Crowdfunding et autoroute solaire

La finance moderne s’est construite au fil du temps et pour une part importante en réaction à des événements subits et inattendus. On peut citer par exemple la faillite de la banque Lehman aux USA, qui a failli lancer une réaction en chaîne évitée de juste et a conduit à l’adoption du concept “too big to fail”.

Les règles en question présentent assurément quelques vertus, mais en revers de la médaille elles amènent également une lourdeur, notamment bureaucratique, créant des difficultés pour les projets sortant quelque peu des “cases habituelles”

La plupart des grands projets historiques du passé ne pourraient vraisemblablement plus se réaliser aujourd’hui, ou tout au moins pas de la manière dont ils avaient été réalisés à l’époque, car plus finançables. Et on peut penser aussi bien à la découverte des Amériques qu’à la réalisation de nos barrages helvétiques.

Toujours avec l’idée de vous laisser apercevoir un bout du futur, voici encore un tronçon en cours d’étude du fameux projet A4-KW devant suivre le démonstrateur de Fully :

autoroute-knonau-renders-images-5.4

C’est ce genre de réalisation qu’il devient complexe de financer pour la première fois.
(note : la paroi anti-bruit est pré-existante et n’appartient pas à notre solution)

La nature ayant horreur du vide, un mécanisme s’impose progressivement pour pallier à ce manque : le crowdfunding.

On peut d’ailleurs souligner que le crowdfunding tel que nous le connaissons aujourd’hui sur des plateformes informatiques les plus diverses n’est que l’aboutissement d’un mode de financement ancestral souvent déployé dans des communautés soit faibles soit malmenées. On peut citer en exemple la communauté émigrée chinoise en Europe au début des années 1960 qui n’avait à peu près rien, mais qui par un mécanisme de solidarité intelligent a réussi un décollage économique de première force.

Tong Xiang Hui

Le Tong Xiang Hui en traduction littérale : association de même pays natal.

A la base, un projet tel que le notre peut trouver son financement via les canaux suivants :
- institutionnels type caisse de retraite souhaitant un rendement pas trop élevé mais ultra-stable sur le très long terme,
- fonds bancaires type emprunt,
- ICO discuté dans le post du 6 mai 2019 ici,
- crowdfunding ,
- programmes de subventions étatiques verts et/ou de soutien à l’innovation,
- prévente de la production électrique.

Les institutionnels nous tiennent en général un des deux discours suivants : “votre concept est génial, dès que vous en avez réalisé un, nous finançons les suivants …” ou “amenez une part de financement complémentaire assimilable à des fonds propres et nous vous suivons“.

Dès lors, envisager un financement partiel par la foule devient une option qui ne peut être négligée et peut servir de formidable accélérateur pour le projet.

Pour ne pas enfreindre les lois financières, nous devons soit nous tenir à l’écart de la vente de simples actions à l’attention du public soit nous faire accompagner par un institut autorisé à le faire. Par contre, nous pouvons proposer en toute liberté :
- la pré-vente d’une contre-prestation future (typiquement des tranches de kWh),
- de la vente de produits dérivés, aussi appelé goodies,
- la participation à la composante philosophique du projet.

La démarche crowdfunding ne se limite pas à chercher du financement. Associer le public à la démarche, permet de mieux appréhender les souhaits du plus grand nombre et contribue aussi à assurer la diffusion de la solution à une plus large échelle.

Il faut garder à l’esprit que le Solar Highway Project de Fully possède aussi comme objectif d’être un démonstrateur et que donc le vrai but visé était, reste et sera de remplacer à une échelle mondiale des centrales nucléaires et/ou à charbon.

Le processus peut être assez joliment visualisé. Nous vous proposons cette variante pour illustrer le propos de ce post :

crowdfunding-banner-sunPour rappel, si vous souhaitez être informé du lancement de cette démarche de crowdfunding, c’est ici qu’il faut s’inscrire : http://www.energypier.ch/index.php/fully-ch-project-overview/crowdfunding-and-equity/
Et pour répondre à une question récurrente : nous ne partageons pas vos adresses courriels avec quiconque

Le prochain article apportera un éclairage sur le concept fondamental du Solar Highway Project, à savoir la permaculture de panneaux solaire.

La série d’articles sur notre Solar Highway Project se décline maintenant comme suit :
- Introduction à la série ici,
- Liens avec la blockchain,
- Crowdfunding et autoroute solaire (vous y êtes justement),
- Permaculture de panneaux solaires,
- Nouveau : Autoroute solaire et durabilité,
- et d’autres encore à suivre …

En me réjouissant d’échanger avec vous prochainement …

Laurent-David JOSPIN

4 thoughts on “Crowdfunding et autoroute solaire

  1. Ted

    Le véritable enjeu contemporain n’est pas la construction d’énergies renouvelables. L’enjeu, le vrai, est de réduire nos besoins globaux d’énergie.
    Quelle sera la réelle quantité d’énergie et de matériaux dévolus à ces constructions nouvelles ?
    N’oubliez pas combien le béton accélère le déclin de la disponibilité du sable de construction autour du monde. Une denrée qui devient drastiquement rare, aux conséquences encore peu connues du grand public mais bien réelles malheureusement.
    Réduire la consommation d’énergie globale reste l’unique réelles solution à développer.

    Reply
    1. admin Post author

      Bonsoir,
      Merci pour votre première contribution au blog.
      Je suis d’accord avec vous sur le fait que notre civilisation doit impérativement apprendre à fonctionner avec moins.
      Toutefois, imaginer pouvoir réaliser une baisse suffisante dans un délai correspondant à la nature des enjeux est tout simplement impossible.
      Regardez simplement le mouvement des gilets jaunes en France pour “juste” une augmentation du prix des carburants (sous entendu sans même parler de rationnement).
      Notre solution a donc tout son sens, car il sera impossible de débrancher les centrales (nucléaires ou à charbon) s’il n’y a pas une solution de substitution au moins partielle.
      Par ailleurs, il y a relativement peu de béton dans notre concept, il s’agit surtout d’une ossature métallique. Et chez nous, les matériaux sont prévus 100% recycables.
      L’article en prépartion “permaculture de panneaux solaires” devrait vous éclairer.

      Reply
  2. Ted

    Merci pour votre retour constructif.
    Toutefois, votre réponse ne me convainc toujours pas.
    Le problème soulevé de la consommation d’énergie est tout à fait similaire à la problématique du trafic routier et de la bande passante Internet.
    Pour enrayer les problèmes de densité du trafic, nous élargissons les routes. Le résultat est probant mais seulement sur une courte période. Une route élargie fluidifie le trafic le temps que celui-ci devienne de nouveau problématique, et la question se répète. Pour la bande passante Internet, il en est de même. Plus les technologies proposent de consommer, plus la consommation augmente, c’est intégralement lié.
    Regardons juste l’effet de l’apparition de l’énergie dite verte. La technologie propose des solutions de substitution, des alternatives moins polluantes, mais la réalité est que cette énergie verte ne remplace aucunement les énergies anciennes, elles ne font qu’alimenter l’augmentation de la consommation électrique.
    Donc, clairement, tant que l’on ne prend pas le chemin de la sobriété on ne résoudra rien.
    Concernant votre proposition technique, j’entend la faible utilisation du sable et ceci me réconforte… en partie. L’utilisation de métaux devient tout autant problématique. Les métaux les plus classiques se font eux aussi toujours plus rares.
    Cette réponse sent le scepticisme à grande échelle, mais je reste convaincu que la technologie ne sauvera rien. Il manque les étapes incontournables de l’éducation et de l’information populaire. L’éducation à une société d’entraide, d’écoute, de compassion, de partage et de frugalité, mais cela va totalement à l’encontre du dogme sociétal qu’est ce besoin intouchable de croissance. L’information, la vraie, pas celle qui est calculée, qui manipule et qui culpabilise.

    Un autre point me tracasse dans ce projet. L’étape actuelle reste de collecter des fonds pour financer le démonstrateur de Fully semble-t-il. Mais une en place, que deviendra cette technologie ? Sera-t-elle le nouveau fer de lance d’une industrie aux dividendes extrêmes ? Cette idée servira-t-elle à asservir encore et toujours plus une population au service d’une élite fière d’avoir verdie son blason ?

    Bon, passons le négativisme emprunt de réalité capitaliste, et passons à des réflexions un peu plus positives. Votre projet couvrira donc une belle surface de sol, elle sera donc un lieu de captage idéal pour les eaux de pluie, qui auront en plus l’avantage de ne pas être souillées par les particules de pneumatiques et de plaquettes de frein que recouvrent les autoroutes. Cette eau a une place considérable à prendre ne compte dans l’avenir. Comptez-vous la capter, la stocker, la redistribuer sur des terres propres pour ré-alimenter les aquifères locaux ou projetez-vous de la faire s’écouler vers les rivières les plus proches ?
    Je pense que si votre projet se met en place, vous avez alors une sacré responsabilité sur l’utilisation de cette bénédiction venue du ciel afin de ne pas la laisser s’écouler au plus vite vers les océans. Nos terres s’assèchent au rythme du changement climatique, il devient primordial d’y penser et de capter ce qui peut l’être pour magnifier cette eau et la redistribuer localement.

    Du coup, une question se pose. Personnellement, je ne sais pas comment sont gérés les tunnels de ce point de vu en particulier, mais le fait qu’une chaussée ne soit pas “nettoyée” au naturel par les pluies, implique-t-il qu’une nettoyage doivent se faire par des véhicules spécifiques ?

    Reply

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