de Neuchâtel,

Récemment les médias nous ont appris que le Grand Conseil Neuchâtelois avait décidé de soutenir la marche pour le climat prévue le 29 novembre prochain à Neuchâtel.

On ne peut, bien évidemment, que se réjouir de cette décision pleine de bon sens. Toutefois, elle soulève également des questions fortement dérangeantes, qui appellent à un éclaircissement urgent.

En effet, en avril 2011 déjà, les Verts neuchâtelois déposaient un projet de loi visant d’une part à faciliter la pose de panneaux solaires et d’autre part la pose d’isolation périphérique sur les bâtiments existant. Les deux mesures préconisées appartiennent aux solutions les plus efficaces pour obtenir rapidement une contribution déterminante à la diminution de consommation d’énergie fossile, elle-même responsable du grave dérèglement climatique faisant peser une menace d’une ampleur encore jamais vue sur le futur de l’humanité.

On peut mentionner que ce projet de loi correspondaient assez précisément à l’image reflété dans le sondage réalisé à l’automne 2010 dans le cadre des états généraux de l’énergie commandité par le Conseil d’État de l’époque où par exemple 79 % des sondés se déclaraient favorables à un très fort développement de l’énergie solaire.

Plus proche de nous, les Vert’libéraux déposaient plusieurs motions en novembre 2013 se concentrant sur les questions des panneaux solaires et se recoupant partiellement avec le projet de loi des Verts de 2011.

Il semble utile ici de  rappeler que la marche prévue le dimanche 29 novembre est organisée dans le contexte de la COP21 se tenant à Paris avec un objectif avoué, via des milliers de marches similaires à travers le monde, de faire pression sur les gouvernements afin que des mesures plus, voir tout simplement réellement, efficaces soient prises dans les plus brefs délais, si ce n’est de toute urgence, pour éviter les conséquences les plus dramatiques.

Tout récemment encore,le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale de la Météorologie, et enfin l’ONU ont tous émis des appels solennels sur  l’urgence d’agir ainsi que sur  le risque de plus en plus matériel de passer des seuils de non-retour.

Or que constate-t-on dans les faits pour le Canton de Neuchâtel :
– les diverses actions entreprises mentionnées ci-dessus n’ont pu aboutir, ralenties qu’elles l’ont été par des préavis négatifs du Conseil d’État, des enlisements en commission, ou encore des majorités de circonstances s’opposant pour des prétextes futiles.
– Concrètement le Canton de Neuchâtel est le mauvais élève d’un pays lui-même globalement à la traîne en Europe.
-  Les conditions imposées à de nombreux projets rendent ceux-ci irréalistes aussi bien sur les plans économiques qu’environnementaux, conduisant à ce que le tableau global aille vers le mauvais plutôt que de s’améliorer. En clair, malgré l’urgence démontrée, notre retard dans ce domaine s’accroît.
- Récemment encore l’introduction de la nouvelle LAT aurait dû conduire à un changement d’attitude complet, et trop souvent encore la pratique montre tristement une attitude de blocage, ou de refus, voir même encore de simple déni.

On pourrait bien sûr parler ici de double langage voir d’hypocrisie.

Toutefois dans une optique optimiste, nous choisirons de croire qu’un vent de prise de conscience vient de se lever et a soufflé sur nos plus hautes autorités cantonales et que dès lors :

Vous vous engagerez à donner une issue positive aux projet de loi et motions mentionnés au début de la présente sans plus aucune mesure dilatoire.

Vous prendrez toutes les mesures complémentaires encore nécessaires pour que notre Canton se conforme au cadre permettant d’espérer rester dans la fourchette des 2°C sans délai.

Vous enjoindrez aux diverses Communes ayant rendu des décisions négatives dans tout projet des cinq dernières années permettant de contribuer utilement à l’objectif mentionné ci-dessus d’avertir spontanément les porteurs des dits projets que le nouveau climat politique leur permet de redéposer les projets concernés.

En un mot comme en cent : Prouvez-nous avoir changé ! Et si vous ne pouvez ou ne voulez le faire pour nous, alors faites le pour les enfants de ce canton, mais aussi de cette planète, qui aspirent à vivre dans un monde pouvant encore leur offrir un avenir digne !

Dans cet espoir, recevez, Madame et Messieurs les Conseillers d’État, Mesdames et Messieurs les Députés de la République et Canton de Neuchâtel, nos salutations respectueuses.

Lettre en format A3 + 24 signatures, à plier : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21%20VA3.pdf

Lettre en format A4 + 12 signatures : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21%20VA4.pdf

Page pour 12 signatures sans la lettre : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/liste%20signatures%20lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21.pdf

Merci de me transmettre les formules même partiellement remplies soit à mon adresse postale Laurent Jospin, Temple-Allemand 33, 2300 La Chaux-de-Fonds, soit sous forme scanné (avec une haute résolution merci d’avance) à mon adresse courriel apparaissant à la fin des deux courriers PDF ci-dessus.

Un premier pas lucide et courageux qui en appelle d’autres

Ce dimanche, le peuple neuchâtelois a renvoyé les autoproclamés éolo-sceptiques à leurs études. Le score ne souffre aucune discussion et il me plaît de rappeler qu’en 2010 déjà des états généraux de l’énergie avaient été initiés par le Conseiller d’Etat alors en fonction.

En page 28 du document intitulé “opinion des Neuchâtelois sur les questions énergétiques“, on découvrait que 64% des sondés souhaitaient que l’on développe “beaucoup”, selon les termes du sondage, l’énergie éolienne.

 

Ne trouvez-vous pas cela vraiment étonnamment proche des 65% d’acceptation du contre-projet du Grand Conseil atteints ce dimanche?

Il n’y a pas de hasard ici la population neuchâteloise appelle de ses vœux une sortie ordonnée des énergies fossiles, nucléaires compris, et est prête, de manière tout à fait consciente, à mettre en œuvre une politique permettant la concrétisation de ce but. Si on devait exprimer un regret aujourd’hui, c’est bien pour ces 4 années perdues (2014-2010) à confirmer quelque chose que l’on savait donc déjà politiquement parlant, et que, sur le plan scientifique, on sait être dramatiquement urgent.

Aujourd’hui ce premier pas se mesure à l’étalon d’un pourcentage un peu abstrait soit les 20% de production indigène potentiellement atteignables grâce aux parcs prévus.

Ne réfléchissez pas plus longtemps pour le second pas, vous le lisez dans la même page 28 du sondage ci-dessus. En premier choix, les neuchâtelois à 79% plébiscitaient l’énergie solaire comme source prioritaire d’énergie renouvelable.

Nous devons maintenant cesser de tergiverser et le plus vite possible lever une bonne fois pour toutes les obstacles artificiels mis en travers de l’énergie solaire par des défenseurs auto-proclamés du patrimoine qui sont en réalité surtout des fossoyeurs de notre environnement et de celui de nos descendants.

Avec le solaire libéré, nous pouvons avancer de 30% supplémentaires. Les deux pas mis bout à bout, nous aurons donc déjà fait la moitié du chemin. Pour ma part je préférerai voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, en conservant bien sûr la ferme volonté de finir de le remplir avec les très nombreuses sources d’énergies vertes à notre disposition.

Laurent-David JOSPIN

Sources :
Rapport M.I.S. Trend, novembre 2010, “opinion des Neuchâtelois sur les questions énergétiques
©AFP / 13 avril 2014, “Climat: urgence à agir pour tenir le cap des 2°C, l’énergie au coeur du défi

Une fois pour toute, non le nucléaire ne peut pas être une solution!

Les débats liés à la votation sur l’éolien dans le canton de Neuchâtel ont fait ressortir du bois quelques personnes voulant, ouvertement ou sournoisement, un retournement de la décision de sortir du nucléaire avec presque toujours les trois mêmes arguments :
- Les renouvelables sont trop chers
- On n’arrive pas à gérer l’intermittence
- Il n’y aura pas assez d’énergie pour tous

De manière regrettable, ces personnes refusent, à l’encontre du bon sens, cette sortie du nucléaire et cherchent, en torpillant toute autre alternative (le solaire hier, l’éolien aujourd’hui, et qui sait la bio-masse demain?), à nous mettre dans une impasse énergétique pour contraindre la population à un choix qu’elle ne souhaite manifestement pas.

Mes convictions sont connues et je ne céderai pas à la tentation de refaire tout le débat pro et anti nucléaire.

Un seul argument, indépendamment des questions des déchets laissés aux générations futures, du démontage impossible des centrales en fin de vie, des coûts sous-évalués, des problèmes sanitaires, …. permet de démontrer une fois pour toute que le nucléaire ne nous garantit certainement pas, d’avoir assez d’énergie, et encore moins de l’avoir bon marché.

Nous avons actuellement sur la planète 435 centrales nucléaires en fonctionnement ainsi que 72 en construction effective. Il y a également un certain nombre de projets à des stades plus ou moins avancés. La notion même de projet ne permet pas d’en déterminer le nombre exact, toutefois les experts de la branche reconnaissent qu’environ 100 projets sont crédibles et soutenus par une volonté réelle d’aboutir à relativement court terme. Théoriquement, nous pourrions donc atteindre 600 réacteurs nucléaires sur la planète. (note : les chiffres ci-dessus sont vrais à la date de rédaction, pour avoir des chiffres exacts lors de votre lecture, il faut consulter les sources mentionnées en fin de post).

En 2012, 54’610 tonnes d’uranium ont été produites, et très étrangement presque 70’000 tonnes consommées. Cette anomalie dure, de plus, depuis de très nombreuses années (au minimum 2005 et très vraisemblablement depuis 1991 selon certaines sources). Bien évidement, la différence est comblée par l’utilisation de stocks disponibles. Et c’est là que la chose se corse, car on parle ici de stocks militaires déclassifiés relativement limités. Un stock aussi profond soit-il,  ne pourra jamais rivaliser avec une corne d’abondance, et un jour, “l’entrepôt” sera vide.

Or ce jour est déjà là, depuis ce printemps 2014, dans le cadre de l’accord UHE-UFE, autrement appelé mégatonne contre mégawatt, sur 20 ans signé en 1994 entre les USA et la Russie, cette dernière a cessé d’envoyer de l’uranium à usage civil provenant du recyclage de son uranium militaire excédentaire.

En imaginant donc que nous montions à ces 600 réacteurs nucléaires au plan mondial, nous aurions une consommation annuelle approchant 100’000 tonnes (prenant en compte que la mise en première charge d’un réacteur nucléaire est 3 fois plus importante que la consommation annuelle, et également que les nouveaux réacteurs potentiels auraient des puissances moyennes supérieures à celles du parc installé).

On en vient donc rapidement à la seule vraie question : sera-t-il possible de doubler la production mondiale pour satisfaire la demande dans un délai de quelques courtes années? Je me permet d’en douter fortement pour ne pas dire plus.

Les pro-nucléaires ont beau jeu de nous dire qu’il y a encore de l’uranium pour x centaines d’années sur la planète. La réalité de base est tout autre, car personne ne veut une mine chez soi! Un regard sur le cas d’Arlit au Nigeria donne un éclairage particulièrement brutal sur la question. Les poussières radioactives dégagées par l’exploitation de la mine tuent (par des cancers des voies aériennes prioritairement) à des dizaines si ce n’est des centaines de km à la ronde. En réalité l’exploitation d’Arlit est imposée aux populations locales par un pouvoir central tout sauf démocratique. Sans cette contrainte, vous pouvez très certainement oublier cette mine faisant partie des plus productives au monde.

D’autres aspects rentrent en ligne de compte, comme par exemple le taux de concentration dans la source considérée. On nous dit souvent qu’il suffit de s’adresser aux vendeurs de phosphates, car il y a de l’uranium dans cette ressource hautement exploitée actuellement pour les besoins de l’agriculture intensive. Oui, mais voilà, en imposant à l’ensemble des producteurs mondiaux de phosphate les équipements nécessaires pour concentrer cet uranium (avec pas mal de difficultés et coûts à la clef), on arrive péniblement à 3’100 tonnes par année, soit même pas 10% de la quantité supplémentaire recherchée.

Ces problèmes de concentration touchent aussi des mines classiques potentielles qui ne sont absolument pas rentables compte tenu du besoin énorme en énergie pour réaliser une concentration à 5% d’U235 nécessaire pour la plupart des réacteurs civils.

En conclusion, la loi de l’offre et la demande s’appliquant avec force ici conduira tout naturellement à une explosion des coûts du “carburant” uranium, qui compte aujourd’hui pour environ 5% du coût officiel du kWh généré par une centrale nucléaire. Comme une centrale existante représente en premier lieu un montant initial d’investissement bloqué colossal (ordre de grandeur 6 mia d’EUR et + pour les EPR actuellement en construction), l’exploitant sera prêt à payer son combustible presque n’importe quel prix, pourvu qu’il ne soit pas obligé de mettre à l’arrêt son équipement.

Si l’on prend en compte un coût potentiel de l’uranium à 1000 US$/kg au lieu des 40 actuels, et sans même inclure les coûts liés à une réparation du problème sanitaire généré sur les lieux de production, on peut s’attendre jusqu’à un triplement du coût de l’énergie produite.

On constate dès lors clairement que, dans les années à venir, le nucléaire ne nous garantit ni de l’énergie en quantité ni même un prix bas.

Les personnes croyant qu’en sabotant tout ce qu’elles peuvent du coté des ENR, elles permettront un retour en force du nucléaire, sont tout simplement de dangereux irresponsables!

Le peuple neuchâtelois a la chance de pouvoir montrer la voie, je veux croire qu’il saura prendre cette opportunité. Nous avons urgemment besoin des 20% que les éoliennes peuvent nous offrir pour aller en direction de notre autonomie énergétique. Non à l’initiative “Avenir des crêtes”, Oui au contre-projet du Grand Conseil!

Laurent David Jospin

Sources :
Agence internationale de l’énergie nucléaire, www.iaea.org/pris/
Commissariat à l’Energie Atomique, http://www.cea.fr/content/download/4853/28969/file/clefs55_p017_022_Capus.pdf
International Physicians for the Prevention of Nuclear War, http://www.ippnw-students.org/Japan/Arlit.pdf

Pourquoi il ne faut pas intégrer le photovoltaïque, mais alors définitivement pas!

Non, non je n’ai pas mis de côté la conclusion finale sur l’équation de Kaya, il se trouve juste que j’aimerais bien donner un peu de punch à la fin de série et qu’en conséquence, je prends mon temps.

Par ailleurs, l’actualité me pousse à m’intéresser à un sujet sensible sans aucun délai.

Comme beaucoup le savent, les services d’urbanisme exigent souvent que les installations solaires photovoltaïques soient intégrées dans la toiture même, et j’avais déjà mentionné par le passé qu’il s’agit d’une hérésie (voir post du 8 juin 2013 Comment tuer …). Note : les réflexions qui suivent concernent spécifiquement le solaire photovoltaïque et non pas le solaire thermique pour lequel la réflexion se révèle plus complexe, car il y a des plus et des moins.

Aujourd’hui, la question revient sur le devant de la scène, car les motions solaires préparées avec mon collègue vert’libéral Giovanni Tarantino vont être discutées au Grand Conseil Neuchâtelois.

Notre motion, sans aucun doute la plus importante, visant à limiter les possibilités de nuisance arbitraire des monuments hystériques et associés sur des bâtiments de moindre importance doit être défendue avec énergie (si j’ose le dire ainsi) et une des questions liées, mis à la part la taille de l’installation admissible, sera justement celle du besoin d’intégrer les panneaux dans la toiture ou non.

En six points, j’aimerais vous démontrer une fois pour toute qu’il ne faut définitivement pas intégrer les centrales solaires photovoltaïques sur des toits pentus. Il me semble utile ici de rappeler que la transition énergétique portée par notre Conseillère Fédérale Doris Leuthard ne se limite pas à une réaction émotionnelle dictée par un événement extraordinaire (Fukushima), mais au contraire correspond à une nécessité extrêmement urgente de décarboner notre consommation énergétique. Le réchauffement climatique tue déjà aujourd’hui, et il tuera encore bien plus demain. Opposer des critères parfaitement subjectifs, beau contre pas beau, et dans tout les cas de faible importance, à une réalité objective scientifiquement prouvée et d’une gravité extrême relève, à mon sens, effectivement de l’hystérie. On peut même parler ici de crime contre l’humanité. A ce sujet, on peut citer le rapport des services secrets américains sur les risques environnementaux prédisant à peu de chose près l’enfer sur terre d’ici quelques dizaines d’années au plus. Il est donc essentiel que les installations solaires réalisées offrent la vraie performance attendue de manière à obtenir la contribution maximum possible pour lutter contre ce défi sans commune mesure menaçant l’humanité tout entière.

Pour rendre palpable, ce dont nous allons parler dans ce post, à ceux de mes lecteurs qui ne sont pas trop versés dans les détails techniques de l’énergie solaire, il existe deux méthodes principales pour installer des panneaux solaires sur une toiture pentue couverte de tuiles.  La solution la plus simple consiste à glisser sous certaines tuiles des crochets venant se fixer dans la poutraison, serpentant dans l’épaisseur entre deux tuiles et dépassant à l’air libre de quelques centimètres pour permettre d’accrocher soit directement des modules solaires soit un lattage en aluminium pour plusieurs modules solaires. Ainsi la toiture préexistante est toujours présente sous les modules solaires. Concrètement, cela donne quelque chose comme ceci :ou encore Dans l’autre méthode, on déconstruit complètement la toiture sur une surface légèrement plus grande que celle des panneaux photovoltaïques prévus, on ré-installe une nouvelle étanchéité devant venir se joindre par un jeu de garnitures du genre bitume dessous et métallique dessus sur la partie de toiture conservée, et on fixe les panneaux solaires dans l’espace ainsi créé avec une finition voulant donner l’impression d’une continuité de la toiture. Il est à noter qu’ainsi l’espace sous les modules solaires est clos. Deux images pour vous rendre l’ensemble plus palpable, la première en phase de préparation, la deuxième pour un exemple de résultat final :

Aspect premier le coût

Intégrer dans la toiture coûte plus cher c’est évident, mais combien au juste? La bonne réponse est trop aujourd’hui et encore nettement plus demain.

A l’instant où j’écris ces lignes, 1 kWp sur une installation moyenne dans une configuration normale coûte environ CHF 2’500.–, l’intégration en sus coûte environ 150.–/m2 soit globalement CHF 1’000.–, puisque 1kWp nécessite entre 6 et 7 m2, pour donc un surcoût de 40% calculé depuis le prix de départ normal sans intégration.

A futur, nous (à comprendre la branche photovoltaïque) espérons pouvoir diminuer le coût du kWp à environ CHF 1’500.– (horizon 2020). Le coût de l’intégration aura pendant ce temps augmenté, car on ne parle pas ici d’une technologie qui s’améliore encore mais simplement du renchérissement des coûts liés aux matériaux de construction ainsi que de la main d’œuvre associée. Considérer une augmentation de 20% sur cette position semble plutôt conservateur qu’autre chose, dès lors ces CHF 1’200.– (les 1000.– actuels + 20%) représenteront un surcoût de 80% de ces CHF 1’500.–, ce qui est complètement insupportable au sens premier du terme.

Aspect second la production énergétique

Non seulement, une installation intégrée coûte nettement plus cher, mais en plus elle produit moins ! Comment est-ce possible ?

Pour le comprendre, il suffit de se remémorer ses cours d’électricité et de la notion de résistance variable à la température. Le photovoltaïque extrait l’énergie des photons et non de la chaleur, d’où son nom d’ailleurs. Une hausse de la température induit une baisse de l’efficience de la conversion (en général -0.5% par °C supplémentaire). On parle ici d’effet Joule. Un module solaire à une température 20°C plus élevée va donc produire 10% d’énergie en moins que le même module toutes autres conditions restant identiques.

Or voilà, une installation intégrée souffre d’une ventilation totalement insuffisante. Une étude conduite en 2001 par le National Institute of Standards and Technology sur la question de température de modules intégrés ou non intégrés montrait montrait une perte de 10% de production. Plus récemment, l’EU a géré un projet de recherche sur cette question précise en 2007 et est arrivée à la conclusion que l’intégration conduisait à une perte de production moyenne de 15%.

Pour ma part, je retiens ce chiffre en attirant l’attention sur ceci : plus les modules photovoltaïques deviennent performants plus ils sont sensibles à cet effet. L’étude de 2007 a été réalisée sur des produits de 2005-2006 donc avec une efficience d’environ 12 à 14%. Aujourd’hui nous exploitons usuellement des modules à 16-18%, et en 2020 nous devrions être dans la plage 22-25% . Je ne serais pas étonné si cette perte de production venait à atteindre une valeur proportionnelle à l’accroissement d’efficience soit grosso modo 25% ! L’évaluation sommaire proposée  ici apparaît en tout cas cohérente avec l’évolution constatée entre les deux études mentionnées ci-dessus.

Aspect N°3 La durée de vie

Récemment le Fraunhofer Institut a publié une étude dans laquelle il est affirmé que les installations solaires déployées actuellement peuvent espérer avoir une durée de vie d’environ 40 ans. Cette augmentation de la longévité a été gagnée essentiellement par une amélioration de la qualité des soudures et également celle du laminage.

Parallèlement à la question de la perte de rendement ci-dessus, la question thermique va aussi nous embêter ici. En effet, si le module atteint régulièrement des températures 30, 40 voir 50°C plus élevées, l’effort mécanique dû à la dilatation augmentera également en proportion. Il s’agit d’une question d’usure par fatigue des matériaux, une fois ça va, deux fois ça va, mais 365 fois par an *quelques dizaines d’années bonjour les ruptures internes.

Les ingénieurs de l’usine livrant les panneaux solaires de notre entreprise nous ont indiqué avoir estimé une réduction de vie pouvant effectivement atteindre les 50% d’une durée normale pour les modules intégrés par opposition aux modules en pose classique. En clair, cela signifie qu’une installation intégrée risque fort de pouvoir être exploitée de manière satisfaisante sur seulement 20 ans au lieu des 40 ans qui auraient été possibles normalement.

Aspect N°4 L’énergie grise

Intégrer une installation photovoltaïque nécessite une énergie grise supplémentaire considérable. On pense ici aux matériaux de construction nécessaires ainsi qu’aux travaux supplémentaires commençant par la déconstruction de la toiture existante, la création d’une nouvelle étanchéité, la jonction entre le nouvel ensemble et la partie de toiture conservée, et enfin à la fin de vie de l’installation s’il faut replanifier un ensemble complet.

Il me semble franchement absurde de vouloir parler de soutien aux énergies renouvelables, si on commence par imposer des dépenses conséquentes d’énergie justement sans que cela n’apporte aucun avantage bien au contraire.

On peut aussi l’exprimer autrement. Sous nos latitudes, une installation photovoltaïque usuelle et normalement optimisée compense l’énergie grise nécessaire à sa production, au transport, à la pose, et enfin au recyclage en fin de vie en 4 ans en moyenne. J’estime que l’intégration double ce besoin en énergie grise. Dès lors, une installation normale produira durant 40-4 ans = 36 environ 9* (9*4=36) l’investissement d’énergie initial en énergie utile et réellement disponible pour nos besoins et non pas seulement ce qui est nécessaire pour refaire des modules solaires. Le même calcul pour la variante intégrée est nettement moins flatteur, car 20-8 ans = 12 conduit à seulement 1.5* (8*1.5=12) l’énergie investie, cela se passe de commentaire!!

Aspect N°5 Maintenance et évolutivité

La maintenance d’une installation photovoltaïque est en général faible. Toutefois, après quelques années, et surtout dans le cadre d’une installation intégrée, on ne peut exclure la nécessité de devoir changer un module ou l’autre, ne serait-ce que suite à un dommage dû aux forces de la nature (genre grêle ou un coup de foudre). La branche photovoltaïque est plutôt conservatrice, mais des évolutions apparaissent tout de même au fil des années. S’arranger sur une installation en pose décollée est chose aisée, mais sur une installation intégrée avec des dimensions fixées une fois pour toute (aussi bien sur largeur et longueur qu’épaisseur), sans même parler de la fonction étanchéité, n’est tout simplement pas possible.

La même question se posera de manière encore plus criante lorsqu’il faudra faire évoluer toute l’installation. 20 ans après, on peut garantir que les nouveaux modules ne s’adapteront plus et il faudra faire une reprise complète avec une répétition de coûts absurdes.

Ou alors, de nombreux propriétaires laisseront tout simplement “tomber” et l’installation sera laissée en place même si devenue presque totalement inefficace et ils referont une autre installation. De toute évidence, on nous annonce un magnifique patchwork!

Aspect N°6 La réversibilité

Pour moi, l’absurdité totale se constate ici. Les services d’urbanisme insistant pour des installations intégrées n’ont tout simplement rien compris ! Une installation classique en fin de vie peut être démontée de manière aisée (sous-entendu avec des coûts modestes) et on retrouve la toiture d’origine intacte!

Si vous relisez le paragraphe ci-dessus, je n’ai pas besoin de vous expliquer encore une fois que la même constatation ne s’applique mais alors pas du tout au cas des installations intégrées. Une seule chose mérite d’être encore dite ici, en imaginant une installation intégrée démontée dans 20 ans, mon expérience de professionnel de l’immobilier me fait douter sincèrement qu’il sera possible alors de retrouver les mêmes tuiles pour reconstituer une toiture uniforme.

Factuellement, une installation décollée garantit infiniment mieux la protection du patrimoine, si réellement celle-ci est souhaitable!!!

Au final, le vrai problème tourne autour de la faisabilité de la transition énergétique. Je ne voudrais pas rentrer dans une démonstration trop complexe ici, mais en résumé succinct les grandes choses n’étant que la somme des petites, si chaque immeuble voit sa production d’énergie renouvelable amputée d’un quasi 50% en additionnant les facteurs qui précèdent, et beaucoup plus encore si nous prenons en considération le souhait des mêmes services d’urbanisme de limiter drastiquement la taille des installations permises, il est manifeste que la transition, souhaitée par la population et indispensable pour donner une chance à notre planète, ne sera tout simplement pas possible.

Il semble utile d’ici de rappeler les grandes lignes de notre objectif. Nous devons en premier lieu compenser les 45% d’énergie électrique apportées dans le réseau par les sources non-renouvelables, mais également transférer la consommation de fuel domestique ou gaz pour le chauffage de nos habitations, passer à l’électro-mobilité, et enfin assurer à nos industries l’énergie dont notre économie a besoin.

Idéalement chaque immeuble devrait couvrir au minimum ses besoins soit en consommation électrique de ses habitants, ou alternativement couvrir totalement ses besoins énergétiques en terme de chauffage partant de l’idée que les autres besoins seraient couverts par des sources centralisées (barrages, éoliennes, …). Si ce minimum n’est pas atteint, il n’y a même pas besoin de faire des calculs, nous sommes dans une impasse.

Mon collègue Giovanni aura la lourde tâche de défendre les motions que nous avons préparés ensemble, du fond du cœur mes vœux l’accompagnent! Pour le bien des générations futures, forza Giovanni!!

Laurent-david JOSPIN

Sources:
National Institute of Standards and Technology, Mark W. Davis, A. Hunter Fanney and Brian P. Dougherty, “Prediction of Building Integrated Photovoltaic Cell Temperatures
Projet EU IP Performance SP6, Berrie van Kampen et auteurs associés, “Actual temperature of Building Integrated PV Modules
National Intelligence Council, “Global Trends 2030

La confiance ne se décrète pas, elle se mérite jour après jour!

Une petite pause dans notre série sur l’équation de Kaya, dictée par l’actualité brûlante, cela va de soi! La conclusion de notre série Kaya est agendée pour le milieu de la semaine prochaine, sauf imprévu.

La grande majorité de nos contemporains n’ont pas eu l’occasion d’étudier la théorie de la création monétaire, et c’est bien dommage.

On oublie en effet trop souvent que nos monnaies actuelles ne sont que fiduciaires et qu’elles ne doivent leur existence que grâce à la confiance que nous plaçons en elles. Le citoyen lambda croit souvent qu’une réserve d’or existe quelque part qui couvre l’argent en circulation. Or, c’est majoritairement faux!

Pour mettre juste un rappel de clarification sur la table, en 2012 l’ensemble des numéraires en circulation avoisinait les 56 milliards et la BNS possède environ 1000 tonnes d’or soit au cours actuel 35 milliards. Si l’on élargit le regard à, non plus seulement les numéraires, mais toutes les formes de monnaie (dépôts, comptes bancaires, emprunts, …), on arrive à un total de 813 milliards pour des actifs de la BNS (Banque Nationale Suisse) à hauteur de globalement 450 milliards. La plus grande partie de ces actifs sont d’ailleurs des réserves de change (euro, US$, …) qui sont elles-mêmes des monnaies fiduciaires donc également basées sur la confiance (et accessoirement nettement moins solides que notre bon vieux franc suisse).

L’ensemble de la construction tient, car nous avons confiance! C’est le principe même de la monnaie fiduciaire. C’est pourquoi le législateur s’est efforcé de créer une entité censée garantir la stabilité de la monnaie et totalement à l’abri de toute influence politique, soit la BNS.

Lorsque certaines autorités cantonales se lamentent de ne pas pouvoir toucher ce qu’elles avaient espéré comme dividende de la dite BNS, indirectement elles exercent une pression qui contrevient à la règle de l’indépendance.

Il serait bon, à mon avis, d’introduire une règle dans les finances cantonales interdisant de budgéter quelques revenus que ce soit provenant de dividende de la BNS premièrement, et deuxièmement obligeant à utiliser tout versement de cette source pour le désendettement dans le cas où le canton présenterait une dette dans son bilan. Ce n’est que libéré de toute dette, que le montant pourrait être utilisé librement.

Une telle solution présenterait comme avantage, en plus de libérer la BNS de toute pression malvenue, de gérer les dividendes de la BNS au bénéfice de plusieurs générations et non pas seulement de celle qui reçoit le versement.

Laurent Jospin

Source : Office Fédéral de la Statistique, “Politique monétaire – Données, indicateurs Masses monétaires M1, M2 et M3 – Valeur annuelle”

You know what? I’m hhhaaaaaappy!

Disait Droopy dans les Tex Avery de ma jeunesse. Cela reflète assez bien mon état d’esprit du jour.
Le 25 juin dans mon post “Gaz de Schiste bis repetita”, il a été, un peu trop discrètement apparemment, suggéré aux députés Vert’libéraux de proposer un moratoire sur les forages. Apprendre que La Conseillère Fédérale Doris Leuthard vient d’écrire aux opposants au forage de Noiraigue, en recommandant notamment d’attendre et également en soulignant que le but n’est pas plus de fossile mais bien de passer au renouvelable, m’a réchauffé le cœur.
J’en reste totalement convaincu, un simple moratoire de 5-10 ans et l’on ne se posera très certainement plus la question, car d’une part le retour d’expérience sur les autres exploitations gazières se sera suffisamment étoffé, mais d’autre part, nous aurons également atteint un tel niveau de conséquences liées au réchauffement climatique, que l’incongruité d’un tel projet éclatera au grand jour.

Laurent-David Jospin

Sources : L’Express du 17.08.2013, site web de la RTS

Gaz de schiste bis repetita

A 2 jours d’intervalle, j’ai découvert d’un côté un article de l’université de Duke en Caroline du nord, confirmant ce que l’on soupçonnait depuis longtemps, à savoir que la fracturation hydraulique crée des contaminations de nos nappes phréatiques, et de l’autre une annonce sur le site de la RTS comme quoi la société Celtique Energie voulait convaincre à nouveau du bien-fondé de ses forages exploratoires dans le Val-de-Travers.

Bon essayons de réfléchir calmement, nous avons d’une part la certitude qu’une chose est une grosse bêtise, et de l’autre des gens qui essayent à tout prix de la faire quand même, que devons-nous en conclure? En fait, c’est tellement absurde, que je ne sais pas si on peut en tirer une conclusion qui mérite d’être énoncée mis à part peut-être qu’il faudrait les jeter en prison à titre préventif.

On peut toutefois rappeler quelques vérités simples :

  • la fracturation hydraulique a pour but dans un raisonnement simplifié de rendre poreuses des roches qui ne l’étaient pas. Logiquement, il en découle des migrations et des contaminations intercouches géologiques.
  • Les promoteurs du gaz de schiste peuvent nous donner toutes les garanties qu’ils veulent, si un jour on découvre un problème, il sera premièrement irréparable, et deuxièmement vous pouvez être certain que les dits promoteurs n’assumeront pas les conséquences, car elles ne sont tout simplement pas assumables.
  • Et de toute façon, il est complètement fou de mettre une pareille énergie à chercher encore des carburants fossiles puisque nous savons que le taux de CO2 grimpe plus vite que prévu et que les conséquences font de même.

Alors, je vais me permettre d’envoyer une petite grande prière à mes chers collègues députés Vert’libéraux : S’il vous plaît, prenez 2 minutes pour rédiger une interpellation urgente et exigez un moratoire de quelques années!! Cela sera certainement suffisant, car dans l’intervalle les conséquences auront pleinement “fleuri” et la bonne décision tombera sous le sens.

Laurent-David Jospin

PS : l’article est trouvable via les mots clefs “gaz de schiste contamination eau” en français et “shale gas water University Duke” ou “higher levels of stray gases found in drinking water” en anglais.

Mouvement

En anglais motion signifie le mouvement. En français, et plus précisément dans la pratique parlementaire suisse, une motion décrit l’acte d’un député qui propose une loi ou la modification d’une loi existante.

Giovanni T. m’a transmis le texte de pas moins de 3 motions destinées à faciliter la pose de panneaux solaires pour relecture. Et bien en voilà du mouvement!

On va garder la primeur des interventions de mon collègue pour les députés, mais tout de même une indication : on vise large pour obtenir un effet positif en faveur du plus grand nombre.

On va faire changer les choses, je vous dis!

Laurent-David Jospin

 

Comment tuer …

Comment tuer les énergies renouvelables tout en prétendant les soutenir bien sûr! Si je voulais être méchant, je vous dirais qu’il suffit d’en déléguer la gestion au service d’urbanisme de La Chaux-de-Fonds et que cela va aller tout seul….. Il faut dire qu’ils accumulent entre une stratégie d’opposition sournoise contre les éoliennes, des contraintes urbanistiques réduisant de plus de 50% la capacité totale d’énergie verte sur notre ville, et jusqu’à une demande de mettre les panneaux solaires en toiture nord pour qu’on les voie moins!!! Ben voyons, pourquoi pas directement à la cave, comme cela c’est sûr plus personne ne les verra. Le soleil non plus, mais pourquoi s’arrêter à des détails anecdotiques….

Le but de ce post est de vous rendre attentif aux petits détails derrière lesquels se cache le diable en personne, comme chacun le sait.

Premier exemple intégrer le photovoltaïque dans la toiture :

Pas tout le monde le sait, mais cela induit une perte de production d’au minimum 15% annuellement sous nos climats, perte provoquée par l’échauffement plus élevé des cellules solaires et l’effet joule lié.

Il y a aussi bien sûr les coûts supplémentaires générés par l’intégration, supplément de coût qui devient toujours plus élevé proportionnellement au fur et à mesure de la baisse des coûts du photovoltaïque. Les coûts ne sont pas tout, il faut aussi penser à l’énergie grise supplémentaire injectée dans le projet péjorant l’ensemble du bilan environnemental du projet.

Il y a quelques mois un des ingénieurs de l’usine avec laquelle nous collaborons dans mon entreprise pour la fourniture de panneaux solaires m’indiquait ceci ” tout laisse à penser que les installations intégrées auront une durée de vie beaucoup plus faible que les installations simplement ajoutées“. L’explication de ceci serait à trouver du coté des deltas thermiques plus conséquents pour une installation intégrée conduisant à des efforts de dilatation-contraction plus forts sur l’ensemble des composants mis en œuvre (vous ouvrez votre tiroir une fois rien ne se passe, vous l’ouvrez 10’000 fois la poignée casse, et si vous le faites violemment la poignée cassera plus vite).

En conclusion, lorsque les autorités cherchent à obliger l’intégration cela conduit à plus d’énergie grise sollicitée, plus d’argent investi, une moins bonne performance du système, le tout couronné par une durée de vie plus courte.

Autre variante mettre le solaire à plat :

Au propre comme au figuré bien sûr! C’est assez tordu comme combine je dois l’avouer! Le gentil architecte communal / responsable de l’urbanisme / expert de la commission des monuments hystériques ou qui vous voulez vous dira “en les mettant à  plat sur votre terrasse/garage/autre ils ne gênent plus personne et vous n’avez qu’une perte minime de rendement“.

La réalité est tout autre. Les pertes sont très conséquentes. Pour ceux qui n’habitent pas au sud la France, il y a en premier lieu la neige qui stagnera sur les panneaux et vous fera perdre quasiment toute la production des mois d’hiver. Il y aussi la question de l’autonettoyage des panneaux par la pluie. Pour que celle-ci soit assurée, l’angle d’inclinaison doit se situer à 20° si possible un peu plus. Les espaces urbains sont particulièrement concernés par cette problématique avec les suies du trafic automobile et des chauffages. Si la crasse ne part pas complétement lors des pluies, elle aura tendance à s’incruster toujours d’avantage et au fil des années vous verrez le rendement de vos panneaux solaires diminuer compte tenu de l’effet opacifiant. On peut rappeler ici que le nettoyage “forcé” est un non-sens écologique et économique.

En conclusion, j’encourage chacun à se poser les bonnes questions et à approfondir les réflexions avant d’accepter des conditions indiquées sur des permis de construire ayant potentiellement plus de conséquences induites que l’intuition ne le laisserait penser.

Laurent-David JOSPIN