Brexit ? Et si on reparlait de Fonds souverain …

Suite au vote surprise du Royaume-Uni, de nombreux experts, tous plus qualifiés les uns que les autres, ont péremptoirement décrit quelles conséquences se précipiteront sur nous comme le ciel sur la tête des Gaulois. Minuscule problème, parfaitement insignifiant au demeurant, les scénarios des uns et des autres ne présentent aucune cohérence!! La règle disant que si vous prenez 2 économistes vous aurez 3 avis dans un cas théorique simple et beaucoup plus dans le monde réel, s’applique sans aucune réserve manifestement.

La réalité demeure, personne n’est réellement en mesure de prévoir ce qu’il adviendra en pratique, car des options clairement ouvertes aujourd’hui peuvent faire varier du tout au tout ces fameuses conséquences.

Par contre, un fait me semble incontestable : nous sommes rentrés dans une période d’instabilité pendant laquelle les cartes seront redistribuées et la “partie” pourrait bien présenter un visage fort différent d’ici quelques courtes années.

Notre pays pourrait se retrouver du côté des gagnants ou des perdants, nul ne le sait vraiment. Une ancienne Conseillère Fédérale nous affirme avec force son optimisme, tandis que les milieux économiques s’affolent en grande majorité.

Bon, et bien, soyons optimiste et imaginons que nous allons y gagner, juste pour voir …

Dans ce cas, notre franc jouera encore plus fort son rôle valeur refuge et la BNS aura de plus en plus de mal à le maintenir dans un tunnel supportable pour notre économie d’exportation. Le grand paradoxe serait que nous soyons gagnant dans le court terme et que cela induise un grave affaiblissement de notre tissu économique orienté exportation, et donc au final un affaiblissement de notre économie. Pour ceux qui l’auraient oublié 1.– sur 2.– de notre PIB est gagné à l’étranger!


Trop fort Mr. Franc Suisse, vraiment beaucoup trop fort!

Si nous sommes perdants, il n’est par contre pas certain que le mécanisme inverse vienne à notre secours, car cela dépend de quelle manière nous nous retrouvons du mauvais côté de la barre. On peut imaginer, parmi d’autres, un schéma dans lequel Londres, pour sauver sa place financière, se résout à accepter une forte dérégulation et qu’ainsi une part substantielle de cette industrie trouve subitement notre petite Helvétie un peu trop contraignante à son goût et nous adresse un certainement amical mais très pénible “so long baby …”. Cette façon de s’appauvrir ne conduirait pas à un rebond mécanique, mais correspondrait à une grave perte de substance durable.

Nos diplomates et autres négociateurs ont toujours prouvé par le passé savoir habilement tirer la couverture dans notre direction. Cela ne sera certainement pas aussi facile que notre ancienne Conseillère Fédérale le laisse entendre, mais nous serons malgré tout sans doute du côté des vainqueurs (j’ai failli écrire profiteurs … hum il faut que je me surveille un peu plus….).

Paradoxalement, un pan de notre économie a du mouron à se faire et précisément le pan qui gagne son argent à l’étranger tout en dépendant de coûts majoritairement helvétiques, soit donc la partie qui nous assure des emplois ici en Suisse tout en allant chercher ses marchés à l’export. On peut citer en vrac l’industrie des machines, l’horlogerie, la chimie, les pharmas, la gestion de fortune, le trading, …. Tout cela réunit pèse lourd, très lourd même.

L’Europe proche n’est pas près de remonter ses taux. On peut plutôt s’attendre à des actions inverses avec un renforcement des mesures dites non conventionnelles. On entendait récemment parler de nouveau d’ “helicopter money” pour que l’argent distribué, créé ab nihilo en réalité, entre effectivement dans l’économie réelle et ne reste pas coincé dans la finance casino.

Cela ne va certainement pas affaiblir notre franc suisse! Vous avez aimé l’Euro à 1.– CHF, vous allez adorer l’Euro à cinquante centimes!!! Certes vous me direz que cela permettra de faire nos courses encore moins cher de l’autre côté de la frontière. Peut-être, mais si l’entreprise qui paye votre salaire fait faillite, vous ne ferez plus de courses du tout!

En juin 2015, je vous parlais du Fonds Souverain à mettre en place dans notre pays (article à trouver ici). Si vous relisez la réflexion en question avec à l’esprit le nouveau contexte créé par le Brexit, vous comprendrez alors forcément que si on peut imaginer tous les risques du monde à créer un Fonds Souverain National, les risques encourus en ne le créant pas sont en réalité d’un ordre de grandeur plus élevé.

Très concrètement, il faut que le citoyen puisse prendre en compte les vrais risques qu’il encourt dans la configuration actuelle afin de se forger une opinion légitime sur cette question.

Les risques les plus graves se trouvent en premier lieu du côté d’une désindustrialisation version économie 4.0 soit pour oser un néologisme une déséconomication ou exprimé autrement un affaiblissement structurel profond et à long terme du tissu économique créateur de richesse et donc de la prospérité de notre pays, et en second lieu d’une explosion en vol de notre système de prévoyance sociale avec des conséquences difficilement imaginables.

On peut rapidement perdre un avantage concurrentiel, le regagner ira toujours moins vite. Si la situation dégénère sérieusement chez nos voisins proches avec par exemple à choix un ou deux autres pays quittant la CE, des troubles sociaux à peine plus grave que l’usuel en France (tout à fait par hasard), une pression populaire trop forte conduisant au reniement de toute saine gestion budgétaire, etc etc nous pourrions effectivement voir une chute extrêmement rapide de l’EUR et l’envol du CHF jouant encore plus le rôle de monnaie refuge.

Je ne me permets pas d’affirmer que ce scénario est imminent ou même simplement probable. Toutefois, sa simple possibilité suffit pour tirer une conclusion : le risque existe et ne pas le prendre en compte pour des questions de politique politicienne relève de l’aveuglement irresponsable.

En ce qui concerne la problématique de notre filet social, il suffit de savoir que l’entier du modèle a été construit sur des prévisions de croissance et donc des taux moyens de rentabilité des capitaux proche de 3.5%. Or, nous entrons manifestement dans une longue période taux bas. Tous les signes nous montrent que nous réalisons un authentique copié-collé des conditions cadres ayant conduit à la fameuse décennie perdue japonaise, qui rappelons-le encore une fois, roule gentiment vers ses 30 ans!

En fait ici, il ne s’agit déjà plus d’un risque mais d’un authentique crash se déroulant devant nos yeux. Comme tout cela arrive à petite vitesse, presque au ralenti, nous nous laissons bercer un peu comme la grenouille que l’on cuit en la chauffant progressivement. Si nous voulons maintenir notre système de prévoyance tel qu’il a été imaginé, nous devons impérativement avoir des taux plus élevés. Si ceux-ci devaient couler notre économie, une solution alternative devrait être mise en place. Et vite d’ailleurs, car chaque année supplémentaire de cotisations encaissées mais insuffisamment rentabilisables nous rapproche soit d’une sous-couverture généralisée soit d’une contrainte de révision à la baisse des prestations en opposition flagrante aux souhaits de la population. Les débats récents sur l’initiative AVS+ ou le projet du Conseil Fédéral Prévoyance Vieillesse 2020 montrent au moins une chose clairement, si par malheur notre filet social venait à être déstabilisé, il sera quasiment impossible de constituer une majorité consensuelle pour réaliser les ajustements nécessaires. En réalité, l’équilibre atteint au fil des années présente une telle complexité, qu’il vaut mieux ne jamais devoir réaliser des corrections en profondeur.

Et puis j’aimerais attirer l’attention de tous sur un risque fondamental qui se commence sérieusement à se profiler l’horizon : la soudaine panique des décideurs qui, bien forcés de constater que nous avançons à marche forcée vers une impasse, se lancent à hue et à dia dans des mesures hystériques à connotation keynésienne et/ou populiste, ne conduisant qu’à des investissements ni durables ni productifs ainsi qu’en miroir un alourdissement de la charge fiscale doublé d’une aggravation de l’endettement public. Il ne faut surtout pas sous-estimer ce risque. L’histoire nous montre dans de multiples domaines que suite aux manifestations d’un problème trop longtemps négligé, la sur-réaction en découlant pour des raisons électoralistes avait eu des conséquences sur le long terme bien pires que celles du problème qu’elle prétendait solutionner. Pensez simplement par exemple à l’invasion de l’Irak!

Ceux qui s’opposent au Fonds Souverain sur la base de positions dogmatiques mal fondées, ou la défense de leur pré carré, seraient bien avisés de réfléchir au risque qu’ils prennent de se trouver subitement face à un bricolage hystérique nous faisant courir des risques plus grands encore. Pour ceux qui auraient encore le moindre doute, je vous propose d’écouter le débat entre François Savary et Samuel Bendahan du mercredi 10 août sur Forum relatif à la question des taux négatifs pour les petits épargnants (disponible ici). Monsieur Savary qui ne peut certainement pas être taxé de gauchiste primaire ne s’oppose pas, voir même affiche un timide soutien, aux propositions de “relance dite fiscale” de S. Bendahan. Je reste persuadé que si le même débat avait eu lieu ne serait-ce qu’une année auparavant, la réaction de F. Savary aurait été tout autre.

Pour faire écho à mon appel de 2015, la mise en place d’un Fonds Souverain présente un risque contrôlable par le cahier des charges qui serait donné en héritage à cette institution à créer. Ne pas créer un Fonds Souverain représente lui un risque quasiment non gérable, car dépendant essentiellement de la situation économique voir politique de nos voisins les plus proches.

Au vu notamment de ce fameux Brexit, mais également du contexte général prévalant en Europe, j’appelle pour le bien de notre économie, mais également de notre système de prévoyance sociale à rapidement prévoir la mise en place d’un Fonds Souverain selon les modalités, ou des modalités proches, décrites dans mon post introduisant le sujet.

Laurent-David Jospin

Sources :
Celles du post “Mauvaise gestion du Franc fort, double peine pour la population” du 28 juin 2015,
Et celles citées dans le texte directement

Remerciements à Giovanni, Laurent-Valentin, Maïka, Amanda & Co pour les précieux conseils, relectures, et autres coup de main.

Comment démolir tout en faisant semblant de soutenir (ou presque)

Pour ceux qui me suivent sur ces pages depuis le début, le titre de ce post doit vous rappeler quelque chose. Effectivement, en juin 2013, je vous avais proposé une réflexion intitulée “Comment tuer … tout en faisant semblant de soutenir les énergies renouvelables“. On parlait à l’époque de considérations architecturales et de règles dramatiquement contre-productives imposées par diverses “hautes” autorités (si hautes qu’elles en viennent à être déconnectées de la réalité du terrain d’ailleurs).

On aimerait croire que le type de problème mentionnés ci-dessus ne concerne que le monde parfaitement subjectif de l’esthétique, mais voilà tel n’est malheureusement pas le cas, car du côté, en principe parfaitement objectif et rationnel de la physique et des mathématiques, on peut aussi trouver des faux amis particulièrement dangereux. Aujourd’hui, j’aimerais vous proposer de décortiquer le message d’une personne réellement très influente dans les milieux de l’énergie francophone, à savoir Monsieur Jean-Marc Jancovici (abrégé dans le texte en JMJ ) .

OK, vu le coté assez aride de ce texte, exceptionnellement je m’autorise à vous expliquer, ou plutôt proposer, comment lire ce présent post et aussi pourquoi je me suis attelé à une tâche aussi peu gratifiante pour le citoyen lambda. Il se trouve que le discours de JMJ possède un coté très péremptoire voir même paternaliste. Je soupçonne de nombreux élus s’étant référés à celui-ci de ne pas l’avoir compris réellement, mais du moment que la conclusion les arrangeait à court terme pourquoi se priver d’en faire usage.  En conséquence, idéalement vous devriez lire l’article de JMJ dont on parle plus loin, ensuite seulement lire ce post, et enfin comparer point par point voir m’envoyer vos meilleures questions. Comme tout le monde n’est pas ingénieur, je vais également vous proposer une lecture simplifiée qui court-circuite l’ensemble des calculs techniques et autres “détails” abstraits : si vous vous contentez de lire les passages en gras+vert, vous obtiendrez l’information essentielle en un rien de temps, libre à vous d’approfondir tout point qui vous intéresserait plus particulièrement. En fait, c’est comme dans un bon restaurant soit à la carte, et donc libre à vous de prendre entrée et dessert seulement, ou d’avaler tout le plat de résistance. Et pour être concret, on commence tout de suite : Ce post a été écrit et existe pour corriger des affirmations soit déformées soit franchement mensongères n’ayant que pour seul but de ralentir le déploiement des énergies renouvelables respectivement de favoriser artificiellement des énergies fossiles diverses. Il faut encore préciser que la présente réflexion pourrait être menée de manière tout à fait parallèle sur d’autres auteurs et d’autres types d’énergie. JMJ ne doit donc pas se sentir visé personnellement, car mon viseur affiche bien le mode de pensée qui se cache dans l’arrière-plan et non pas une personne plutôt qu’une autre.

Donc JMJ présente incontestablement tous les signes d’une intelligence supérieure à la moyenne. Ses analyses, avec lesquelles je suis souvent d’accord, sur de nombreux aspects des difficultés environnementales, auxquelles l’humanité doit faire face, prouvent une capacité analytique élevée et ce tout spécialement relativement à la problématique CO2 versus climat. Mais voilà, JMJ est de toutes évidences un pur produit de la filière nucléaire française et à un moment ou l’autre de ses réflexions, il ne peut s’empêcher de basculer du côté obscur de la force (électrique bien sûr).

Sur son blog Manicore, JMJ développe un point de vue sur l’impossibilité d’obtenir une contribution réellement significative à notre consommation énergétique avec le solaire et notamment le photovoltaïque. Cette réflexion, suivant un fil cohérent, semble imparable. Et pourtant, truffée de petites imprécisions, oublis,  et autres erreurs de principe, elle conduit à une conclusion totalement erronée. Le diable se cache dans les détails, et donc on ne peut pas faire confiance à une explication aussi si bien construite soit-elle, si elle provient d’une source non parfaitement neutre (rare!).  J’ai enregistré la version actuelle du document qui date de 2012 (disponible ici et sinon vous trouverez la version en cours sur le site Manicore), et quoique très adoucie par rapport à la première version que j’avais découvert il y a quelques années,  nous allons nous évertuer à remettre l’église au milieu du village.

Alors voilà, on attaque et commence directement par la plus grande erreur de principe de la réflexion de JMJ, extrait  :

En effet, poser la question ainsi semble parfaitement innocent voir même naturel, mais il s’agit bel et bien d’une erreur fondamentale. Dans le monde moderne, hyper connecté, ne s’arrêtant jamais et excessivement peu tolérant à la panne, surtout électrique, aucune source d’énergie, quelle qu’elle soit ne peut prétendre à couvrir le 100% des besoins de l’économie et des ménages. Même le nucléaire présente des faiblesses importantes, qui rendraient impossible la mise en place d’une hégémonie au bénéfice de cette filière, si l’on était tout de même tentés par un tel chemin. Il suffit par exemple de se souvenir de la canicule de 2003 durant laquelle de très nombreuses centrales nucléaires européennes ont dû être ralenties voir arrêtées faute de pouvoir les refroidir avec suffisamment de sécurité ou sans impacter gravement les cours d’eau réceptionnant les rejets d’eau chaude (soit-dit en passant ce genre d’épisodes est amené à se multiplier dans les années à venir compte tenu du réchauffement climatique).  On pourrait débattre éternellement de la part optimale du marché électrique qui devrait être couverte par le photovoltaïque, mais la réalité la plus simple et incontestable reste que cette part idéale évolue à la hausse en fonction des progrès technologiques. Aujourd’hui, sur la base de mes expériences de terrain concrètes, il me semble qu’une part de l’ordre de 20-25% ne devrait poser aucun problème majeur. Nous allons passer en revue une série d’aspects liés aux affirmations de JMJ dans ce post et nous verrons bien ce sur quoi nous arrivons. En bref, toute politique saine dans le domaine de l’énergie doit obligatoirement reposer sur des sources variées.

Passons à la suite de la réflexion, le point suivant m’avait fait très fortement réagir lorsque j’avais lu pour la première fois le document de JMJ, car en tant qu’ingénieur je savais pertinemment qu’il s’agissait d’une grave déformation de la réalité. Dans la première version, lue en 2008 je pense, les chiffres étaient encore plus outranciers, mais dans la version actuelle, ils ont été légèrement corrigés et  JMJ part grosso modo de l’idée qu’il sera possible de produire 100-110kWh/an par m² de panneau solaire installé et ce pour autant que le panneau solaire ne souffre pas d’un handicap limitant comme un ombrage ou une orientation défavorable. Graphe à l’appui de l’explication de JMJ :

Ici, je pourrais vous expliquer qu’en réalité les taux d’efficience ne sont pas de 5 à 10% comme mentionnés par JMJ, que les difficultés qu’il mentionne n’ont pas forcément un impact aussi grave que …, que les exemples de calculs dans des scénarios moyens …. ,  que … Mais je choisirai une voie bien plus simple, la preuve par l’acte! La centrale solaire que nous nous sommes installés comme démonstrateur pour les clients de notre entreprise à Onex (Genève) fin 2010 (donc sensiblement avant la version discutée ici du site Manicore puisque datant de 2012), et alors bien qu’elle souffre de plusieurs handicaps dont orientation non plein sud (-20° au lieu de 0°), inclinaison non idéale (24° au lieu de 35°), masque d’horizon par les immeubles au sud très défavorable en hiver, suies urbaines que nous avions sous-estimées, et enfin zone quasi non ventilée en été de par les barres d’immeubles latérales conduisant à des pertes importantes par effet Joule, produit bon an mal an 165kWh / m² installé (relevé de production ici). Aujourd’hui dans le même site grâce aux quelques progrès constatés dans la filière PV, je serais prêt à signer pour 190 kWh/m² et notre usine de référence m’indique que d’ici 2-3 ans, ils pourront nous fournir en gamme standard des produits avec une efficacité augmentée des 17-18% actuels d’efficience à environ 21-22% soit une augmentation relative de +20%, ce qui pousserait les 190 ci-dessus à un 220+. Les adversaires des ENR, et en particulier du solaire, sous-estiment systématiquement, et le plus souvent très largement, la capacité contributive de ce type d’énergie à la mise en place d’un approvisionnement fiable et conforme à nos attentes.

Vue depuis le nord de notre fameuse centrale sur google avec l’immeuble au sud lui limitant l’horizon :

On peut donc bien constater qu’elle présente plusieurs des inconvénients mentionnés dans la réflexion de JMJ et pourtant nous dépassons malgré tout d’un facteur d’au moins 1.6 les chiffres avancés sur Manicore.

JMJ nous parle ensuite de la faible amplitude de la consommation électrique jour nuit (selon le graphe)

Soyons clair, ici je n’arrive tout simplement pas à croire que l’oubli, qui se cache ici, puisse être involontaire. En effet, l’invention des tarifs différenciés HP-HC (soit heures pleines versus heures creuses) provient justement de la filière nucléaire qui avait désespérément besoin d’un débouché pour écouler l’énergie de son ruban constant y compris la nuit. Même le nucléaire présente des faiblesses pour lesquelles des adaptations du réseau respectivement de la consommation ont été, ou sont encore, nécessaires.

Or c’est bien évident, plus l’amplitude jour-nuit tend vers une valeur faible, plus vous aurez besoin de stocker l’énergie électrique générée en journée par le photovoltaïque pour en disposer la nuit. Comme le stockage de l’électricité présente une foule d’inconvénients importants (ici nous sommes assez d’accord avec JMJ, avec le bémol que si vous considérez la variante pompage-turbinage les taux d’efficiences sont tout de même un peu meilleur), vous pouvez assez aisément tuer la filière photovoltaïque en argumentant sur ce seul aspect. Mais voilà, si l’on se donne  la peine d’imaginer que les tarifs HP-HC soient supprimés ou encore mieux réaménagés pour coller à la courbe en cloche du PV, on comprend bien qu’il n’y a aucune fatalité à ce que le paysage énergétique ne présente pas un visage bien plus adapté à l’énergie solaire. Le paysage énergétique actuel n’est pas une fatalité mais relève d’un choix essentiellement politique. Il n’y a aucune impossibilité prendre un chemin différent.  JMJ nous parle d’une amplitude de 15 à 20 GW, or sur la base de l’exemple vécu en Allemagne, on peut envisager un triplement de cette amplitude (à noter : l’exemple allemand est pollué aussi bien au sens propre que figuré par la faiblesse des prix du charbon en date de la rédaction de ce post, mais contrairement à ce que certains cherchent à faire croire, ceci n’a rien à voir avec le déploiement des ENR en Allemagne et pourrait faire l’objet d’un post à lui seul). Dès lors, si on retient une amplitude conservatrice de 50 GW et modelée par des tarifs variables collant à la production solaire, on arrive à une production solaire absorbable directement par le réseau se situant entre 50 et 80 TWh (selon si la majorité des dits panneaux solaires étaient installés en PACA ou au contraire vers Lille), soit entre 10 et 15% dans le cas de la consommation électrique française. Le mode de fonctionnement et gestion du réseau électrique a été pensé pour les énergies fossiles actuellement utilisées. Il est faux de vouloir adapter les ENR au système présent, car il est infiniment plus aisé de modifier la stratégie du réseau en fonction des ENR que l’inverse.

Juste pour se donner une idée : la quasi totalité des cumulus (ou ballons d’eau chaude, ou boiler en Suisse romande) démarrent la nuit leur cycle de chauffe au moment du passage en mode HC. L’INSEE nous dit qu’il y 25.5 M de ménage en France multipliés par une puissance de 2000W (postulat 1 cumulus par ménage en moyenne), nous donne une puissance totale consommée la nuit de 50 GW (nous avons simplifié le calcul, en oubliant les résidences secondaires qui chauffent souvent quand même leur eau pour des questions sanitaires, et bien sûr toute l’industrie), qui pourrait dont être décalée à n’importe quel autre moment du cycle de 24h. Le calcul que nous proposons ci-dessus, conduisant à cette valeur de  80 TWh sans aucune nécessité de stockage, est donc très conservateur et la réalité pourrait certainement être bien plus favorable encore et correspondrait le plus vraisemblablement à mon estimation intuitive au début de ce post (grosso modo le double soit 150 TWh).

Il se rajoute à ce qui précède que si l’électricité se stocke mal, plusieurs de ses effets peuvent eux être très bien stockés notamment le froid et le chaud sur des périodes allant de quelques heures à quelques jours. L’exemple de couplage d’une grosse centrale PV avec un entrepôt frigorifique à Neuendorf proche de Soleure en Suisse (à trouver ici, désolé c’est en allemand) montre les immenses possibilités qu’une simple organisation différente de son mode de consommation permet.

Une autre réflexion possible tourne autour de la question des futures voitures électriques. Par politesse autant que cohérence, nous continuerons celle-ci sur le cas français. Au 1er janvier 2015, le parc automobile français était constitué de 38’408’000 véhicules. Si on se réfère au discours de Carlos Ghosn  lorsqu’il a défini la mobilité électrique comme axe stratégique pour le groupe Renault-Nissan ou à l’exemple  de Tesla qui a  enregistré 400’000 commandes pour son futur modèle livrable au mieux en 2017, il ne semble pas déraisonnable d’estimer que d’ici quelques années la part de véhicules électriques puisse atteindre 10% de ce parc. (note : selon l’INSEE la moyenne d’âge des véhicules est de 8.7 ans, compte tenu de la croissance du parc, il en découle que le taux de renouvellement est égal ou supérieur à 11.5%. Dès lors, dès l’instant où le pourcentage des ventes de nouveau véhicule en mode électrique dépassera légèrement le 1% du parc existant (soit schématiquement le 10% des ventes de véhicules neufs), cet objectif sera rapidement atteint. On roule en moyenne 25’000 km /an à une moyenne de peut-être 60 km/h (évaluation entre autoroute à 130 et bouchon en ville à 0), et donc 416 heures par an. Une année civile contient (plus ou moins selon qu’elle est bissextile ou non) 365 * 24 H soit 8760 heures. En admettant que les véhicules électriques ne roulant pas pourraient être connectés à une station de recharge environ 50% du temps non roulant, nous obtiendrons ici une capacité modulable de consommation de 10% * 38.4 M * 50% ((8760-416)/8760)*2000W soit 3.6 GW en arrondi. Et si nous faisons le postulat, qui semble relativement raisonnable, que plus l’usage de l’énergie photovoltaïque sera répandu plus notre mobilité tendra vers l’option électrique, les figures deviennent tout simplement spectaculaires. En imaginant que 100% ou approchant du parc des véhicules soit converti à l’électrique et que par obligation légale ou incitation tarifaire forte, il soit attendu des usagers qu’ils se connectent soit sur une borne de recharge individuelle en privatif, soit sur des bornes collectives dans les parkings publics de manière systématique, nous obtiendrions alors un volant supplémentaire de flexibilité de la puissance consommée instantanée de 0 à 72GW.

On pourrait même pousser le raisonnement encore un stade plus loin en permettant aux véhicules de refluer temporairement dans le réseau si certaines conditions critiques venaient à se matérialiser. Ceci permettrait théoriquement d’atteindre un volant de flexibilité supérieure à la consommation maximale démontrée, car passant de -72GW à +72GW soit 144GW. Bien évidemment, ce qui est imaginé ici ne devrait rester qu’une solution de dernier recours, car autrement nous devrions prendre en compte les pertes pour charger les batteries des véhicules et repuiser dedans. La marge de progression de la capacité à intégrer des ENR dans le réseau est en réalité presque illimitée, car elle suit le déploiement d’autres technologies indispensables à la décarbonation de nos économies. 

Quoiqu’il en soit, en restant à la version 0-72, tout ceci ne coûte, en simplifié, qu’une puce électronique à 50 centimes par borne de recharge et quelques lignes de code informatique pour adapter la charge en fonction de la sollicitation instantanée du réseau électrique!

N’oublions pas enfin que le réseau électrique européen est interconnecté. La France malgré son “invincible armada nucléaire” se doit fréquemment d’importer du courant, historiquement plutôt dans les gros froids de l’hiver, mais le risque s’approche de voir cela également en été avec les besoins croissants des climatisations. Déterminer de quelle manière, l’interconnexion des diverses sources d’énergie renouvelable permet de se passer de stockage complémentaire nécessite une étude statistique comparative incluant tous les acteurs significatifs et potentiellement significatifs (solaire, éoliens des divers gisements de vent européens, bio-masse, hydro-électricité, …). En effet, savoir quand il fait suffisamment mauvais temps pour que la production du PV tombe à zéro, mais en l’absence de vents forts aussi bien dans le sud (Espagne) que le nord (Allemagne, Danemark) empêchant de se rabattre sur l’énergie éolienne ne se déduit pas d’un simple raisonnement logique et dépasse le cadre de ce post. Il n’empêche que le fait, de combiner les diverses sources d’énergies renouvelables entre elles les rendent plus compétitives respectivement tolérantes à la défaillance, ne peut pas être contesté sur le principe, même si nous le chiffrons pas ici. Mais, juste pour vous donner une idée, le Fraunhofer Institut confirme dans son rapport sur le photovoltaïque allemand qu’il existe une corrélation fortement négative entre l’ensoleillement et le vent, c’est à dire que dans ce pays les deux sources d’énergie présentent un profil de complémentarité très favorable, car s’il y a beaucoup de soleil, le vent ne souffle pas (ou pas fort), alors que l’inverse est aussi généralement vrai. Voir graphe :

Concrètement, on peut le résumer ainsi : en 2014 alors que la puissance installée PV allemande se situait à 38GW et que celle de l’éolien allemand à 36GW, la puissance totale injectée dans le réseau par la somme de ces deux type d’énergie n’a qu’exceptionnellement dépassé les 30GW, et on voit bien que la production cumulée mois après mois, même si pas parfaitement stable, reste le plus souvent dans des plages de valeurs proches. En refaisant la même analyse, non plus au niveau “régional” allemand, mais sur l’ensemble du continent européen, puis en incluant également d’autres sources d’ENR comme l’hydro-électricité en version “simple” ou avec pompage-turbinage, la bio-masse, la géothermie, …. , imparablement nous obtiendrons des figures encore plus favorables. La combinaison de plusieurs type d’ENR rend celles-ci plus performantes et également plus simple à intégrer dans le réseau.

Le fait de savoir si oui ou non du stockage coûteux, aussi bien en terme énergétique qu’économique, devra être mis en œuvre, est fondamental, car le dit stockage coûte en pertes de rendement, qui peuvent être très importantes selon les scénarios, ainsi qu’en énergie grise supplémentaire à amortir. Au vu des explications qui précèdent, il semble réellement non contestable qu’une puissance crête livrée maximale de photovoltaïque de 50GWp peut être absorbée par le réseau électrique français sans mise en place de solution de stockage autre qu’une gestion différente de la consommation qu’actuellement. Passer au solaire ne signifie nullement que nous devrons remplir nos caves de batteries.

Je relève enfin que les indications sur l’énergie grise à compenser des modules solaires ne correspondent simplement pas à la réalité technique. Le Fraunhofer Institut a calculé qu’en Allemagne, disposant donc d’une insolation incomparablement plus faible qu’en France, un module solaire de SiC (Silicium cristallin) regagnait l’énergie grise nécessaire à le fabriquer en 2 ans maximum. En France, et notamment sur la moitié sud, on doit donc se situer assez proche d’une année. Toujours selon le Fraunhofer Institut, la majorité des panneaux solaires produits depuis 2010 ont une espérance de vie de l’ordre de 40 ans (note : pour les premiers panneaux solaires construits dans les années 60, on estimait qu’ils auraient une durée de vie 10 ans et regagneraient seulement 1/3 de l’énergie nécessaire à leur fabrication. La réalité est que la majorité de ces panneaux historiques ont de tout même fonctionné une trentaine d’année et ainsi ont malgré tout réussi à atteindre l’équilibre. Dès lors l’affirmation du Fraunhofer Institut semble parfaitement cohérente avec l’évolution attendue de la technologie respectivement l’amélioration des méthodes de construction). Depuis les premières installations de panneaux photovoltaïques dans les années 60, les pronostics ont toujours été dépassés!

Ceci étant, si nous retenons les valeurs suivantes sans excès d’optimisme bien au contraire :
50GW absorbables par le réseau sans stockage supplémentaire,
durée de vie de 30 ans,
compensation de l’énergie grise en 2 ans (histoire d’inclure tout les à-cotés),
nous trouvons que
50GW absorbables ==> 55 à 56 GWp installables (différence perdues dans les onduleurs + câbles)
56GWp ==> 70 TWh produits (nous obtenons ce ratio de productivité avec notre centrale d’Onex ci-dessus datant de 2010!) dont nous retranchons 2/30 pour la compensation de l’énergie grise soit un résultat net disponible de 65TWh
65TWh net ==>  65/520 soit 12.5% (approchant, à voir la consommation actuelle)
55GWp ==> 55’000’000’000 Wp/170Wp/m² ==> 324 km² soit 0.06% du pays seulement soit moins que 6% des toits des bâtiments construits!

En conclusion, en dédiant 6% des toitures de France au photovoltaïque, on recevra en retour 12.5% de l’énergie électrique consommée, en réitérant que cette proportion pourra à futur être sensiblement augmentée.

A titre personnel et pour faire écho à mon affirmation intuitive initiale de 20-25%, je reste persuadé qu’elle est bien réelle. Toutefois, peu importe car dans tous les cas de figure, ces 12.5% ne resteront qu’une étape provisoire pour aller plus loin.

En résumé, le texte de JMJ conduit à penser qu’avec une couverture solaire de 4% du territoire national français, il serait possible  d’obtenir une production nette d’énergie électrique disponible du même ordre de grandeur que la consommation actuelle alors qu’il faudrait retenir qu’avec quelque chose de l’ordre de 0.06%, on peut obtenir une production nette disponible de l’ordre de 12% de la consommation actuelle. La différence entre les deux scénarios ne relève pas du détail anecdotique, car la variante JMJ implique un coût du kWh livré à l’usager environ 10 fois plus élevé et une consommation de surface simplement impossible (4* la surface de tous les bâtiments de France!). En réalité, JMJ nous dit à peu de chose près que le photovoltaïque est condamné à rester confiné dans un rôle quasiment décoratif ou en tout cas très secondaire, alors que la réalité est toute différente. 12% du mix énergétique électrique d’un pays est tout sauf négligeable, sans même rappeler qu’il s’agit d’une énergie 100% indigène et qui ne finance donc pas des régimes politiques tout sauf recommandables (pour rappel le nucléaire demande de l’uranium qu’il faut bien aller chercher quelque part, et les journaux nous relatent jour après jour les conséquences de cette dépendance!!).

J’ai personnellement assisté à l’une des conférences de JMJ (au Club 44 de La Chaux-de-Fonds, si cela lui rappelle quelque chose), et il me semble bien me souvenir qu’il a utilisé l’expression que “tant que la part de l’énergie photovoltaïque ne dépassait pas l’épaisseur du trait de la courbe” (en langage clair qu’elle était complètement négligeable) “elle ne poserait pas problème et qu’elle était destinée à rester à ce niveau.”

Monsieur Jancovici, vous êtes un homme écouté. Une classe de personnes que l’on appelle les politiciens et qui ne dispose manifestement pas du bagage de l’ingénieur (en général vrai, mais c’est quand même mieux en Suisse sur ce plan aussi) tire des conclusions et prends des décisions sur la base de vos réflexions. Soyons honnête, votre message ne vise qu’à une chose : démolir proprement, et surtout sans en avoir l’air, les énergies renouvelables pour préserver la part du nucléaire. Le but de ma réflexion n’est pas de faire ici le débat du nucléaire, mais la lucidité doit nous forcer à conclure qu’en agissant ainsi on ralentit bel et bien les ENR, mais comme cela n’accélère pas le nucléaire de l’autre côté, la population ayant clairement exprimé son refus, cela nous confine dans une impasse qui fait le beau jeu des énergies les plus sales à court terme comme le lignite par exemple et crée un front de blocage sur la nécessaire taxation du CO2 pour permettre enfin de donner une chance à l’humanité d’éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique (pour les “seulement” graves, c’est malheureusement vraisemblablement déjà trop tard). Il y a une urgence réelle à agir mille fois prouvée maintenant. Faire des calculs fallacieux pour tenter de conserver des parts de marché en faveur des énergies sales envers et contre toute logique ne fait qu’augmenter les conséquences que l’humanité subira. 

Dans notre civilisation judéo-chrétienne, cher Monsieur Jancovici, le péché est synonyme de mort. Ici, votre péché à vous ne signifie pas votre prochaine combustion à vous dans les flammes de l’enfer des pollueurs (tiens au fait, flammes alimentées par quelle source d’énergie primaire?), mais celle de nos descendants, bref nos enfants et donc aussi vos enfants. Par contre, bonne nouvelle, la rédemption reste possible en tout temps. Quittez les forces sombres des énergies fossiles arrachées à la terre, et utilisez votre grande intelligence pour la lumière (du solaire par ex. ), votre rédemption sauvera beaucoup de vies à moyen et long termes, et j’en suis persuadé vous le savez!

Laurent-David JOSPIN

PS : bien évidemment, Monsieur Jancovici a été informé de l’existence de cette publication.

Remerciements à Giovanni, Florence, Joanne, Laurent-Valentin, Amanda, Pascal et tout les autres pour les précieux conseils, commentaires, et bien sûr encouragements.

Sources :
Fraunhofer ISE, Dr. Harry Wirth, “Aktuelle Fakten zur Photovoltaik in Deutschland“, Fassung 22.4.2016
Ainsi que celles mentionnées dans le texte

Le chirurgien chaux-de-fonniers Blaise Courvoisier préconise le rejet du 2ème tube au Gothard

Lors de la campagne pour les élections fédérales 2015, nous avons eu l’occasion de sympathiser avec Blaise Courvoisier et j’ai plaisir à dire que j’apprécie sa grande humanité entre autres qualités. Plusieurs points nous rapprochent comme le respect que nous devons aux générations futures ou encore le souhait d’une médecine plus pragmatique et centrée sur les besoins réels des patients. “less is more” comme disent certains.

Suite à la conférence de presse du comité neuchâtelois, Blaise m’a exprimé son soutient à notre point de vue et ainsi que tout ses vœux d’encouragement pour la fin de la campagne.

Lors de notre échange par courrier électronique, Blaise Courvoisier a exprimé son avis en ces termes :
1/ Le respect de la démocratie suisse avec son acceptation de l’initiative des Alpes et le refus en 2004 déjà d’un tel projet.
2/ Le percement du tunnel ferroviaire actuel devrait permettre de dériver une bonne part du trafic vers le ferroutage.
3/ Répondre à la demande croissante de trajets routiers par une offre tout aussi gigantesque ne nous fera qu’aller, du point de vue écologique, un peu plus vite dans le mur.
4/ Par ailleurs lorsque ceci sera refusé comme je le souhaite, des ingénieurs très savants sauront nous trouver des solutions adéquates pour assainir sans interrompre le trafic durant la durée proposée actuellement; tous les refus  essuyés dans ce genre de projets ont permis au génie humain de trouver d’autres solutions.

Merci Blaise pour ta lucidité et ton souci d’une bonne gestion à la fois des deniers publics ainsi que de notre environnement.

Laurent-David JOSPIN

Conférence de presse du comité neuchâtelois NON au Gothard

La campagne bat son plein et aujourd’hui nous avons tenu une conférence de presse au nom du comité neuchâtelois Non au 2ème tunnel au Gothard. Comme intervenant vous trouviez, par ordre d’apparition Monsieur le Conseiller aux Etats Didier Berberat, votre blogueur préféré (enfin, je l’espère), et Monsieur le Député au Grand Conseil Pierre Hainard.

Vous trouvez ci-dessous le texte de mon intervention  incluant les images projetés lors de ma présentation.

N’oubliez pas d’aller voter !!!

Laurent-David Jospin

Mesdames et Messieurs,

Lorsqu’un ménage ou une entreprise réfléchit à un investissement respectivement une dépense, l’élément déterminant reste de savoir s’il n’y a pas une autre dépense plus importante ou plus urgente à traiter avant.

Dans le cas du deuxième tunnel au Gothard cette réflexion élémentaire n’a clairement pas été faite. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la liste des points noirs du réseau routier en terme d’accidentalité telle que publié par l’Office Fédéral des Routes (OFROU). Le Gothard n’y apparaît qu’en 33ème positions sur la période 2012-2014, ou n’y apparaît en général pas. Concrètement, cela signifie que des dizaines d’endroits du réseau sont plus dangereux et devraient être améliorés de manière plus urgente.

Si vous vous intéressez plus strictement à la question de la mobilité, vous découvrirez que le Gothard voit passer en moyenne de l’ordre de 17’000 véhicules par jour plaçant clairement ce tronçon parmi les routes secondaires. L’axe Neuchâtel – La Chaux-de-Fonds lui-même en voit passer bien davantage avec 22’000 véhicules selon comptage OFROU de 2012.

Or voilà l’argent qui aura été dépensé au Gothard ne pourra pas l’être ailleurs. Aujourd’hui plusieurs signaux virent clairement au rouge au niveau de nos finances. Des exercices sont annoncés déficitaires. Les discussions sur le fonds FORTA sensé couvrir ces dépenses viennent à peine de commencer et déjà le total des projets proposés représente environ 3 fois l’argent qu’il a été prévu d’y injecter.

Gaspiller 3 milliards au Gothard implique obligatoirement que de l’argent manquera ailleurs. C’est entre autre notre région qui en fera les frais avec le nouveau projet de RUN ainsi que le contournement des villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds qui passeront tous à la trappe. Il est complètement illusoire de croire que le fait de voter oui assurerait un retour d’ascenseur. Premièrement comme déjà dit car l’argent manquera, mais également de par le fait que la création de ce 2ème tunnel conduirait à une aggravation des conditions de trafic sur l’ensemble du plateau par l’effet d’appel d’air et partant mobiliserait encore davantage les ressources pour traiter les difficultés nouvellement créées.

L’argent dépensé au Gothard, même s’il eut pu être plus utile ailleurs, est-il au moins investi utilement ? Il nous est permis d’en douter sérieusement.

 

En effet, même si la douteuse promesse de n’ouvrir qu’une seule piste par tube venait à être tenue malgré tout, le simple fait d’avoir 2 tubes séparés permet d’injecter plus de camion au vu des règles du « compte-goutte » filtrant les dits camions.

Or ces camions viendront de l’Europe cela ne fait pas l’ombre d’un doute. L’axe du Brenner est d’une part saturé mais représente également une rallonge en terme de parcours pour l’ensemble des camions provenant d’Allemagne, Hollande ou encore du Danemark. Les autoroutes du plateau suisse sont à la limite de la congestion, rajouter ne serait-ce que 30 % de camion en plus garantit le bouchon quasi permanent sur nos axes les plus essentiels pour notre économie.

Nos concitoyens à qui l’on fait croire de manière sournoise qu’ils éviteront les bouchons lors de leurs départs en vacance sont doublement trompés, car non seulement ils ne gagneront rien à ce niveau mais seront perdants dans leurs déplacements ordinaires au jour le jour.

Et si la fameuse promesse n’est pas tenue, alors c’est bien pire encore. Oubliez les 30 % de camion supplémentaires, pensez simplement à un doublement avec des conséquences dramatiques pour notre mobilité. Doubler la capacité du Gothard conduirait à devoir rajouter une 3ème voie sur la grande majorité de l’axe autoroutier Bâle-Chiasso, ce qui est tout simplement irréalisable.

L’autogoal serait ici de toute première force. En plus des simples citoyens, les milieux économiques seraient particulièrement impactés.

 

La cerise sur le gâteau se situe au niveau des conséquences pour la santé humaine. La question ne prête plus à débat, les particules fines provoquent une série de maladies dont certaines mortelles en commençant par l’asthme chronique et en finissant par le cancer de la plèvre pulmonaire.

On ne peut admettre aujourd’hui que cet aspect ne soit pas pris en compte dans la réflexion globale qui doit être menée sur cet axe de transit important. Il est bon de rappeler que si l’ensemble de la Suisse subissait les conditions de pollution prévalant au Tessin, les primes d’assurance maladie grimperaient de 10 à 15% , soit un coût à la charge de la collectivité s’approchant des 5 milliards par année !!

Tout ceci sans dire que nous parlons ici froidement d’argent, alors qu’il se cache derrière une immense souffrance humaine.

En résumé, l’option proposée par le Conseil Fédéral consiste à dépenser un montant considérable sur un endroit non prioritaire, induisant de facto l’effet contraire recherché en terme de sécurité ou même de mobilité, et générateur de coûts indirects colossaux sur notre système de santé publique déjà fortement sous pression. Nous recommandons à l’ensemble des citoyens suisses et de ce canton de mettre un non résolu dans l’urne pour ce 28 février.

NON AU TUNNEL TUEUR !!

Le débat pour ou contre le 2ème tube au Gothard s’enflamme et les partisans du oui, manifestement acculés dans leurs derniers retranchements, nous assènent un argument ultime et très émotionnel : la sécurité, les accidents, un incendie dans un tunnel, bref une masse de cadavres à éviter.

Et bien permettez-moi de vous annoncer que même ici il s’agit d’un énorme mensonge, car ce fameux 2ème tube présente toutes les caractéristiques d’un tueur en série.

Détaillons tout cela et comparons les gains et les pertes.

Bien évidemment, la séparation des pistes dans deux tubes distincts amène un gain localisé. Mais concrètement de quoi parle-t-on ici. Les statistiques de l’Office Fédéral des Routes nous montrent une économie potentielle de 25 morts (voir note) lors d’accidents routiers depuis la mise en exploitation en 1980 (soit donc 0.7 mort par année en moyenne). Il ne semble pas inutile de rappeler que le maximum de mort a été provoqué par le fameux incendie de 2001. Or ce scénario ne devrait plus se reproduire puisque suite à cette catastrophe le tunnel a profité de nombreuses améliorations dont un système de ventilation incomparablement plus performant ainsi qu’un “compte goutte” espaçant les poids lourds. Plus récemment encore, il a  été équipé de portails détectant toute chaleur excessive de poids lourds et bloquant tout cas dangereux avant son entrée dans le tunnel. Dès lors considérer un gain de sécurité de 0.7 morts par an relève déjà presque d’un abus de langage, puisque les mesures de sécurité prises depuis cet accident de 2001 contribuent déjà à faire baisser ce chiffre.

Soit, me direz-vous mais tout gain aussi faible soit-il reste bon à prendre quand on parle de vies humaines. Et bien pas forcément, car de l’autre côté, il y a aussi des pertes. Si les pertes dépassent les gains, la conclusion s’impose d’elle-même!

En premier lieu, on peut mentionner les morts qui découleront du chantier lui-même. Les partisans du 2ème tube nous diront qu’il s’agit d’un sacrifice nécessaire, qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, que cela n’est pas sûr et qu’au final nous y gagnerons. La suite de cette réflexion montrera le contraire, et on rappellera que la construction du tunnel de base a coûté 9 vies humaines auxquels s’ajoutent 3500 blessés soit une létalité supérieure à 12 ans d’exploitation du tunnel actuel.

Le rapport “Points noirs sur les routes nationales entre 2012 et 2014″ de l’Office Fédéral des Routes (OFROU) le montre, on ne peut plus clairement, le tunnel du Saint-Gothard n’apparaît qu’en 33ème position des points accidentogènes de notre pays; position dont il faut encore préciser qu’elle était particulièrement mauvaise sur cette période. Ceci signifie concrètement qu’il y a au minimum 32 autres tronçons routiers générant plus d’accidents et en général encore davantage. La sagesse populaire le résume simplement, on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre! Si 3 milliards sont investis, non dépensés, toujours non gaspillé en fait, au Gothard, ils manqueront forcément ailleurs, et donc en toute logique ils manqueront à un endroit tuant plus de gens! Les affirmations de certains politiciens pro-tube à la limite de la malhonnêteté comme quoi il y a assez d’argent pour tout relèvent d’un aveuglement grave. Rappelez-vous la population a refusé sèchement une hausse de la vignette autoroutière pourtant pas si méchante que cela (60.– par année). L’initiative populaire “vache à lait” pourrait encore bouleverser nos si fragiles équilibres dans les transports et conduire à une catastrophe induisant un blocage total du système. En clair et en français les 3 milliards gaspillés au Saint-Gothard conduiraient rien que sur cet aspect à une hausse globale des accidents et partant donc des victimes, si l’on se donne seulement la peine de regarder l’entier du réseau et comment l’argent gaspillé eut pu être mieux utilisé.

L’économie en terme de vie humaine possible grâce à la réaffectation de ces 3 milliards dépendra bien évidemment de quels points noirs bénéficieraient de cette manne comme de la solution retenue. En 2014, 243 personnes ont perdu la vie sur les routes suisses. Ce chiffre peut paraître faible, mais il faut garder à l’esprit que simultanément plus de 21’000 personnes ont été blessées dont 4’000 grièvement. Utilisés de manière judicieuse, les 3 milliards discutés devraient aisément permettre d’éviter une dizaine de morts par année et une centaine de blessés.

On le voit très clairement sur l’image suivante (source : Sonntagszeitung), il y a si peu d’accidents au Gothard en proportion du total (accidents 2011-2014) que l’on doit chercher son emplacement précis !

La réflexion qui précède part de l’idée que “toutes choses resteraient égales par ailleurs”. Or ceci est clairement faux! L’ouverture de ce 2ème tube conduirait inévitablement à un accroissement du trafic et même un très fort accroissement du trafic poids lourds. Plus de véhicules sur les routes et tout spécialement de camions signifie plus d’accidents partout! Le rapport BPA (Bureau de Prévention des Accidents) sur l’opportunité de construire un 2ème tube au Gothard le dit clairement : un faible accroissement du trafic, 3% dans le cas d’espèce, suffit à faire perdre l’avantage sécuritaire gagné par un tube supplémentaire et 6% conduisent déjà à une aggravation claire. Comme les experts les plus prudents s’attendent à une augmentation de l’ordre de 30% des poids lourds transitant à travers notre pays sur l’axe Bâle-Chiasso, nous pouvons garantir que ces 6% seront dépassés et donc le bilan en terme de conséquence humaine présentera des chiffres négatifs ici aussi sans même considérer un meilleur usage possible des fonds.

La cerise pour couronner le gâteau est presque parée de la cape d’invisibilité d’Harry Potter. De la poussière si petite, si insignifiante, qu’elle fût baptisée particules fines. Juste dommage qu’elle vous inflige cancer, maladie cardiovasculaire, et autre joyeusetés sans vous prévenir. L’OFEV le dit dans son rapport “Environnement Suisse 2015 chapitre 10 Air”, la pollution atmosphérique conduit à 3’000 décès prématurés par an et à une charge sur les frais de la santé publique de plus de 4 milliards également par an (à titre de comparaison les primes d’assurance maladie payées par l’ensemble des citoyens se situe un peu en dessus de 30 milliards par année). Certes le trafic n’est pas seul en cause, mais il y contribue de manière décisive notamment pour les particules ultrafines considérées depuis peu comme les plus nocives car pénétrant plus profondément dans l’organisme.

Ne tergiversons pas : mettre en place une structure amenant plus de trafic induira plus de pollution, qui elle-même apportera son lot de morts et de maladies graves. Il ne semble pas inutile de rappeler ici que le Tessin, soit disant bénéficiaire principal de ce deuxième tube, est déjà particulièrement touché par ce problème de pollution aux particules fines. Si l’ensemble de la Suisse subissait les mêmes conditions, nos primes maladies grimperaient de 10 à 15%, et plus grave encore le nombre de morts prématurés doublerait pour atteindre un chiffre avoisinant les 6’000 décès par année. Vouloir imposer une aggravation à la population tessinoise relève plus de la volonté criminelle que de l’erreur politique.

Résumons-nous, ce deuxième tube ne sauvera en réalité personne puisque son faible gain sera plus que perdu par les conséquences de l’accroissement du trafic, nous perdrons quelques vies humaines durant la construction, la meilleure utilisation possible des fonds aurait permis de sauver facilement 10 fois plus de vies humaines ailleurs, et enfin la pollution induite tuera encore de nombreuses personnes tout en fragilisant la santé de beaucoup plus encore.

Bref, j’accuse sans la moindre hésitation les partisans du 2ème tube, qui jouent actuellement la carte émotionnelle à fond en nous présentant à toutes les occasions les images de l’incendie conséquence de l’accident de 2001, soit d’incompétence totale ou alors de mauvaise foi criminelle.
Oui ce 2ème tube représente une menace réelle pour le bilan global de notre sécurité routière. De manière, certes partiellement indirecte mais bien réelle, il tuerait bien plus de vies qu’il n’en sauverait. Je suis prêt à accepter l’argumentaire de la sécurité maximale, mais alors un peu de cohérence s’il vous plaît, et constatez que ce projet brisera des vies, des familles et je m’interroge s’il n’y a pas une confusion sur ce que nous creuserions ici, un tunnel ou une fosse commune ?

Laurent-David Jospin

Note : le chiffre précédemment évoqué ici de 36 morts incluait des morts non routiers (par exemple lors de la construction), qui ne doivent pas être pris en compte pour le calcul de l’économie possible au niveau pure de la circulation.

Sources :
Office Fédéral de l’environnement OFEV, rapport environnement suisse 2015
Bureau de Prévention des  accidents, Tunnel routier du Saint-Gothard, répercussion d’un tunnel bi-tube en terme de sécurité routière
ainsi que les sources de la publication Un 2ème tube synonyme de triple gaspillage

Un 2ème tube synonyme de triple gaspillage

Le 2ème tube imaginé par un parlement visiblement manipulé par un lobby qu’il est inutile de nommer conduirait à un gaspillage de ressources financières plus utiles ailleurs sur le réseau autoroutier, un gaspillage de l’argent investi dans les NLFA, et enfin un gaspillage énergétique conséquent.

Dans ce post, j’aimerais vous montrer que ce troisième gaspillage, même si moins spectaculaire que les deux autres, reste très lourd. On parle ici des camions qui se précipiteraient pour profiter de ce 2ème tube au lieu de passer par la solution ferroutage (transfert des camions par le train) chèrement payée par le peuple suisse, en passant 24 milliards quand même, mais ne soyons pas chiche que diable.

Un camion qui doit faire toute l’ascension pour arriver à l’entrée du tunnel autoroutier consomme une quantité appréciable d’énergie supplémentaire que nous allons un peu détailler ici.

Donc, si nous faisons l’effort de nous rappeler nos cours de physique élémentaire, nous pouvons poser que l’énergie perdue par la montée inutile d’un camion correspond en premier lieu à la différence d’énergie potentielle soit

E=MgH

ou M = le poids du camion considéré, g = 9.81, et H = la différence d’altitude entre le tunnel de base ferroviaire et celle du tunnel routier soit 1150 m – 550 m = 600 m.

Pour le poids du camion entre les courses chargées et celles à vide, nous retiendrons un poids moyens de 30 tonnes soit 30’000 kg.

Bref E = 30’000 * 9.81 * 600 = 176’580’000 Joules.

Oui mais le moteur thermique ayant permis cette ascension présente une efficacité toute sauf idéale. Entre la déperdition en chaleur, les frottements et autres, on considère en général qu’un tel moteur présente un rendement de 30 %.

Ceci signifie que pour obtenir l’élévation d’un seul camion depuis l’altitude du tunnel ferroviaire jusqu’à celle du tunnel routier, il nous faut produire bien 588’600’000 Joules (dont les 30 % nous donneront l’énergie physique calculée avant).

Pour information 588’600’000 Joules correspondent à 163.5 kWh ou grosso modo 16 litres de diesel pour camion.

A noter : nous “oublions” l’énergie nécessaire pour le déplacement horizontal durant cette phase (Oubli 1 = O1) ainsi que l’énergie nécessaire pour les ralentissements suivis d’une ré-accélération (O2) qui peut être très importante selon la fréquence de ces perturbations, jusqu’à multiplier la consommation par un facteur supérieur à 3! (source : selon Mercedes 2 arrêts-re-démarrages par km parcouru suffisent déjà à multiplier par 3 la consommation). A ce sujet des perturbations de trafic, je vous encourage à relire mon post sur les effets catastrophiques d’un 2ème tube pour la fluidité du trafic ici http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/?p=875.

Ensuite notre camion va traverser le tunnel de 17 km avec une consommation de 30 litres au 100 km (pour un camion déjà raisonnablement moderne) soit en arrondissant vers le bas 5 litres de diesel ou 50 kWh (ou 180’000’000 Joules pour les puristes).

A la fin le camion va encore redescendre de la montagne, et dans un but de simplification, nous considérerons que cette dernière consommation + O1 + O2 sont au minimum supérieurs à l’énergie nécessaire à déplacer le train portant le camion calculée au prorata de chaque camion (les trains sont très efficients sur le plan énergétique). A priori cette simplification se réalise au détriment du train qui augmenterait encore un peu son avantage ici.

Sans même dire que nous n’avons pas considéré l’entier du trajet Bâle – Chiasso pour lequel un camion (toujours raisonnablement moderne) consommera environ 120 litres de diesel alors qu’une fraction de cette énergie aurait été utilisée dans une version ferroutage. Ce point fera l’objet d’un autre post, mais vous pouvez déjà être sûr que si nous envoyons le mauvais signal d’un 2ème tube, nous pouvons quasiment passer en perte et profit l’investissement des NLFA y compris le fameux corridor de 4 mètres.

Bref un SEUL camion choisissant de ne pas prendre la solution ferroutage mais de grimper la montagne (et encore, on ne parle pas du col ici!) gaspille au minimum 21 litres de diesel ou 213.5 kWh (le chiffre réel sera bien plus élevé selon les explications et remarques qui précèdent).

Prenez maintenant en compte le trafic annuel de globalement 1’000’000 de camions (chiffre qui grossirait encore pour sûr avec l’ouverture d’un 2ème tube), et vous arrivez à ce total exorbitant de 21’000’000 litres de diesel gaspillé – qui reste toujours sous-estimé -  pour rien en fait puisque dans l’une et l’autre solution les camions se retrouvent au même endroit à la fin.

Si on utilisait la même quantité de diesel dans des couples chaleur-force avec une efficience d’environ 75 %, on obtiendrait une disponibilité nette énergétique de 160 GWh au niveau usager, soit exprimé en terme électrique la consommation privée d’une ville de 160’000 habitants. (considérant 4’000 kWh de consommation annuelle par ménage de 4 personnes, mais en réalité c’est à peine plus compliqué puisque dans la réflexion faite nous aurions simultanément de la chaleur pour x habitants et de l’électricité pour y, mais indépendamment du point de vue la réalité reste bien celle d’un gaspillage d’énergie colossal pour rien de plus ni de mieux).

Petite cerise sur le gâteau, les experts auront remarqué que je n’ai même pas évoqué la question de l’énergie grise qui serait investie dans la construction d’un tel tunnel. Or rien que le béton investi dans un tel projet à raison de 1850 kWh / m³ devrait largement dépasser les 250 GWh. Ne disposant pas de l’ensemble des données techniques (excavation, transport des déblais, équipements techniques, revêtement routier, éclairage, ventilation, entretien, …) je ne peux que faire une estimation grossière, mais je ne serais pas surpris qu’au final l’ensemble de l’énergie grise investie dans un tel projet soit dix fois supérieure à ce premier chiffre de 250 GWh soit pour le rendre palpable de l’ordre de grandeur de la production de la centrale nucléaire de Mühleberg pendant une année entière soit ± 2500 GWh ou encore la consommation annuelle électrique de 2’500’000 personnes.

Un gaspillage insensé qu’on vous dit !

Pour le prochain post sur le sujet, je vous parlerai du gros mensonge sécuritaire lié à ce 2ème tube.

Laurent-David JOSPIN

 

Source(s) :
Merci à Pierre Hainard pour l’idée de base (sans jeu de mot) et à Giovanni Tarantino ainsi que ma famille pour les précieuses relectures et critiques positives
Site web officiel du tunnel de base : https://www.alptransit.ch/fr/home/
Site web de la Confédération Suisse sur le Gothard : http://www.gotthard-strassentunnel.ch/Tunnelanlagen.22.0.html
The world’s most fuel-efficient production-series tractor-trailer: New Mercedes-Benz Actros: CO2 world champion, site web http://media.daimler.com : lien complet ici

Petit message pour les fêtes

Lorsque nous avons choisi la carte de vœux de notre entreprise, les discussions furent nourries pour le moins. Nous soutenons une fondation à but caritatif et ma foi le catalogue regorge de cartes toutes plus belles les unes que les autres.

Cette année, c’est ma préférée qui a été retenue et je ne cache pas le plaisir que j’ai à vous dévoiler, ce qui m’a parlé si fort en la découvrant.

En tout premier lieu son apparence m’a certes beaucoup plus. Mais mon choix ne s’arrête pas à une simple considération esthétique. En plus de la beauté de notre Terre, on ressent aussi fortement sa fragilité, la bulle de l’atmosphère représentée comme une goutte d’eau prête à s’évaporer et disparaître. En nous plongeant plus profondément encore dans le tableau, nous observons cette feuille qui porte notre petite planète en la mettant à la merci de courants contraires. Le courant c’est nous tous, et c’est à nous d’agir pour que nous restions dans des eaux douces et calmes pour nous, nos enfants et tout ceux qui suivront.

Bonnes Fêtes à tous et meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Laurent-David JOSPIN

TOP21 ou FLOP21 telle est la question …

La fameuse COP21 vient à peine de s’achever et déjà les chroniqueurs et analystes de tous bords s’en donnent à cœur-joie. Comme vous devez forcément l’imaginer, votre blogueur impénitent pourfendeur des hérésies environnementales n’échappe pas à la règle (voir dans la partie “sources” pour le texte complet).

Pour faire court, l’abominable côtoie le sublime. Et pour faire un peu plus long, essayons de démêler l’écheveau.

Un regard strictement pessimiste nous force à constater plusieurs faits indiscutables :
- l’accord est soi-disant contraignant, mais il ne comporte aucun mécanisme de sanction ni même de contrôle réel. Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur le concept de contraignant.
- les promesses ou annonces volontaires de réduction carbone transmises par l’ensemble des pays concernés ne permettent d’espérer qu’au mieux de tenir une hausse de 3°C des températures mondiales, et encore seulement si nous n’avons pas mis en route un phénomène auto-enclencheur  comme par ex. des relargages massifs de méthane de l’arctique ou de la toundra après fontes des glaces polaires ou respectivement du pergélisol.
- on pourrait même parler de schizophrénie assumée quand le préambule de l’accord inclut une référence à un taux de 1.5°C qu’il vaudrait mieux ne pas dépasser, que le texte de l’accord lui-même se réfère à un objectif de 2°C, mais que l’état des lieux constate en langage diplomatique – j’allais écrire en langue de bois – qu’il existe un écart significatif entre les annonces cumulées de réductions carbone et l’objectif climatique minimum.

Bref, une analyse du passif de cet accord nous pousse tout droit vers une neurasthénie aiguë.

Néanmoins, tout n’est peut-être pas si noir, car pour ma part, j’ai bien vu une belle lumière au bout du tunnel. Pour mieux me faire comprendre, je vous propose de relire mon post de juin 2013 http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/?p=76 dans lequel je vous annonçais des mises en responsabilité et autres poursuites à l’encontre des gros pollueurs ou même financeurs des pollueurs. A l’époque, la sincérité m’obligeait à vous dire que les mécanismes de mise en responsabilité décrits ne surviendraient peut-être pas si vite que cela. En réalité, très bonne surprise, nous venons de vivre tout récemment le démarrage des, vraisemblablement, deux premières procédures pour crime climatique contre notamment une société aussi importante qu’Exxon. La procédure en question se fonde essentiellement sur le fait qu’Exxon savait et a choisi d’ignorer les avertissements de ses propres scientifiques. Or voilà, depuis ce samedi 12 décembre 2015, suite à la ratification unanime par 195 pays d’un document indiquant de manière non équivoque que l’activité humaine est la source primaire du problème de réchauffement climatique de la planète, et que celui-ci génère des conséquences hautement dommageables sur les plans environnementaux, sociaux, et économiques, plus aucune entreprise ne pourra se défendre en disant “nous savions pas, nous n’étions pas sûrs, ….“.

Si ce fait nouveau tombait du ciel sans aucun signe précurseur, on pourrait imaginer qu’il reste sans lendemain. Toutefois tel n’est pas le cas. On peut bien sûr penser à la procédure mentionnée ci-dessus. Toutefois, même si le cas Exxon présente clairement un aspect spectaculaire, plein de petits signes restés jusqu’à présent relativement confidentiels dans les milieux de la gestion ou finance démontrent l’existence d’une lame de fond beaucoup plus fondamentale. Récemment encore, mais avant le résultat de la COP21, l’Office Fédéral de l’Environnement (OFEV) présentait les résultats d’une analyse sur les risques carbone encourus par les fonds en actions ainsi que les caisses de pension.

J’ai été très surpris de ne pas voir de commentaires ou analyses sur ce point précis, car, croyez-moi, il change TOUT. Dans les mois à venir, les départements risk compliance des majors de l’énergie, de la chimie, du transport, etc etc vont émettre des notices de risque à provisionner. Ces notices vont circuler premièrement au niveau des conseils d’administrations. qui dans un premier temps se dépêcheront de ne pas en faire état. En bref, ils agiront selon toute vraisemblance exactement de la manière qui a valu à Exxon son procès!.

Mais en parallèle, les gros investisseurs institutionnels comme les caisses de pension réaliseront des analyses très similaires globales sur leurs portefeuilles, et conséquemment commenceront à faire pression pour avoir connaissance des analyses liées au risque carbone des entreprises dans lesquelles elles auront investis. Et si elles ne le font pas, les régulateurs se chargeront de leur expliquer! Lorsque les responsables de la FINMA (organe de contrôle des marchés suisse) auront lu le rapport de leur collègue de l’OFEV, le mécanisme se mettra en œuvre, lentement sans doute, mais inexorablement. Dans un premier temps, nous verrons sans doute une simple exigence minimale d’une mention globale de la politique liée au risque carbone, puis progressivement le contexte se durcira avec une contrainte de transparence toujours plus élevée, sans doute l’obligation d’un “rapport carbone” pour chaque investissement. Au final, le couperet tombera en premier pour les caisses de pensions qui devront intégrer une obligation de couverture totale du risque carbone, et conséquemment se détourneront en masse des investissements présentant un profil défavorable sur ce plan.

Typiquement une caisse de pension doit s’assurer qu’elle touchera de manière fiable à très long terme des revenus destinés à couvrir les retraites promises. La sécurité des versements futurs, ne peut être garantie que si la sécurité juridique des entreprises investies est elle-même garantie. Or voilà suite à ce fameux accord décembre 2015, un risque nouveau vient de se créer, dont on pourrait même imaginer, que comme dans le cas de l’amiante, les fauteurs de trouble ne puissent pas se libérer en invoquant une quelconque prescription juridique.

Le timide mouvement de reflux des capitaux des industries à forte connotation carbone constaté récemment montre les prémices d’une fuite panique dans un horizon de temps plus court que certain souhaitent l’imaginer! Dès aujourd’hui, un investissement dans le fossile ou se basant indirectement sur des sources d’énergie fossile est devenu un placement spéculatif de court terme et potentiellement très risqué.

La froide réalité du réchauffement climatique se résume en un jeu de mots et autrement peu de mots : à Paris les Etats ont échoué à mettre en place un mécanisme public réel nous faisant sortir de cette spirale infernale, mais, peut-être sans même s’en rendre compte, ils ont rendu l’économie privée indéfiniment responsable des conséquences à venir à partir de ce 12 décembre. Au final, lorsque la dite économie aura pleinement compris et intégré ce fait, vous verrez des transformations peu imaginables aujourd’hui.

En bref et pour descendre à un niveau très terre à terre, l’accord du 12 décembre, ni TOP21 ni FLOP21, ne sera que ce que nous les citoyens en ferons! Si aujourd’hui en tant que salarié d’une entreprise X vous écrivez un gentil courrier recommandé expliquant à l’organe de surveillance de votre caisse votre inquiétude au vu du nouveau contexte “risque carbone”, vous mettez (ou contribuez à mettre) une pression qui conduira à terme à des désinvestissements massifs dans les sociétés sources de ce problème majeur.

Et tout cela a aussi été rendu possible par cette fameuse marche citoyenne du climat dont je vous ai parlé dans les derniers posts!

Je profite de la transition pour vous dire que la pétition est envoyée ce jour, et personnellement je me permettrai d’espérer que l’un ou l’autre député du Grand Conseil prenne le temps de lire ces quelques lignes, car si notre canton ne modifie pas du tout au tout sa politique face aux énergies renouvelables, le virage technico-économique aura été définitivement perdu pour notre région, et nous aurons alors seulement les charges à assumer sans pouvoir profiter des aspects positifs. Bref, évitons de ressembler par trop à Exxon &Co et tournons-nous vers l’avenir!

Laurent-David JOSPIN

Post-scriptum : lors du démarrage de la rédaction du présent post il y a une semaine précisément, comme mentionné dans le texte je n’avais trouvé aucune analyse similaire ou parallèle. Toutefois, un ami vient de m’indiquer un article paru ce dimanche matin même sur le site de la NZZ complètement dans la cible de ma réflexion. Pour ceux qui apprécient la langue de Goethe, je vous le recommande (ici), il mérite votre attention.

Sources :
Risque carbone : première étude concernant la place financière suisse, OFEV, 29 septembre 2015, https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-59285.html
EXXON : The Road Not Taken, Exxon’s Own Research Confirmed Fossil Fuels’ Role in Global Warming Decades Ago, Inside climate news, 16 septembre 2015, http://insideclimatenews.org/content/Exxon-The-Road-Not-Taken
Convention-cadre sur les changements climatiques, Adoption de l’Accord de Paris, Nations-Unies, 12 décembre 2015, lien
Courrier d’accompagnement de la pétition envoyé aux autorités neuchâteloises, texte ici

Marche pour le climat, nous y étions!

Il ne faisait pas particulièrement beau à Neuchâtel ce dimanche 29 novembre. Des rafales de vent bien fraîches et très humides, pas vraiment de la pluie mais pas si loin non plus, balayaient avec rage le quai Osterwalder, certainement un temps à rester chez soi. Alors que nous rejoignions avec une partie de ma famille la fameuse église rouge lieu du rassemblement de la marche destinée à faire pression sur nos gouvernants, une pensée traversa mon esprit disant que, vu les conditions, si nous étions effectivement les 400 personnes espérées par les organisateurs, on pourrait légitimement en conclure que la prise de conscience commençait à percer auprès de Madame et Monsieur tout le monde. En toute sincérité, le lac déchaîné me laissait craindre une demi réussite ou demi échec selon le point de vue.

Le moral d’une de mes accompagnatrices serait-il défaillant?

En nous rapprochant du départ, une franche note d’optimisme vint réchauffer nos pensées à défaut de nos corps. C’est sûr les 400 personnes devaient forcément être bien présentes.

Finalement le cortège s’est mis en mouvement. Une petite pirouette pour repasser devant le lac, longer les jeunes rives, traverser le port, longer à nouveau le quai Osterwalder pas plus chaud qu’avant mais nettement plus animé, et enfin emprunter le sous-voie pour une arrivée en force sur la place des halles.

Pas le moindre doute, nous étions largement plus nombreux qu’attendu. Le temps pour la foule de reprendre un peu de courage et hop on attaque la montée au Château.

A l’arrivée les organisateurs avaient prévu une fresque composée de dizaines de dessins réalisés par des enfants dont notre petit David.

Avec un résultat final plein de force et d’espoir.

L’estimation transmise par les organisateurs de la marche nous a été communiquée à hauteur d’un gros millier de participants. Au vu de la “photo-finish” cela semble bien crédible.

Tout cela pour vous informer que la lettre pétition de mon post précédent sera transmise en fin de semaine aux autorités ou au pire lundi prochain. Si vous avez encore la possibilité de transmettre quelques signatures, elles seront accueillies avec joie.

Laurent-David JOSPIN

Les mots n’arrêtent pas les maux!! Des actes maintenant!!

L’hypocrisie m’exaspère au plus haut point. Alors voilà, quand j’ai découvert par les médias que le Grand Conseil Neuchâtelois soutenait publiquement la marche pour le climat du 29 novembre, des sentiments bien contrastés se sont réveillés en moi.

Pour tout ceux dont l’engagement est sincère, je vous encourage donc à signer et faire signer la lettre que j’entends adresser à nos autorités. Vous trouvez tout le nécessaire à la fin du post. D’avance merci pour votre collaboration précieuse.
Laurent-David JOSPIN

PS : le mode de fonctionnement choisi permet à tout un chacun  de signer, suisse, étranger, … La seule chose qui compte pour que notre message soit entendu : le relayer le plus vite possible et en masse.

Texte du courrier :

A l’attention des autorités neuchâteloises

Madame et Messieurs les Conseillers d’État, Mesdames et Messieurs les Députés de la République et Canton de Neuchâtel,

Récemment les médias nous ont appris que le Grand Conseil Neuchâtelois avait décidé de soutenir la marche pour le climat prévue le 29 novembre prochain à Neuchâtel.

On ne peut, bien évidemment, que se réjouir de cette décision pleine de bon sens. Toutefois, elle soulève également des questions fortement dérangeantes, qui appellent à un éclaircissement urgent.

En effet, en avril 2011 déjà, les Verts neuchâtelois déposaient un projet de loi visant d’une part à faciliter la pose de panneaux solaires et d’autre part la pose d’isolation périphérique sur les bâtiments existant. Les deux mesures préconisées appartiennent aux solutions les plus efficaces pour obtenir rapidement une contribution déterminante à la diminution de consommation d’énergie fossile, elle-même responsable du grave dérèglement climatique faisant peser une menace d’une ampleur encore jamais vue sur le futur de l’humanité.

On peut mentionner que ce projet de loi correspondaient assez précisément à l’image reflété dans le sondage réalisé à l’automne 2010 dans le cadre des états généraux de l’énergie commandité par le Conseil d’État de l’époque où par exemple 79 % des sondés se déclaraient favorables à un très fort développement de l’énergie solaire.

Plus proche de nous, les Vert’libéraux déposaient plusieurs motions en novembre 2013 se concentrant sur les questions des panneaux solaires et se recoupant partiellement avec le projet de loi des Verts de 2011.

Il semble utile ici de  rappeler que la marche prévue le dimanche 29 novembre est organisée dans le contexte de la COP21 se tenant à Paris avec un objectif avoué, via des milliers de marches similaires à travers le monde, de faire pression sur les gouvernements afin que des mesures plus, voir tout simplement réellement, efficaces soient prises dans les plus brefs délais, si ce n’est de toute urgence, pour éviter les conséquences les plus dramatiques.

Tout récemment encore,le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale de la Météorologie, et enfin l’ONU ont tous émis des appels solennels sur  l’urgence d’agir ainsi que sur  le risque de plus en plus matériel de passer des seuils de non-retour.

Or que constate-t-on dans les faits pour le Canton de Neuchâtel :
– les diverses actions entreprises mentionnées ci-dessus n’ont pu aboutir, ralenties qu’elles l’ont été par des préavis négatifs du Conseil d’État, des enlisements en commission, ou encore des majorités de circonstances s’opposant pour des prétextes futiles.
– Concrètement le Canton de Neuchâtel est le mauvais élève d’un pays lui-même globalement à la traîne en Europe.
-  Les conditions imposées à de nombreux projets rendent ceux-ci irréalistes aussi bien sur les plans économiques qu’environnementaux, conduisant à ce que le tableau global aille vers le mauvais plutôt que de s’améliorer. En clair, malgré l’urgence démontrée, notre retard dans ce domaine s’accroît.
- Récemment encore l’introduction de la nouvelle LAT aurait dû conduire à un changement d’attitude complet, et trop souvent encore la pratique montre tristement une attitude de blocage, ou de refus, voir même encore de simple déni.

On pourrait bien sûr parler ici de double langage voir d’hypocrisie.

Toutefois dans une optique optimiste, nous choisirons de croire qu’un vent de prise de conscience vient de se lever et a soufflé sur nos plus hautes autorités cantonales et que dès lors :

Vous vous engagerez à donner une issue positive aux projet de loi et motions mentionnés au début de la présente sans plus aucune mesure dilatoire.

Vous prendrez toutes les mesures complémentaires encore nécessaires pour que notre Canton se conforme au cadre permettant d’espérer rester dans la fourchette des 2°C sans délai.

Vous enjoindrez aux diverses Communes ayant rendu des décisions négatives dans tout projet des cinq dernières années permettant de contribuer utilement à l’objectif mentionné ci-dessus d’avertir spontanément les porteurs des dits projets que le nouveau climat politique leur permet de redéposer les projets concernés.

En un mot comme en cent : Prouvez-nous avoir changé ! Et si vous ne pouvez ou ne voulez le faire pour nous, alors faites le pour les enfants de ce canton, mais aussi de cette planète, qui aspirent à vivre dans un monde pouvant encore leur offrir un avenir digne !

Dans cet espoir, recevez, Madame et Messieurs les Conseillers d’État, Mesdames et Messieurs les Députés de la République et Canton de Neuchâtel, nos salutations respectueuses.

Lettre en format A3 + 24 signatures, à plier : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21%20VA3.pdf

Lettre en format A4 + 12 signatures : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21%20VA4.pdf

Page pour 12 signatures sans la lettre : http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/images/liste%20signatures%20lettre%20autorit%C3%A9s%20neuch%C3%A2teloises%20cop21.pdf

Merci de me transmettre les formules même partiellement remplies soit à mon adresse postale Laurent Jospin, Temple-Allemand 33, 2300 La Chaux-de-Fonds, soit sous forme scanné (avec une haute résolution merci d’avance) à mon adresse courriel apparaissant à la fin des deux courriers PDF ci-dessus.

Pause déjeuner! Une pizza culturelle vous tente?

Le mois écoulé ce blog a vu passer plus de 2700 visiteurs différents soit un record. Les élections fédérales doivent y être pour quelque chose assurément. La fatigue ressentie par le rédacteur en chef autoproclamé sans doute aussi!

Sur la page Facebook du site ( https://www.facebook.com/ouvrirlesyeux.ch/ ), et pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, un premier signe démontrant que j’avais survécu à ces élections est apparu le 27 octobre.

Commenter à chaud me semble très déraisonnable. De nombreux facteurs géo-politiques ont indiscutablement influencé la formation des opinions. Les moyens en présence, notamment l’argent, apportent aussi une part de lumière sur le tableau général. Toutefois, évitons de tomber dans les banalités et attendons d’avoir quelque chose de vraiment consistant à vous proposer pour envisager de se lancer dans de grandes théories.

Alors, pour garder le contact avec vous durant ces jours, je vous encourage à manger une excellente pizza au feu de bois tout en admirant les peintures exposées par mon fils au restaurant Le Cercle Italien de la Chaux-de-Fonds. Et pour vous mettre en appétit, l’invitation et deux exemples des tableaux présentés :

Ne vous inquiétez pas, le coup a été encaissé et l’envie d’escalader les barricades se manifeste déjà.

Ma prochaine action agendée de manière certaine consistera à déposer la répétition de la demande pour l’installation photovoltaïque de l’immeuble Temple-Allemand 33 à La Chaux-de-Fonds en se basant notamment sur la nouvelle LAT maintenant en vigueur. Notez en passant, qu’on ferme la boucle en faisant écho à cette publication sur Facebook dont je vous parlais au début de ce post.

J’espère donc pouvoir bientôt vous offrir quelque chose de substantiel à vous mettre sous la dent. En bref, une petite pause déjeuner et on repart …

Laurent-David JOSPIN

Votre mission si vous l’acceptez …

…  convaincre un parterre d’automobilistes qu’un tube de plus, objet de leurs désirs inavoués de vacanciers frustrés, n’apporte aucun avantage mais bien des désavantages!! C’est plus fort que moi, je dois aimer me lancer des défis absurdes et pourtant …..

Pour l’entrée en matière, on expliquera que les élections fédérales de cet automne ne représentent pas la fin de tout mais que la vie, politique notamment, continuera après.

Si vous avez manqué le dernier épisode, on vous remet vite dans le bain. En bref, les chambres fédérales ont décidé d’essayer le coup de force et d’imposer un 2ème tube au Gothard. Cette décision n’est pas anodine, car elle viole de manière évidente la volonté populaire exprimée lors de la votation sur l’initiative des alpes en 1994. Et puis voilà, la (méchante) population a décidé de ne pas faire confiance aux (braves) parlementaires mais d’imposer une votation. Bizarrement, le maximum de signatures en faveur du référendum ont été collectées dans les cantons censés profiter de ce 2ème tube comme le Tessin par exemple … Il doit certainement s’agir d’un malentendu!

Voilà si j’avais voulu me faciliter la vie, j’aurais pu développer n’importe quel argument vu le nombre à disposition, mais voilà j’avais vraiment envie d’ébranler ces impénitents fanatiques du bitume. Et comment atteindre le cœur de l’automobiliste endurci ???

Et bien à part l’augmentation du prix de l’essence, je ne vois que la menace de bouchons, plus de bouchons, des bouchons partout, bref nos pétillantes autoroutes subitement inbuvables car souffrant d’un affreux goût de BOUCHON!!
Honnêtement à ce moment de la présentation, vous voyez surtout des sourires en coin. Mais bon, ne désespérons pas! Sous ces carapaces de tôle aux reflets métallisés (triple couche, garanti contre la corrosion 6 ans ou 100’000 km …), il reste peut-être un peu d’humanité.

Remettons un peu notre public en face de la dure, très dure, réalité! Les bouchons, on connaît! Certains axes sont largement saturés et on ne prévoit pas vraiment que cela s’améliore. On pourrait à ce moment glisser subrepticement dans la conversation que finalement ces 3 milliards seraient mieux investis ailleurs, mais vade retro satana, nous voulons montrer que ce 2ème tube ne va pas résoudre des bouchons mais en générer, un point c’est tout!
On notera tout de même qu’une grande part du réseau sature bien davantage que le Gothard, comme ça à tout hasard.

Il est amusant de constater que plus ou moins les mêmes milieux qui nous rabâchent à longueur de campagne politique que la Suisse n’est pas une île, que nous dépendons de l’Europe, que que et encore que  …. semblent subitement l’oublier ici!
En effet, la Suisse n’est pas une île et nos voisins subissent actuellement une énorme tension suite à ces problèmes de surcharge de trafic marchandise. Des riverains se plaignent un peu partout, et oh scandale, on voit même ici ou là des actions de blocage, au Mont-Blanc par exemple … ach diese Franzosen so unseriös …

Il me semble que j’entends encore résonner dans mes oreilles les paroles d’un Conseiller Fédéral “Le secret bancaire n’est pas négociable!”. Notez qu’il avait raison finalement, il n’y a rien eu à négocier, on a simplement tout donné quand on nous l’a demandé!
Nous n’avons aucune inquiétude à nous faire! De brillants orateurs nous expliqueront que non ce n’est pas nous qui avons cédé face à l’Europe, mais qu’au contraire nous avons réussi à imposer la pleine utilisation des 2 tubes si chèrement payés (avec tout les dépassements cachés déjà prévus mais qui n’existent pas bien sûr officiellement). Car enfin c’est sûr notre but caché et sournois restait de réussir à vendre plus de vignettes autoroutières à nos voisins venant profiter de nos autoroutes. Il faut bien que nos imprimeurs vivent que diable.
Essayer de faire croire que l’utilisation partielle des tubes pourrait réellement s’imposer sans être remise en cause ne relève plus du mensonge mais franchement de l’escroquerie. Décidément, je n’ose me faire à l’idée que l’on nous prenne pour des …., mais je devrais peut-être.
Bref, si vous voulez vraiment le savoir en cas d’ouverture d’un 2ème tube, préparez-vous à un doublement du trafic poids lourds passant à travers notre pays, sans rien lui apporter réellement, mis à part quelques particules fines cancérigènes cela va de soit.

Faisons une petite pause et rappelons-nous ce que nous avons appris à l’école. La vox populi et les statistiques ne s’opposent pas : Trop et trop peu gâtent tous les jeux! Mathématiquement parlant, on évoque une courbe en forme de cloche dite courbe de Gauss.
Prenez le cas d’un agriculteur qui découvrirait les engrais. Il en met un peu, son rendement augmente un peu. Il en rajoute, la production continue à augmenter. Et voilà subitement, s’il continue sur cette tendance à un moment donné, la production tombe à zéro, car l’excès a brûlé les champs.
Il en va de même pour le débit sur les routes qui suit la croissance du trafic jusqu’au moment où le seuil de saturation est atteint ou pire dépassé. Dès cet instant le “rendement” soit le nombre de voitures pouvant passer à l’heure diminue voir s’effondre lorsqu’on atteint le seuil du bouchon!

Or voilà  notre réseau étant proche  du seuil de saturation à de trop nombreux endroits, le supplément de poids lourds annoncé conduira à une explosion des bouchons majoritairement sur l’axe Bâle – Chiasso, mais également un peu partout, car le jeu des dominos autoroutiers conduit à ce qu’une difficulté récurrente localisée induit des effets jusqu’à 100 km de distance. (pas de cours de dynamique des flux ici, on verra cela une autre fois)
Et oui, définitivement oui, ce deuxième tube ne permettra en réalité à personne de gagner quoique ce soit en terme de confort de conduite, mais nous serons bien tous perdants! Et nous ne parlons toujours pas de l’argent qui manquera pour des projets bien plus justifiés.
Prenons un exemple bien concret : la ville du Locle souffre d’un trafic pendulaire de frontalier qui la congestionne tout les matins et fin d’après-midi. L’ouverture d’un 2ème tube au Gothard conduira même ici à augmenter le trafic de camions provenant de la Franche Comté proche  et régions directement avoisinantes cherchant à rejoindre l’Italie.
Bref et pour le dire courtement : un magnifique autogoal.

Même les automobilistes, dont j’avoue faire partie comme la majorité de la population, ont un intérêt réel à dire NON à ce projet erroné et ne servant que les intérêts des constructeurs de bitume.

Petite touche d’encouragement : j’ai eu déjà deux fois l’occasion de faire ma présentation à des publics bien différents. Que les défenseurs de l’environnement se rassurent, lorsqu’on leur explique clairement les choses, nos concitoyens font le bon choix!

Laurent-David JOSPIN

PS : il s’agit d’une présentation courte pensée pour une petite dizaine de minutes de conférence centrée sur un seul argument. Je reste bien volontiers à disposition pour faire des présentations plus larges et plus fouillées, voir participer à des débats sur le sujet (qui me tient à cœur vous l’aurez peut-être remarqué autant comme automobiliste que comme défenseur de l’environnement).

Quand la Mère Patrie trahit ses enfants

Nous recevons si souvent des nouvelles comme quoi les personnes à l’étranger ont de la difficulté à ouvrir ou même simplement conserver un compte bancaire qu’une de plus ou de moins n’y change plus grand chose. Récemment encore, nous avons eu droit à une nouveauté : plus de carte de crédit pour les personnes à l’étranger auprès de Postfinance, y compris, et c’est là que cela se corse, pour nos compatriotes à l’étranger.

Et pourtant ces dites personnes à l’étranger appartiennent pour la grande majorité à la catégorie des honnêtes citoyens suisses respectueux des lois, qui aimeraient bien pouvoir vivre comme tout un chacun!

Peut-on considérer comme acceptable qu’un suisse de l’étranger ne puisse plus avoir de carte de crédit auprès de Postfinance, qui soit-dit en passant bénéficie d’un soutien étatique certes indirect mais bien réel de part les missions de service public attribuées à la Poste?

Image d’illustration du communiqué de la TSR

Dans cette discussion, on oppose souvent l’aspect moral (malheureusement oui, c’est pas juste!) aux cotés pratiques et financiers (mais c’est nécessaire pour nos banques et notre économie).

Et bien je me permettrai de penser que ce calcul est profondément faux et risque bien de nous coûter très cher à moyen terme! Les Suisses de l’étranger représentent notre première force de représentation face au concert des nations  d’une manière générale. Mais plus précisément encore, un nombre important d’entre-eux appartiennent à la catégorie des expatriés pour raisons professionnelles. En clair et en français, ils défendent les intérêts de nos entreprises à l’étranger et leur travail garantit nos places de travail orientées exportation ici en Suisse.

La trahison que nous leur faisons vivre en les empêchant d’avoir d’accès à des services de base nécessaires voir parfois indispensables pour garantir leur lien avec le pays laissera inévitablement des traces. Et comme l’élastique que l’on tend  et tend encore, lorsque le point de rupture est dépassé, il apparaît subitement un dommage dont tout le monde fait semblant d’être surpris. Maman mon élastique est tout cassééééé! Tu aurais dû être plus soigneux! Il est bon pour la poubelle mon chéri!

Aujourd’hui nous sacrifions l’important au profit de l’urgent. Nous favorisons le court terme au détriment du long terme. La prospérité dont nous bénéficions à l’instant ne s’est pas bâtie sur ce genre de valeur. Bien au contraire, notre histoire regorge de précurseurs voir carrément d’aventuriers qui ont pris des risques pour permettre à la collectivité d’avancer.

Si les règles mises en place dans le domaine financier ne permettent plus à, encore une fois, des honnêtes citoyens de garder un lien économique normal avec leur propre pays, alors ces règles sont mauvaises, et ils est d’urgent de réfléchir à les corriger voir les abolir le cas échéant. Blaise Pascal affirmait “qui fait l’ange fait la bête“, il ne semble pas usurpé du tout de continuer “qui fait le paradis, fait l’enfer”!

Le problème que nous avons avec nos expatriés n’en est qu’une manifestation parmi d’autre, mais si nous continuons à nous crisper sur une position générale ultra défensive, nous préparons une longue glissade qui s’annonce bien douloureuse et surtout difficilement arrêtable une fois entamée.

Les vicissitudes que nous faisons vivre à nos concitoyens expatriés appartiennent clairement à la catégorie des injustices, mais c’est aussi en premier lieu un affaiblissement de notre pays.

La Mère Patrie trahissant ses enfants ne devra pas s’étonner lorsqu’ils s’éloigneront d’elle!

Laurent Jospin

Référence :
Article web TSR :   http://www.rts.ch/info/economie/6949634-postfinance-abolit-les-cartes-de-credit-pour-ses-clients-a-l-etranger.html

Mauvaise gestion du franc fort, double peine pour la population

Depuis août 2011, et oui le temps passe vite, une idée fixe semble diriger toutes les réflexions et décisions aussi bien de nos élus que de la population : ce fameux franc fort apparemment responsable de tous les maux réels ou imaginaires de notre pays.

Subissant de fortes pressions politiques, montrant ici les limites de son indépendance telle que souhaitée par notre constitution, la Banque Nationale Suisse BNS s’est décidée le 6 septembre 2011 à instaurer un taux plancher de CHF 1.2 pour 1 EUR.

Maintenir ce taux plancher a obligé la BNS à acquérir des quantités toujours plus importantes d’EUR faisant monter le stock d’EUR au bilan à un total comparable au PIB national!! Lorsqu’il est apparu (janvier 2015) que la Banque Centrale Européenne BCE risquait de prendre des mesures extrêmes de rachat de créances étatiques douteuses pour garantir essentiellement une paix sociale minimale, et donc partant d’affaiblir de manière encore plus forte, potentiellement incontrôlée, la monnaie européenne, la BNS a pris peur (à juste titre sans doute) et a découplé le CHF de l’EUR provoquant une envolée de notre monnaie nationale qui s’est approchée de la parité.

Il est d’ailleurs vraisemblable que le taux actuel, aux environ de 1.05 CHF pour 1 EUR ne tient que grâce à une autre mesure non conventionnelle, soit le taux négatif sur les avoirs en compte courant dépassant une somme x, qui lui provoque un autre dommage collatéral auprès de nos caisses de retraite. En clair, ce taux négatif n’est pas assez négatif pour conduire à un taux de change satisfaisant pour l’économie (on entend parler de 1.2 auprès du patronat et carrément de 1.4 auprès de certains syndicats), mais déjà trop pour qu’il ne provoque pas une insuffisance de rendement de notre système de prévoyance vieillesse pouvant potentiellement conduire à un atterrissage brutal de notre politique des 3 piliers.

Alors qu’il y aurait eu bien mieux à faire!

Ne lutte pas contre les courants Petit! Utilise-les plutôt! disait Archimède au futur Prince Arthur. (voir Merlin l’enchanteur en dessin animé pour ceux que cela intéresse)

Il est bon ici de rappeler quelques principes de la création monétaire. La majorité de la population croit encore qu’il y a une couverture ou contre-valeur physique pour justifier l’existence de notre monnaie. On pense par exemple à la fameuse couverture or historique. Dans les faits, cela est majoritairement faux, on parle de monnaie fiduciaire soit une monnaie qui existe essentiellement sur la confiance (fiducie en latin signifie bien confiance). Dès lors, pour le dire de manière simplifiée, un billet de CHF 100.– ou un avoir à la banque du même montant ne représentent essentiellement qu’une reconnaissance de dette. La BNS n’existant que par la volonté populaire d’un instant donné et figée dans notre constitution, les ultimes garants des reconnaissances de dette émises, c’est bien nous les citoyens lambda.

L’argent émis par la BNS appartient au final à la population, et cela ne serait que simple justice que cet argent travaille pour le peuple au lieu de lui créer un fardeau supplémentaire. Par ailleurs, l’argent émis étant une reconnaissance de dette, il est fondamental de s’assurer qu’une contre-valeur productive existe pour couvrir à la fois la nécessité d’honorer un jour la dette et le risque lié. Si vous achetez un bien tangible comme un immeuble, il vous sera (très relativement) facile d’emprunter une somme conséquente auprès d’une banque, alors que si vous demandez le même emprunt sans actif tangible à mettre en garantie, cela deviendra simplement impossible. Cette même logique devrait ici être retournée pour dire que si pour des raisons x ou y, il est impératif d’émettre des francs suisses supplémentaires, la contre-valeur doit être investie en faveur de la population. En bon français, cela s’appelle un Fonds Souverain, Citation article Wikipédia Fonds Monétaire International : ” … leur politique d’investissement vise à atteindre des objectifs macroéconomiques précis … “.

La mesure du taux plancher via l’achat massif d’EUR était une mesure acceptable, peut-être la seule possible pour une première mesure d’urgence, toutefois pour être viable à long terme, elle devait obligatoirement être accompagnée d’une mesure complémentaire permettant de générer un flux financier positif. L’objectif macroéconomique précis de la citation ci-dessus est donc bien de mettre le pays dans une situation où ses exportations restent financièrement viables. Le flux financier positif permet lui de couvrir le risque et qui sait de générer un excédent au bénéfice de tous ??

La vraie question n’est pas de savoir s’il faut ou ne faut pas mettre en place un tel mécanisme, mais plutôt de savoir comment. Dans une vision solide, sous-entendu durable notamment, les clefs tournent autour des points suivants :
- Ne pas se limiter à acquérir une seule monnaie (des EUR ici) mais répartir les achats sur une multitude de monnaies et zones économiques différentes (Yuan chinois, Real brésilien, Yen japonais, $ australien, … sont par exemple tous des candidats valables pour recevoir une partie de la fortune du Fonds)
- privilégier les investissements dans des actifs tangibles correspondant à des besoins essentiels durables (énergie (renouvelable de préférence), infrastructures, agro-alimentaire (penser à profiter de faire passer nos acquisitions sous nos normes environnementales – la planète en profitera), entreprises à hauts standards éthiques, un peu d’immobilier bien sûr, …)
- appliquer les stratégies de la gestion prudentielle voulant qu’un maximum de 1%  (voire moins selon l’importance de la masse sous gestion) de la fortune du Fonds soit investi sur un même actif et risque
- découpler la gestion du Fonds de la politique, le parlement ne devant être ici qu’un organe de surveillance, mais la gestion du Fonds mandatée à une institution indépendante sur un modèle assez similaire de celui la BNS

En bref, la politique du Fonds Souverain norvégien s’approche assez de cet idéal, alors que celle du Fonds Qatari représente le quasi exact opposé. Il transparaît ici le fait que la volonté norvégienne est bien de préserver des revenus pour les générations futures, alors que le Qatar cherche entre autres à exporter sa doctrine religieuse.

Le Fonds norvégien “Government Pension Fund Global” GPFG a atteint en 2014 une performance de 7.58% pour une taille de bilan légèrement supérieure à 700 milliards de US$.

Dans le cas qui nous occupe, le bilan de la BNS présentait à fin avril 2015 une position en monnaie étrangère d’un peu plus de 500 milliards de CHF. Nous savons, par l’expérience vécue, que ce montant ne suffit pas pour atteindre le taux de change souhaité proche de 1.2. Par ailleurs, comme la création d’un Fonds Souverain aurait vraisemblablement tendance à apprécier quelque peu la perception de notre monnaie par les investisseurs mondiaux en mal de sécurité, il ne semble pas du tout hors de proportion d’imaginer de devoir inonder le marché du double de ce chiffre pour obtenir un résultat s’approchant du but désiré.

Calculons un peu, juste pour se donner une idée! Soit un Fonds Souverain Suisse doté d’un capital de 1000 milliards, qui n’ont coûté que la volonté de les créer rappelons-le, devrait un atteindre un rendement net d’au minimum 3%, au vu des résultats du GPFG et du fait que nous affirmons disposer en Suisse des meilleures compétences de gestion de fortune au monde. Et bien 3% de 1000 milliards générerait 30 milliards de revenus au profit de la population. Si on imagine restituer cette somme en 3 tranches au Peuple, cela pourrait donner :
- 10 milliards sur nos primes d’assurances maladies, soit en chiffres ronds une diminution d’un tiers, concrètement une prime mensuelle de CHF 450.– se raboterait jusqu’à CHF 300.–.
-10 milliards en allégement de TVA, conduirait à baisser le taux effectif à quelque chose comme 4.1% au lieu des 8% actuels.
- 10 milliards sur l’AVS résoudrait son problème de financement et lui permettrait de reconstituer des réserves  rapidement, et permettrait sans doute même de pouvoir baisser les prélèvements paritaires.

Ceci n’est qu’un scénario parmi de très nombreuses possibilités. Mais quelle que soit la variante retenue, il y a encore une très belle cerise sur le gâteau à savoir qu’une telle stratégie apporterait encore des effets indirects via le stimulus économique généré par :
- une diminution des primes LAMAL contribuerait certainement à une relance de la consommation intérieure,
- une TVA plus basse permettrait à nos entreprises de sauver de la rentabilité à prix finaux nets égaux pour les consommateurs,
- solutionner le problème de l’AVS, c’est aussi protéger le coût du travail en Suisse évitant de lui faire perdre toute compétitivité internationale
- et enfin affaiblir durablement notre monnaie sur les marchés internationaux rend nos produits d’exportation naturellement plus compétitifs.

On peut bien sûr s’interroger sur les risques éventuels d’une telle démarche. Si nous voulions résumer la question sans trop épiloguer, nous pourrions la comparer  à la situation d’un automobiliste qui, voyant un obstacle imprévu devant lui, envisage de ne pas freiner de peur de sortir de la route préférant s’écraser contre le-dit obstacle! Si nous n’agissons pas contre la sur-évaluation de notre monnaie nationale, une chose demeure certaine à terme : une péjoration de nos conditions économiques avec une hausse sensible du chômage.

Les risques d’un tel projet de Fonds Souverain peuvent être catalogués en deux catégories principales soit premièrement les implications au niveau de la création monétaire, ainsi que les risques liés à la gestion d’un Fonds d’investissement.

On pourrait imaginer dans un premier temps que les liquidités fournies au Fonds Souverain, même si émises progressivement, conduisent à un effondrement plus fort que souhaité de notre monnaie nationale. Le Fonds Souverain apporte lui-même la réponse à cette inquiétude! Puisque les investissements réalisés à partir du CHF mais investis dans des monnaies étrangères verraient leur contre-valeur en CHF augmenter mécaniquement, ils permettraient ainsi de rendre à la BNS la somme non seulement sans perte mais avec un profit proportionnel à la chute imaginée du CHF. Exemple : la BNS fournit 100 milliards à notre Fonds Souverain national. Celui-ci investit cette somme selon les règles décrites ci-plus haut. Le CHF perd la moitié de sa valeur, et donc la revente de la moitié seulement des investissements réalisés permet au Fonds de restituer à la BNS ce montant de 100 milliards pour annulation tout en conservant un profit substantiel au nom et pour le compte de la population helvétique.

On peut aussi bâtir le scénario inverse. Les marchés trouvant à ce point si fantastique notre concept, ils décident de se ruer littéralement sur notre monnaie nationale la propulsant à des hauteurs stratosphériques. Un tel déroulement me semble sortir de toute crédibilité. Toutefois, les marchés pouvant réagir de manière quelque fois si irrationnelle, on peut également répondre à cette interrogation. Si notre bon vieux franc suisse national venait à s’apprécier encore, et bien tout simplement nous pourrions répéter l’opération autant de fois que nécessaire, la fortune de notre Fonds Souverain augmentant de même que les revenus qu’il génère. En poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde, on pourrait imaginer que les revenus du Fonds soient devenus tels qu’ils suffisent à assurer la prospérité économique de notre pays. Et si les marchés redevenus subitement sensés sortaient brutalement de notre monnaie la faisant s’effondrer, la réponse resterait celle du paragraphe ci-dessus conduisant simplement à un profit résiduel toujours plus important que les marchés seraient allés dans l’excès.

Enfin au niveau du Fonds lui-même, il resterait le risque d’une mauvaise gestion. La première réponse qui me vient à l’esprit : Nous autres suisses affirmons à la planète entière que nous disposons des meilleurs gestionnaires de fortune du monde. Si cela est vrai, nous devrions donc être capable de faire aussi bien que le GPFG norvégien. Ceci étant rappelé, la proposition apportée dans ces quelques lignes décrit bien une gestion prudentielle dans des classes d’actifs tangibles, et par définition peu spéculatifs, avec une répartition des risques poussée à son maximum. Cette façon de procéder garantit au maximum du possible une sécurité et stabilité de la masse sous gestion investie et la vraie question à se poser reste celle des risques que nous courrons si nous ne le faisons pas.

Au moment où j’ai démarré l’écriture de ces lignes (samedi 20 juin), la situation semblait se décanter sur le problème grec, mais personne n’arrive à en prévoir l’effet réel à prévoir sur la monnaie européenne. Dans un interview sur Forum du dimanche soir du 21 juin 2015, le banquier privé Michel Juvet (http://www.rts.ch/audio/la-1ere/programmes/forum/6863711-les-differents-scenarios-envisageables-pour-l-avenir-de-la-grece-21-06-2015.html) soulignait que quand on s’attendait à une crise grecque se finissant mal, l’EUR se renforçait! On peut penser que les marchés considéraient qu’une Europe sans la Grèce était peut-être plus crédible qu’avec et tant pis pour la casse. Dès lors bien malin qui peut prédire ce qui va réellement se passer et il n’est pas idiot d’envisager qu’un accord minimal dans le cadre de ce problème puisse être mal accepté par les marchés, même si accord il y a. De plus, au moment, où je les termine ces fameuses lignes la situation s’est brutalement empirée avec des risques que l’on arrive mal à estimer. Une zone Euro sans Grèce pourrait certes se révéler plus solide, oui, mais si la sortie se passe mal ???  Bien malin qui pourrait exclure de manière certaine un risque systémique!

Par ailleurs, mes lecteurs seront amusés de découvrir que durant le même dimanche soir, où l’on nous a rabâché les points de vues déjà bien connus des uns et des autres sur le problème grec, on a également parlé de notre BNS et de sa politique d’investissement. (voir : http://www.rts.ch/audio/la-1ere/programmes/forum/6883488-faut-il-des-regles-ethiques-pour-les-investissements-de-la-bns-28-06-2015.html ). Le débat entre MM. Feller et Nordmann montre clairement que
- la BNS réalise déjà des investissements à la manière d’un Fonds souverain, mais sans avoir une mission claire ici,
- que la question de l’indépendance de la BNS soulevé par M. Feller pourrait à terme devenir un vrai problème, alors que l’instauration d’un Fonds souverain national indépendant à la fois de notre BNS et de notre parlement garantirait au mieux que la BNS reste réellement indépendante alors que dans le cas contraire les velléités de prise de contrôle politique total ou partiel risquent de devenir difficiles à contenir,
- que les problèmes d’éthiques et durabilités des investissements réalisés au nom du Peuple Suisse mentionnés par M. Nordmann seraient également au mieux traités par la création d’un Fonds souverain avec une mission (cahier des charges) clairement définie par le législateur.

Et pour élever un peu notre point de vue, j’aimerais attirer l’attention de mes chers lecteurs sur un grand pays agissant de manière similaire bien qu’avec des principes infiniment moins responsables (vertueux!) que ceux proposés ici. Ce grand pays finance son déficit structurel en émettant de la monnaie (de singe?) à tire-larigot depuis des dizaines d’années. Les liquidités ainsi créées ne sont pas investies de manière durable (même si les billets sont verts) mais au contraire dépensée dans une politique mondiale aventureuse et pourtant le système perdure depuis des années sans difficulté majeure. Au contraire, l’affaiblissement de la monnaie nationale est vécu comme une chance permettant de renforcer l’industrie d’exportation. La politique infiniment plus vertueuse proposée ici nous offre des perspectives d’avenir sans comparaison.

Priver notre population de “l’opportunité franc fort”  et des profits que l’on pourrait en tirer, conduit aussi à lui faire subir toute une série de désagréments économiques sévères. La double peine est ici une évidence.

Laurent-David Jospin

Sources:
Government Pension Fund Global : https://www.regjeringen.no/en/topics/the-economy/the-government-pension-fund/government-pension-fund-global-gpfg/fund-performance/id696854/
Banque Nationale Suisse : http://www.snb.ch/ext/stats/balsnb/pdf/defr/A3_1_Waehrungsreserven_der_CH.pdf
Site de la TSR : http://www.rts.ch/info/economie/6880174-l-appreciation-du-franc-est-la-rancon-du-succes-de-la-suisse.html
et celles citées dans le texte directement

Si je devais n’en signer qu’une, cela serait celle-là!

Voilà très exceptionnellement sur ce blog, je vais me permettre de vous demander de signer une pétition. Bon me direz-vous quel peut-être ce sujet si important qu’une des règles non dites de ce blog soit violée?

Allons droit au but, si la société xyz vous annonçait qu’elle vient de déposer un brevet sur un mélange composé d’oxygène, d’azote, un peu de CO2 (trop! beaucoup trop!!), et quelques autres gaz rares, qu’à partir de maintenant cela portera le nom d’air ambiant, et que le fait de respirer ce produit tout à fait révolutionnaire vous rend redevable de royalties auprès de xyz, vous hurleriez, avec raison d’ailleurs, au spoliateur, voir à l’assassin, toujours avec raison puisque celui qui ne peut payer doit cesser de respirer!

Et bien, même si l’exemple ci-dessus vous semble tiré par les cheveux, c’est exactement de cela dont il s’agit, car breveter le vivant ne relève pas d’une autre logique. Toutes les explications alambiquées que l’on vous produira pour justifier une soi-disant plus value ne servent qu’à noyer le poisson et ne possèdent aucune justification réelle. En physique lorsqu’un système mécanique devient trop complexe pour pouvoir être résolu avec les équations simple ou de bas niveau comme F=MA, on élève notre point d’observation et on considère l’énergie globalement du système.

Et bien, on peut faire la même chose ici : personne ne devrait être assez naïf pour croire que nos vendeurs d’ OGM et autres velléitaires de la captation du vivant à leur seul profit ont pour but l’enrichissement de l’humanité! Non, ils veulent s’enrichir eux, et si possible nous mettre dans une situation de dépendance totale.

Si vous avez encore le moindre doute à ce sujet, je vous encourage à regarder un extrait d’une ancienne émission sur le coton OGM, à trouver ici : http://www.rts.ch/play/tv/mise-au-point/video/mauvais-coton?id=4477031

C’est pas long et vraiment très instructif! Et alors vous vous accorderez avec moi pour dire que le terme d’assassin n’est pas usurpé.

Vraiment, j’aimerais vous convaincre de prendre la petite minute nécessaire à signer cette pétition demandant aux autorités européennes de renoncer à toute législation qui permettrait de breveter le vivant et en particuliers de ne pas accorder à Monsanto une nouvelle série de brevets allant dans cette direction : https://no-patents-on-seeds.org/fr/activites-recentes/signez-maintenant

Les générations futures nous en seront reconnaissantes.

Laurent-David JOSPIN

Vert ou Libéral ? Quand c’est Monsanto qui tranche la question …

Essayons de brosser un peu le tableau, je me trouve à Genève entre deux rendez-vous professionnels et prends une petite pause dans un café tout proche de la gare et voici ma première surprise de la journée : “ Bonjour, excusez-moi vous ne seriez pas par hasard Laurent Jospin“. Un rapide coup d’œil sur mon passeport me permet de confirmer à l’inconnu que le hasard faisant parfois bien les choses, il apparaît que je serais bien un certain Laurent Jospin. Bon très honnêtement, j’avoue que la seconde d’après je n’avais pas l’air trop malin, car tout à fait par hasard toujours, la personne en question était un ami d’enfance de la lointaine époque où j’avais encore le temps de jouer aux échecs, et qui, lui à l’inverse, m’avait bien reconnu. Oups, on essayera de faire mieux la prochaine fois.

Pour essayer de me trouver des circonstances atténuantes, je signalerai tout de même qu’il avait eu l’occasion de me voir sur Canal9 lors de mon débat avec le conseiller national Jean-René Germanier et qu’ensuite il m’avait, l’outrecuidant, proprement googlisé sans même penser à me transmettre l’annonce préalable par recommandé avec accusé de réception que la décence minimale impose.
Bref, tout ça pour dire que nous avons passé un sacré bon moment à repasser des anecdotes de notre jeunesse, lorsque nous sommes arrivé à ZE QUESTION, “mais Laurent comment peux-tu être à la fois vert et libéral, n’est-ce pas contradictoire?“. La transparence m’oblige à vous dire que l’ami en question vote très à droite considérant que l’économie prime puisqu’elle est la source des financements nécessaires aux prestations étatiques. L’accusation suprême se dressait devant moi, tu fais semblant d’être libéral pour faire passer tes idées vertes. Vous noterez en passant qu’il s’agit ici d’une jolie première puisqu’on avait surtout, jusqu’à ce jour, accusé les vert’libéraux d’être des faux verts pour faire passer des idées libérales. Baste, soyons philosophe et consolons-nous en pensant qu’un coup à gauche suivi d’un coup à droite font une moyenne assez centrée.

Bien évidemment, le sujet ne représente vraiment plus aucun problème depuis le temps que l’on me la pose cette fameuse question, mais là j’ai eu envie de quitter le niveau théorique ou philosophique et aller dans le très concret.

Antoine, as-tu regardé l’émission de Temps Présent la semaine passée “Des OGM dans nos assiettes, de gré ou de force”?“. Non, Antoine ne l’avait pas regardée, alors profitant de la technologie moderne, je lui ai montré quelques passages choisis depuis mon smart-machin-truc, accompagnés d’explications complémentaires sur les perspectives à moyen terme. L’avantage d’avoir à la maison une épouse biologiste et un fils très prochainement ingénieur en sciences de l’environnement fait ici toute la différence.

Une Maman qui n’espère plus que la mort pour délivrer son enfant !!

Si vous vous trouvez sur mes pages, vous devriez logiquement être disposés à me croire, alors n’hésitez pas et croyez-moi sur parole et apprenez que quand j’estime qu’il y a à matraquer alors je matraque franchement et dans la bonne humeur.  Pauvre Antoine, il aura eu droit à toute la panoplie des conséquences actuelles et prévisibles. Antoine possède une formation universitaire de haut niveau et s’il n’a jamais pris le temps de s’intéresser à la biologie, il comprend vite et bien les tenants et aboutissants. Comme le pire est certain, et le pire du pire probable, son visage se défaisait au fur et à mesure que nous évoquions les conséquences sur la santé humaine, l’environnement, la capacité à nourrir les populations et donc les famines à prévoir, les guerres aussi, ….

Pour ce message, je n’aimerais pas trop détailler le glauque du glauque, mais on peut citer sommairement :
- augmentation des fausses couches et des naissances de bébé lourdement handicapés
- explosion du nombre des cancers
- augmentation des maladies dégénératives et auto-immunes comme l’alzheimer
- spirale inflationniste pour l’usage de produit de plus en plus toxique
- dans certaines régions du monde, l’usage des OGM conduit déjà à des vagues de suicide auprès des paysans
- destruction du substrat vivant des sols jusqu’à l’irréversible
- nous avons aussi évoqué le Vietman où comme mentionné sommairement dans l’émission les populations souffrent encore de l’usage de l’agent orange
- …

C’est à ce moment que nous avons repassé la séquence durant laquelle on voit la Maman de Diana chercher ses mots douloureusement pour essayer de dire qu’elle n’espérait plus que la mort pour son enfant. Prendre conscience qu’il ne s’agit que d’un prélude individuel à une tragédie s’annonçant collective devient simplement insupportable pour quiconque possède ne serait-ce qu’un embryon de cœur.

On parlait de concret au début de ce post. Concrete en anglais signifie béton, et bien à la fin de nos échanges  mon ami était à peu près aussi pâle que s’il avait frappé violemment sa tête contre un mur en béton. “Vois-tu, Antoine pour que le libéralisme fonctionne, il doit impérativement aller de pair avec une responsabilisation pleine et entière. Plus je suis libre, plus je dois assumer les conséquences de mes actes et choix“. Le nœud du problème est là, Monsanto exige, voire vole, une liberté sans limite pour elle, mais nie, voire s’arrange pour se soustraire à, devoir assumer les conséquences en découlant.

Le libéralisme réclamé par l’industrie agro-alimentaire notamment au travers de ces fameux accords TAFTA et autres similaires occultes n’est simplement pas du libéralisme. Vous pouvez le qualifier comme il vous plaira, il ne s’agira jamais de libéralisme mais bien d’une dictature, susceptible d’ailleurs de dépasser sur la durée en horreur globale les pires régimes sanguinaires que la Terre ait connu.

En réalité, un vrai libéral ayant compris la portée pleine et entière du mot libéral devrait adhérer à la vision verte, car il ne s’agit en fin de compte que de simple bon sens : ne jamais mettre en péril ce que je ne pourrais pas réparer.

Laurent David Jospin

Note 1 : pour une raison que j’ignore l’émission n’est plus visible sur le site de la TSR, toutefois vous pouvez la trouver sous http://www.dailymotion.com/video/x2mn4d4_des-ogm-dans-nos-assiettes-de-gre-ou-de-force-temps-present_news et si jamais elle disparaissait encore, il y a encore un autre moyen de la trouver, me demander le cas échéant.
Note 2 : Antoine n’est pas Antoine, il s’agit d’un prénom d’emprunt à la demande de l’intéressé qui, vu la fonction qu’il occupe, ne souhaite en aucun cas pouvoir être reconnu.

Après les souris fluorescentes, le porc transparent ….

Nous vivons une époque merveilleuse! Imaginez-vous cela, il n’y a pas si longtemps de cela des scientifiques taquins ont eu la géniale idée d’insérer de l’ADN de luciole dans le génome de souris pour créer des souris fluorescentes. Une enquête approfondie a démontré que le but ultime était de terroriser des pauvres dames la nuit également, car bien entendu on rigole nettement plus avec une personne grimpant sur une armoire en nuisette plutôt qu’habillée pour traverser l’Antarctique à pied pendant les long mois d’hiver.

Décidément nous ne serons jamais assez reconnaissant envers tout ces chercheurs porteurs du vrai progrès pour tous et surtout pour les maris frustrés. Le fait que cette avancée fondamentale provienne de nos chers voisins français, l’université de Limoge dans le cas d’espèce, ne doit certainement pas relever d’un pur hasard.

Quelque part, il doit avoir été écrit que l’histoire ne s’arrêterait pas en si bon chemin, car voyez-vous nous avons la chance de découvrir en grande première le porc transparent!! Et cette fois Cocoriko si j’ose dire n’ayant qu’une connaissance toute relative du cri d’un morceau de gruyère, car cette nouvelle découverte possède une paternité toute helvétique. Un petit “click” sur l’image ci-dessous et un nouvel onglet vous informera on ne peut plus clairement, mais seulement si vous avez la patience d’aller jusqu’au bout de ces quatre longues minutes de souffrance pure … et de revenir lire ici la vérité ultime …

 

Comme le disait si bien Coluche,  l’éminent critique de notre temps : “c’est nouveau ça vient de sortir, mais j’ai peur de changer de lessive ça pourrait devenir transparent” (tout à fait idéal soit dit en passant combiné avec la souris fluo-frankenstein et la nuisette ci-dessus). Par contre  dans le cas du porc, la question essentielle restant de savoir si c’est bon à manger, le test gustatif vous laissera peut-être pour les premières bouchées une forte envie de vomir. Mais à bien réfléchir c’est finalement pas si zinzin que ça, car l’avantage de ce porc transparent reste incontestablement sa transparence justement!!!

Un ragoût de Monsieur Xavier Henzenlin, engraissé aux petits fours selon ses propres déclarations, pourrait bien nous donner une méchante indigestion, mais au moins on ne pourra pas dire qu’on a pas été prévenu, non?

Laurent David Jospin

PS : un tout grand merci à l’équipe de 26 minutes, Continue the good job guys!

Réponse à Jacques Bourgeois: arrêtez de propager des mensonges!

Si on croit les opposants à TE-TVA, l’introduction de notre solution conduirait à une catastrophe économique majeure. Je le dis et le redis, cela ne peut être qu’une absurdité puisque la somme prélevée auprès de la population reste la même et qu’au surplus un allégement bureaucratique important permettra une stimulation importante de l’économie.

La réponse entendue est toujours la même : pour les autres peut-être, mais MON entreprise va souffrir ou mourir selon la virulence de l’intervenant.

Sous  http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/?p=738  vous trouvez une réponse claire et confirmée maintenant par plusieurs spécialistes de la branche pour les restaurateurs. Cela se passe de commentaires supplémentaires! Mais alors qu’en-est il des paysans suisses?

Lors de mon débat sur Radio Fribourg avec le Conseiller National Jacques Bourgeois, il a assez clairement insinué que notre initiative représentait quasiment la mort de notre petite agriculture. Je lui ai répondu qu’au contraire il s’agissait d’une opportunité exceptionnelle, et que nous publierions au courant de la semaine prochaine des chiffres clairs le démontrant. Son “j’aimerais bien voir cela” assez sarcastique trouve son juste écho ici! Car voyez-vous, je le confirme avec force pour notre paysannerie suisse, TE-TVA n’est rien de moins qu’un cadeau du ciel permettant d’alléger la souffrance réelle vécue par cette corporation (voir l’émission de Temps Présent “Paysan, une espèce en voie d’extinction” sur la RTS parlant des taux de suicides effarants frappant nos paysans).

En passant, ce post répond également au Conseiller National Jean-René Germanier qui annonçait une catastrophe pour les producteurs de fruits valaisans lors de notre débat sur canal9.

Nous avons collecté passablement de données comptables diverses sur la paysannerie de notre pays. Il en résulte que, du point de vue de notre initiative, on peut ranger ces exploitations en deux catégories différentes soit celles assujetties à la TVA et celles non-assujetties. Le cas le plus défavorable pour notre initiative concerne forcément celles non assujetties, car le volant de compensation de la TE se limite aux dépenses sans inclure la valeur ajoutée. Dans un souci de transparence maximale, nous n’examinerons bien évidemment que cette catégorie.

Si vous allez sur le site de Office Fédéral de la Statistique, vous trouvez un document intitulé “Résultats comptables des exploitations agricoles” qui couvre notamment les années 2003 à 2013. Dans la copie ci-dessous, vous trouvez quelques chiffres qui nous permettront d’y voir beaucoup plus clair, extrait pour 2013 :

Une exploitation agricole, c’est un travail harassant pour son propriétaire, levé très tôt, couché très tard, mais c’est aussi, en proportion du chiffre d’affaire, beaucoup, mais alors vraiment beaucoup d’achats divers. Et donc autant de TVA implicite à récupérer, ou pour être plus précis à ne pas payer puisque celle-ci ne sera plus en vigueur!
Dans l’exemple ci-dessus, nous constatons que cette exploitation moyenne doit acquérir pour son fonctionnement des biens ou prestations externes pour CHF 214’518.–/an. Cette somme inclut de la TVA, que cela soit explicitement ou implicitement, qui ne sera donc plus facturée ou intégrée dans les prix après l’acceptation de notre initiative. 8% de 214’518.– apporterait donc jusqu’à 17’161.– d’allégement pour compenser la nouvelle TE. Toutefois, nous allons admettre que certains prestataires ou certaines marchandises incluent une part de la TE introduite, et nous ne retiendrons que 80% de cette somme.  Il faut relever que cette façon de calculer défavorise clairement notre initiative, car la réalité se situera bien plus vers 90% qu’autre chose, mais soyons irréprochables jusqu’au bout, et donc retenons seulement CHF 13’729.–.

La famille exploitant le domaine récupère également de la TVA sur sa consommation personnelle. Un calcul exact ici relève de la gageure puisqu’il faudrait connaître ce que cette famille acquiert encore comme nourriture auprès des circuits usuels et donc frappés d’une TVA réduite, alors que d’autres aspects incluront eux une TVA à 8%. On voit dans l’exemple ci-dessus que la part du bénéfice dédié à la consommation de la famille s’élève à quelques CHF 80’600.–. Nous proposerons de dire, toujours dans une optique très conservatrice, que la dite famille ne récupère ici que 4% (moyenne entre le taux réduit à 2.5%, le taux normal de 8%, soit 5.25% de nouveau réduit d’un peu de plus de 20%) soit au final CHF 3’224.– à récupérer encore.

En conclusion, notre famille dispose d’un volant de compensation de presque CHF 17’000.–. Lors de notre débat avec le CN Jacques Bourgeois, j’ai effectivement accepté son affirmation de dire que la TE coûterait environ 15’000.– à une exploitation agricole donnée. Seule petite divergence pour ma part, les calculs concernaient alors une exploitation sensiblement plus grosse … Néanmoins, même si on en restait à cette affirmation, on constate déjà que l’agriculture ne peut pas être mise en danger par TE-TVA puisque nous voyons ici déjà un gain de CHF 2’000.–/an.

Toutefois, j’aimerais quand même soutenir ici jusqu’au bout mon affirmation initiale, à savoir qu’il s’agit d’une opportunité unique pour nos paysans d’améliorer leur condition.

Un ami ex-paysan, Laurent D., m’a indiqué que sur une moyenne de 10 ans, il avait consommé 85 litres de diesel/Ha, soit grosso modo CHF 140.– au cours actuel, mais il estimait que ce chiffre était sans doute en dessous de la moyenne et il n’incluait peut-être pas d’autres sources d’énergie. Selon les données de l’OFS la réalité se présente comme ceci :

Si on prend les chiffres globaux ci-dessus on constate un poste total au niveau Suisse de CHF 500’000’000.– (moyenne arrondie, vers le haut encore une fois, années 2013 et 2014) pour énergie et lubrifiants, rapporté aux 45’000 exploitations en activité avec une moyenne de donc 23.6 Ha, cela nous conduit à un montant total pour cette position de CHF 471.– /Ha (500’000’000.–/45’000/23.6). En admettant qu’une part d’énergie ne soit pas comprise ici dans les statistiques de l’OFS (ce qui ne devrait néanmoins pas être le cas!), et en transformant tout en kWh à 15 cts le kWh (énergie + transport énergie), nous arrivons dans le cas de notre famille type à globalement 74’104 kWh que nous arrondirons donc à 80’000 kWh. Multiplié par le taux de 13 cts/kWh, cela nous donne donc comme résultat final une TE de CHF 10’400.– très largement inférieure aux CHF 17’000.– calculés avant.

Toutefois, il ne s’agit toujours pas de la vérité essentielle, car, rappelons-le si nous l’avions oublié, les paysans possèdent ce privilège incroyable de pouvoir devenir des producteurs d’énergie verte de première importance, énergie qui, suite à l’acceptation de TE-TVA deviendra automatiquement compétitive et ce sans un lourd système bureaucratique de taxe + subvention.

Une exploitation agricole peut produire de l’énergie solaire (toiture des bâtiments), du biogaz (à relire le post sur la relation entre la méthanisation et la bio-diversité), et enfin de l’éolien petit ou grand selon les cas. Ce gisement peut représenter en valeur nette plus que le bénéfice de la production agricole elle-même si tout est mis en œuvre. Au minimum, il permet une diversification hautement profitable à nos paysans et ceci sans charger leurs horaires déjà à la limite du possible.

A titre personnel, je ne suis membre d’aucune organisation paysanne, mais j’ai plusieurs amis paysans et notre famille réalise une part de plus en plus importante d’achat direct auprès de producteurs locaux (70% de notre viande et 50% de nos légumes). Pour ceux de mes lecteurs présents depuis le début sur ce blog, vous savez bien l’importance que j’attache à une agriculture saine, durable, et autant que possible de proximité.

Tout ceci me force à m’interroger : comment se fait-il que les élites sensées défendre les intérêts de la paysannerie suisse soient à ce point dans l’erreur?  En tout cas, une chose demeure certaine : mes amis paysans défendent avec conviction TE-TVA!!

Laurent David Jospin

Fiscalité écologique : réponse à un inquiet vraiment très mal informé

Si vous parcourez la page facebook défendant l’initiative TE-TVA vous découvrirez le message d’un Monsieur Yves Métrailler, restaurateur de son état,  manifestement très inquiet des conséquences de  l’acceptation de TE-TVA sur son activité professionnelle. Ses divers messages se terminent par un direct et franc …droit dans le mur
Et bien, j’espère que les quelques lignes qui suivent lui parviendront d’une manière ou d’une autre, car voyez-vous Cher Monsieur vous vous tirez littéralement une balle dans  le pied et une grosse!

Reprenons tout cela bien tranquillement, en peu de mots Monsieur Métrailler a peur que la surcharge sur son essence, le gaz de son “piano” (cuisinière pour les pros), le mazout de son chauffage, et enfin l’électricité de tout le reste ne lui provoque une telle perte financière qu’il doive mettre la clef sous le paillasson.

Monsieur Métrailler fait peut-être 40’000 km par année (chiffre sensiblement plus élevé que la moyenne), en imaginant qu’il consomme 8 litres au 100 km, cela nous donne 3200 litres multipliés par la surcharge réelle attendue de 1.15/ltr CFH 3’680.–, que nous arrondirons à CHF 4’000.– dans un but de simplification.

Nous allons imaginer que le restaurant de Monsieur Métrailler marche assez fort et qu’il doive utiliser son “piano” jusqu’à 10h par jour à une puissance moyenne 5000W (c’est vraiment mettre la barre assez haut!) 6 jours sur 7 pendant 44 semaines par année, Il en découle une surcharge sur ce poste 10h * 5 kW * 6 j * 44 sem * 13 cts soit 1716.– que nous arrondirons à nouveau à CHF 2’000.–.

Nous ne connaissons pas le restaurant de Monsieur Métrailler mais en imaginant qu’il soit relativement important en taille et pas très bien isolé, nous pourrions imaginer qu’il consomme environ 10’000 litres de mazout par année et ainsi nous aurions une surcharge sur cette position de CHF 10’000.– en arrondi (1.–/lit de mazout).

Puis enfin, Monsieur Métrailler consomme de l’électricité pour son éclairage, un peu de musique d’ambiance, la machine à laver et autres. Nous retiendrons 20’000 kWh/an pour une surcharge de CHF 2’600.– sur cette position.

Bref tout compté et en arrondissant  encore une fois vers le haut, Monsieur Métrailler payera environ CHF 20’000.– de TE.

Oui mais il économisera sa TVA ! Et de quoi parle-t-on ici ?

Les chiffres qui suivent ont été contrôlés par un ami restaurateur et sont considérés comme cohérents avec ceux qui précèdent :

Monsieur Métrailler n’est peut-être pas sur le segment du luxe. Nous imaginerons que le prix moyen du couvert servi se situe à CHF 30.– (tout inclus boissons, café, entré, dessert, c’est plutôt modeste).

Il travaille donc 44 semaines de 6 jours avec sans doute 3 services pour un total de 150 couverts / jours (modeste au vu des consommations imaginées ci-avant). Le total des ventes s’élève donc à 150 couverts * 30 CHF * 6 jours * 44 semaines soit CHF 1’188’000.–. On estime que le coût d’achat des marchandises dans la restauration compte pour environ 30 %, ceci signifie que la valeur ajoutée créée par le restaurant de Monsieur Métrailler est de 70 % * 1’188’000 soit CHF 831’600.–.

Or la TVA sur CHF 831’600.– représente CHF 66’528.–, une économie très largement supérieure aux CHF 20’000.– de coût engendré par la TE!!!!!

Monsieur Métrailler, j’ai une bonne nouvelle pour vous : si l’initiative des vert’libéraux pour une taxe sur les énergies non renouvelables à la place de la TVA est acceptée, vous pourrez baisser vos prix de 4% au minimum tout en conservant intégralement votre marge bénéficiaire!! Et encore, j’ai été réellement très prudent dans les estimations (à la hausse quand cela était défavorable à l’initiative et à l’inverse à la baisse quand cela lui était favorable!)

Il me semble que votre corporation réclame à cor et à cri deux choses. Vous souhaitez un taux de TVA unique dans la restauration, et entre nous je vous comprend très bien, or TE-TVA vous apporte la solution en bonus gratuit! Vous estimez également que l’État doit soutenir les branches liées au tourisme pour les rendre plus compétitives face à l’étranger. A nouveau, vous obtenez cela gratuitement de notre initiative.

Gratuit? J’ai dit gratuit? Comme c’est gratuit de dire cela! Car, avec notre initiative, nous vous libérons en sus de l’obligation de remplir vos décomptes TVA, du risque de faire une erreur, et enfin de la lourdeur du contrôle tout les 5 ans !

Monsieur Métrailler, si votre commentaire sur notre page Facebook était sincère et pas une intoxication de politique-politicienne, je pense que vous devriez pouvoir vous engager à nos cotés pour gagner cette votation, n’est-ce-pas ?

Laurent David Jospin

La fiscalité écologique un combat qui en rappelle d’autres

Surprise, l’article sur lequel j’aimerais attirer votre attention n’est pas ici! Le blog Politeia a bien voulu publier ma réflexion sur le parallèle entre la dégringolade vécue dans le cadre du secret bancaire et la lutte pour l’introduction d’une fiscalité écologique.

Vous trouvez l’article en question ici : http://politeia.ch/2015/02/03/les-avantages-dune-taxe-sur-lenergie/

L’enjeu est d’importance, car pour la prospérité de notre pays introduire le concept maintenant de la fiscalité écologique, plutôt que plus tard ou trop tard,  fera toute la différence.

En vous souhaitant une bonne lecture, et pour ceux de mes lecteurs qui se sentent appelés à s’engager dans cette bataille, diffusez, relayez, reprenez, inspirez-vous …..

Laurent-David Jospin