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Si je devais n’en signer qu’une, cela serait celle-là!

Voilà très exceptionnellement sur ce blog, je vais me permettre de vous demander de signer une pétition. Bon me direz-vous quel peut-être ce sujet si important qu’une des règles non dites de ce blog soit violée?

Allons droit au but, si la société xyz vous annonçait qu’elle vient de déposer un brevet sur un mélange composé d’oxygène, d’azote, un peu de CO2 (trop! beaucoup trop!!), et quelques autres gaz rares, qu’à partir de maintenant cela portera le nom d’air ambiant, et que le fait de respirer ce produit tout à fait révolutionnaire vous rend redevable de royalties auprès de xyz, vous hurleriez, avec raison d’ailleurs, au spoliateur, voir à l’assassin, toujours avec raison puisque celui qui ne peut payer doit cesser de respirer!

Et bien, même si l’exemple ci-dessus vous semble tiré par les cheveux, c’est exactement de cela dont il s’agit, car breveter le vivant ne relève pas d’une autre logique. Toutes les explications alambiquées que l’on vous produira pour justifier une soi-disant plus value ne servent qu’à noyer le poisson et ne possèdent aucune justification réelle. En physique lorsqu’un système mécanique devient trop complexe pour pouvoir être résolu avec les équations simple ou de bas niveau comme F=MA, on élève notre point d’observation et on considère l’énergie globalement du système.

Et bien, on peut faire la même chose ici : personne ne devrait être assez naïf pour croire que nos vendeurs d’ OGM et autres velléitaires de la captation du vivant à leur seul profit ont pour but l’enrichissement de l’humanité! Non, ils veulent s’enrichir eux, et si possible nous mettre dans une situation de dépendance totale.

Si vous avez encore le moindre doute à ce sujet, je vous encourage à regarder un extrait d’une ancienne émission sur le coton OGM, à trouver ici : http://www.rts.ch/play/tv/mise-au-point/video/mauvais-coton?id=4477031

C’est pas long et vraiment très instructif! Et alors vous vous accorderez avec moi pour dire que le terme d’assassin n’est pas usurpé.

Vraiment, j’aimerais vous convaincre de prendre la petite minute nécessaire à signer cette pétition demandant aux autorités européennes de renoncer à toute législation qui permettrait de breveter le vivant et en particuliers de ne pas accorder à Monsanto une nouvelle série de brevets allant dans cette direction : https://no-patents-on-seeds.org/fr/activites-recentes/signez-maintenant

Les générations futures nous en seront reconnaissantes.

Laurent-David JOSPIN

Vert ou Libéral ? Quand c’est Monsanto qui tranche la question …

Essayons de brosser un peu le tableau, je me trouve à Genève entre deux rendez-vous professionnels et prends une petite pause dans un café tout proche de la gare et voici ma première surprise de la journée : “ Bonjour, excusez-moi vous ne seriez pas par hasard Laurent Jospin“. Un rapide coup d’œil sur mon passeport me permet de confirmer à l’inconnu que le hasard faisant parfois bien les choses, il apparaît que je serais bien un certain Laurent Jospin. Bon très honnêtement, j’avoue que la seconde d’après je n’avais pas l’air trop malin, car tout à fait par hasard toujours, la personne en question était un ami d’enfance de la lointaine époque où j’avais encore le temps de jouer aux échecs, et qui, lui à l’inverse, m’avait bien reconnu. Oups, on essayera de faire mieux la prochaine fois.

Pour essayer de me trouver des circonstances atténuantes, je signalerai tout de même qu’il avait eu l’occasion de me voir sur Canal9 lors de mon débat avec le conseiller national Jean-René Germanier et qu’ensuite il m’avait, l’outrecuidant, proprement googlisé sans même penser à me transmettre l’annonce préalable par recommandé avec accusé de réception que la décence minimale impose.
Bref, tout ça pour dire que nous avons passé un sacré bon moment à repasser des anecdotes de notre jeunesse, lorsque nous sommes arrivé à ZE QUESTION, “mais Laurent comment peux-tu être à la fois vert et libéral, n’est-ce pas contradictoire?“. La transparence m’oblige à vous dire que l’ami en question vote très à droite considérant que l’économie prime puisqu’elle est la source des financements nécessaires aux prestations étatiques. L’accusation suprême se dressait devant moi, tu fais semblant d’être libéral pour faire passer tes idées vertes. Vous noterez en passant qu’il s’agit ici d’une jolie première puisqu’on avait surtout, jusqu’à ce jour, accusé les vert’libéraux d’être des faux verts pour faire passer des idées libérales. Baste, soyons philosophe et consolons-nous en pensant qu’un coup à gauche suivi d’un coup à droite font une moyenne assez centrée.

Bien évidemment, le sujet ne représente vraiment plus aucun problème depuis le temps que l’on me la pose cette fameuse question, mais là j’ai eu envie de quitter le niveau théorique ou philosophique et aller dans le très concret.

Antoine, as-tu regardé l’émission de Temps Présent la semaine passée “Des OGM dans nos assiettes, de gré ou de force”?“. Non, Antoine ne l’avait pas regardée, alors profitant de la technologie moderne, je lui ai montré quelques passages choisis depuis mon smart-machin-truc, accompagnés d’explications complémentaires sur les perspectives à moyen terme. L’avantage d’avoir à la maison une épouse biologiste et un fils très prochainement ingénieur en sciences de l’environnement fait ici toute la différence.

Une Maman qui n’espère plus que la mort pour délivrer son enfant !!

Si vous vous trouvez sur mes pages, vous devriez logiquement être disposés à me croire, alors n’hésitez pas et croyez-moi sur parole et apprenez que quand j’estime qu’il y a à matraquer alors je matraque franchement et dans la bonne humeur.  Pauvre Antoine, il aura eu droit à toute la panoplie des conséquences actuelles et prévisibles. Antoine possède une formation universitaire de haut niveau et s’il n’a jamais pris le temps de s’intéresser à la biologie, il comprend vite et bien les tenants et aboutissants. Comme le pire est certain, et le pire du pire probable, son visage se défaisait au fur et à mesure que nous évoquions les conséquences sur la santé humaine, l’environnement, la capacité à nourrir les populations et donc les famines à prévoir, les guerres aussi, ….

Pour ce message, je n’aimerais pas trop détailler le glauque du glauque, mais on peut citer sommairement :
- augmentation des fausses couches et des naissances de bébé lourdement handicapés
- explosion du nombre des cancers
- augmentation des maladies dégénératives et auto-immunes comme l’alzheimer
- spirale inflationniste pour l’usage de produit de plus en plus toxique
- dans certaines régions du monde, l’usage des OGM conduit déjà à des vagues de suicide auprès des paysans
- destruction du substrat vivant des sols jusqu’à l’irréversible
- nous avons aussi évoqué le Vietman où comme mentionné sommairement dans l’émission les populations souffrent encore de l’usage de l’agent orange
- …

C’est à ce moment que nous avons repassé la séquence durant laquelle on voit la Maman de Diana chercher ses mots douloureusement pour essayer de dire qu’elle n’espérait plus que la mort pour son enfant. Prendre conscience qu’il ne s’agit que d’un prélude individuel à une tragédie s’annonçant collective devient simplement insupportable pour quiconque possède ne serait-ce qu’un embryon de cœur.

On parlait de concret au début de ce post. Concrete en anglais signifie béton, et bien à la fin de nos échanges  mon ami était à peu près aussi pâle que s’il avait frappé violemment sa tête contre un mur en béton. “Vois-tu, Antoine pour que le libéralisme fonctionne, il doit impérativement aller de pair avec une responsabilisation pleine et entière. Plus je suis libre, plus je dois assumer les conséquences de mes actes et choix“. Le nœud du problème est là, Monsanto exige, voire vole, une liberté sans limite pour elle, mais nie, voire s’arrange pour se soustraire à, devoir assumer les conséquences en découlant.

Le libéralisme réclamé par l’industrie agro-alimentaire notamment au travers de ces fameux accords TAFTA et autres similaires occultes n’est simplement pas du libéralisme. Vous pouvez le qualifier comme il vous plaira, il ne s’agira jamais de libéralisme mais bien d’une dictature, susceptible d’ailleurs de dépasser sur la durée en horreur globale les pires régimes sanguinaires que la Terre ait connu.

En réalité, un vrai libéral ayant compris la portée pleine et entière du mot libéral devrait adhérer à la vision verte, car il ne s’agit en fin de compte que de simple bon sens : ne jamais mettre en péril ce que je ne pourrais pas réparer.

Laurent David Jospin

Note 1 : pour une raison que j’ignore l’émission n’est plus visible sur le site de la TSR, toutefois vous pouvez la trouver sous http://www.dailymotion.com/video/x2mn4d4_des-ogm-dans-nos-assiettes-de-gre-ou-de-force-temps-present_news et si jamais elle disparaissait encore, il y a encore un autre moyen de la trouver, me demander le cas échéant.
Note 2 : Antoine n’est pas Antoine, il s’agit d’un prénom d’emprunt à la demande de l’intéressé qui, vu la fonction qu’il occupe, ne souhaite en aucun cas pouvoir être reconnu.

Réponse à Jacques Bourgeois: arrêtez de propager des mensonges!

Si on croit les opposants à TE-TVA, l’introduction de notre solution conduirait à une catastrophe économique majeure. Je le dis et le redis, cela ne peut être qu’une absurdité puisque la somme prélevée auprès de la population reste la même et qu’au surplus un allégement bureaucratique important permettra une stimulation importante de l’économie.

La réponse entendue est toujours la même : pour les autres peut-être, mais MON entreprise va souffrir ou mourir selon la virulence de l’intervenant.

Sous  http://www.famillejospin.ch/ouvrirlesyeux/?p=738  vous trouvez une réponse claire et confirmée maintenant par plusieurs spécialistes de la branche pour les restaurateurs. Cela se passe de commentaires supplémentaires! Mais alors qu’en-est il des paysans suisses?

Lors de mon débat sur Radio Fribourg avec le Conseiller National Jacques Bourgeois, il a assez clairement insinué que notre initiative représentait quasiment la mort de notre petite agriculture. Je lui ai répondu qu’au contraire il s’agissait d’une opportunité exceptionnelle, et que nous publierions au courant de la semaine prochaine des chiffres clairs le démontrant. Son “j’aimerais bien voir cela” assez sarcastique trouve son juste écho ici! Car voyez-vous, je le confirme avec force pour notre paysannerie suisse, TE-TVA n’est rien de moins qu’un cadeau du ciel permettant d’alléger la souffrance réelle vécue par cette corporation (voir l’émission de Temps Présent “Paysan, une espèce en voie d’extinction” sur la RTS parlant des taux de suicides effarants frappant nos paysans).

En passant, ce post répond également au Conseiller National Jean-René Germanier qui annonçait une catastrophe pour les producteurs de fruits valaisans lors de notre débat sur canal9.

Nous avons collecté passablement de données comptables diverses sur la paysannerie de notre pays. Il en résulte que, du point de vue de notre initiative, on peut ranger ces exploitations en deux catégories différentes soit celles assujetties à la TVA et celles non-assujetties. Le cas le plus défavorable pour notre initiative concerne forcément celles non assujetties, car le volant de compensation de la TE se limite aux dépenses sans inclure la valeur ajoutée. Dans un souci de transparence maximale, nous n’examinerons bien évidemment que cette catégorie.

Si vous allez sur le site de Office Fédéral de la Statistique, vous trouvez un document intitulé “Résultats comptables des exploitations agricoles” qui couvre notamment les années 2003 à 2013. Dans la copie ci-dessous, vous trouvez quelques chiffres qui nous permettront d’y voir beaucoup plus clair, extrait pour 2013 :

Une exploitation agricole, c’est un travail harassant pour son propriétaire, levé très tôt, couché très tard, mais c’est aussi, en proportion du chiffre d’affaire, beaucoup, mais alors vraiment beaucoup d’achats divers. Et donc autant de TVA implicite à récupérer, ou pour être plus précis à ne pas payer puisque celle-ci ne sera plus en vigueur!
Dans l’exemple ci-dessus, nous constatons que cette exploitation moyenne doit acquérir pour son fonctionnement des biens ou prestations externes pour CHF 214’518.–/an. Cette somme inclut de la TVA, que cela soit explicitement ou implicitement, qui ne sera donc plus facturée ou intégrée dans les prix après l’acceptation de notre initiative. 8% de 214’518.– apporterait donc jusqu’à 17’161.– d’allégement pour compenser la nouvelle TE. Toutefois, nous allons admettre que certains prestataires ou certaines marchandises incluent une part de la TE introduite, et nous ne retiendrons que 80% de cette somme.  Il faut relever que cette façon de calculer défavorise clairement notre initiative, car la réalité se situera bien plus vers 90% qu’autre chose, mais soyons irréprochables jusqu’au bout, et donc retenons seulement CHF 13’729.–.

La famille exploitant le domaine récupère également de la TVA sur sa consommation personnelle. Un calcul exact ici relève de la gageure puisqu’il faudrait connaître ce que cette famille acquiert encore comme nourriture auprès des circuits usuels et donc frappés d’une TVA réduite, alors que d’autres aspects incluront eux une TVA à 8%. On voit dans l’exemple ci-dessus que la part du bénéfice dédié à la consommation de la famille s’élève à quelques CHF 80’600.–. Nous proposerons de dire, toujours dans une optique très conservatrice, que la dite famille ne récupère ici que 4% (moyenne entre le taux réduit à 2.5%, le taux normal de 8%, soit 5.25% de nouveau réduit d’un peu de plus de 20%) soit au final CHF 3’224.– à récupérer encore.

En conclusion, notre famille dispose d’un volant de compensation de presque CHF 17’000.–. Lors de notre débat avec le CN Jacques Bourgeois, j’ai effectivement accepté son affirmation de dire que la TE coûterait environ 15’000.– à une exploitation agricole donnée. Seule petite divergence pour ma part, les calculs concernaient alors une exploitation sensiblement plus grosse … Néanmoins, même si on en restait à cette affirmation, on constate déjà que l’agriculture ne peut pas être mise en danger par TE-TVA puisque nous voyons ici déjà un gain de CHF 2’000.–/an.

Toutefois, j’aimerais quand même soutenir ici jusqu’au bout mon affirmation initiale, à savoir qu’il s’agit d’une opportunité unique pour nos paysans d’améliorer leur condition.

Un ami ex-paysan, Laurent D., m’a indiqué que sur une moyenne de 10 ans, il avait consommé 85 litres de diesel/Ha, soit grosso modo CHF 140.– au cours actuel, mais il estimait que ce chiffre était sans doute en dessous de la moyenne et il n’incluait peut-être pas d’autres sources d’énergie. Selon les données de l’OFS la réalité se présente comme ceci :

Si on prend les chiffres globaux ci-dessus on constate un poste total au niveau Suisse de CHF 500’000’000.– (moyenne arrondie, vers le haut encore une fois, années 2013 et 2014) pour énergie et lubrifiants, rapporté aux 45’000 exploitations en activité avec une moyenne de donc 23.6 Ha, cela nous conduit à un montant total pour cette position de CHF 471.– /Ha (500’000’000.–/45’000/23.6). En admettant qu’une part d’énergie ne soit pas comprise ici dans les statistiques de l’OFS (ce qui ne devrait néanmoins pas être le cas!), et en transformant tout en kWh à 15 cts le kWh (énergie + transport énergie), nous arrivons dans le cas de notre famille type à globalement 74’104 kWh que nous arrondirons donc à 80’000 kWh. Multiplié par le taux de 13 cts/kWh, cela nous donne donc comme résultat final une TE de CHF 10’400.– très largement inférieure aux CHF 17’000.– calculés avant.

Toutefois, il ne s’agit toujours pas de la vérité essentielle, car, rappelons-le si nous l’avions oublié, les paysans possèdent ce privilège incroyable de pouvoir devenir des producteurs d’énergie verte de première importance, énergie qui, suite à l’acceptation de TE-TVA deviendra automatiquement compétitive et ce sans un lourd système bureaucratique de taxe + subvention.

Une exploitation agricole peut produire de l’énergie solaire (toiture des bâtiments), du biogaz (à relire le post sur la relation entre la méthanisation et la bio-diversité), et enfin de l’éolien petit ou grand selon les cas. Ce gisement peut représenter en valeur nette plus que le bénéfice de la production agricole elle-même si tout est mis en œuvre. Au minimum, il permet une diversification hautement profitable à nos paysans et ceci sans charger leurs horaires déjà à la limite du possible.

A titre personnel, je ne suis membre d’aucune organisation paysanne, mais j’ai plusieurs amis paysans et notre famille réalise une part de plus en plus importante d’achat direct auprès de producteurs locaux (70% de notre viande et 50% de nos légumes). Pour ceux de mes lecteurs présents depuis le début sur ce blog, vous savez bien l’importance que j’attache à une agriculture saine, durable, et autant que possible de proximité.

Tout ceci me force à m’interroger : comment se fait-il que les élites sensées défendre les intérêts de la paysannerie suisse soient à ce point dans l’erreur?  En tout cas, une chose demeure certaine : mes amis paysans défendent avec conviction TE-TVA!!

Laurent David Jospin

Quand le mieux est l’ennemi du bien, ou les relations inattendues entre la méthanisation et la biodiversité

La perte de bio-diversité des prairies de nos enfances (voir le post du 11.8.2013  Le coût de la perte de bio-diversité ) puise principalement sa cause dans le sur-engraissement des terres agricoles, lui-même généré par la quantité disproportionnée de bétails dans nos fermes. Le cycle et son déséquilibre peuvent se résumer en :
- nos terres ne sont pas suffisantes pour nourrir notre bétail,
- nous importons des fourrages et autres aliments (comme du soja du Brésil par ex.) pour réussir à alimenter en quantité suffisantes les animaux,
- en retour ceux-ci nous gratifient de plus de déjections que nos terres devraient normalement recevoir dans un cycle équilibré,
- et au final ne survivent plus que quelques espèces de plantes adaptées à de telles conditions.

Sur ce, avec ma biologiste préférée nous avons imaginé une solution simple et pragmatique en combinant nos compétences respectives. L’idée consisterait à récupérer un maximum possible de cette production, l’introduire dans une fosse de méthanisation, récupérer en sortie d’une part le biogaz et le digestat, bien évidemment il ne faut surtout pas épandre ce dernier car sinon le problème redevient le même, mais le sécher naturellement dans un four solaire et pouvoir ainsi le conditionner de façon à pouvoir l’exporter dans des zones de la planète nécessitants un tel apport de nutriments pour l’agriculture.

Concrètement, nous proposons une solution sous la  forme d’une “cuve” réalisée avec une matière très comparable à un liner de piscine le tout connecté à un générateur (ou plusieurs selon les cas) ressemblant à s’y méprendre à ceux que l’on peut acquérir dans les brico-centres mais acceptant un mélange méthane / CO2 variable donc typiquement du bio-gaz. On parle ici de puissances relativement faibles pour du biogaz, de l’ordre de 50 à 100 kW.

Si l’on détaille les caractéristiques de base de la proposition, on découvre des coûts d’investissement très bas car la solution est maintenue intentionnellement la plus simple possible, un prix de revient complet des kWh raisonnable de moins de 15 cts, une hygiénisiation de la masse fournie (partielle, il est vrai), et la création d’un digestat pouvant être caractérisé d’engrais directement épandable (ce que nous ne souhaitons surtout pas localement dans le cas d’espèce). Avec cette solution, et selon les exploitations considérées, on peut soustraire jusqu’à 50% du sur-engraissement des pâturages du domaine. Comme il s’agit bien d’une installation allégée de tout superflu, elle se limite au traitement de la bio-masse générée par le domaine lui-même. On évite ainsi également une valse pénible de camions devenant amener de loin à la ronde des matières destinées à alimenter un digesteur de taille industrielle.

Génial, allez-vous me dire, faisons le de suite. Et bien, c’est là qu’il y a “une bulle dans le gaz” selon l’expression consacrée d’un de mes anciens professeurs de mathématique, car voyez-vous c’est INTERDIT¹ !

En premier lieu, le législateur vous dira qu’un système aussi simple ne garantit pas que du méthane produit ne finisse pas dans l’atmosphère. C’est parfaitement exact puisqu’il est équipé d’une simple valve de surpression pour éviter tout risque d’explosion. Toutefois, et c’est bien là le coté absurde de la chose, lorsque les déjections du bétail sont simplement épandues, le méthane en question finit intégralement dans l’atmosphère et personne n’y trouve rien à redire. On sait d’ailleurs que la production très importante de viande contribue de manière sensible au réchauffement climatique.

Ensuite, vous entendrez qu’un tel système possède un rendement insuffisant, car il manque la partie valorisation de la chaleur produite dans le générateur. Peu importe qu’il utilise une source fossile ou renouvelable, la loi assimile un générateur électrique fonctionnant sur le principe du moteur à explosion à un couple chaleur-force et exige la valorisation du sous-produit chaleur dès lors que la puissance dépasse une valeur à peine supérieure au générateur du brico-centre (soit environ 2 kW). Dans le cas, d’une source fossile une telle exigence relève de la pure logique, car ainsi on évite le gaspillage pour protéger l’environnement. Par contre, dans la variante proposée ici, on obtient exactement l’inverse de l’effet recherché. En interdisant de facto de bruler le méthane pour faire de l’électricité, on garantit donc que celui-ci finira dans l’atmosphère et qu’il contribuera au réchauffement climatique jusqu’à 50* plus que le CO2 généré lors de la combustion du dit biogaz (voir post Gaz de schiste et ça continue… paragraphe bon pour le réchauffement climatique?).

Sur la question de la perte de bio-diversité découlant en cascade de ce sur-engraissement, on doit rappeler son importance y compris pour l’économie agricole. Une riche bio-diversité assure une régulation naturelle des rongeurs et autres ravageurs, une meilleure pollinisation par les insectes, un processus plus efficace de formation des sols fertiles (humus et phénomènes associés), ainsi qu’une réduction de l’érosion des mêmes sols.

Nous constatons donc que des lois destinées à protéger l’environnement ne prévoyaient pas le présent cas de figure et conduisent à un résultat déplorable manifestement contraire aux intentions du législateur.

Lorsque les lois et autres règlements administratifs ci-dessus ont été édictés, le concept même de la méthanisation ou biogaz en mode individuel ne circulait que dans quelques cercles d’initiés assez avant-gardistes. Il ne semble donc pas que l’on puisse reprocher ici cette erreur maintenant devenue évidente. Pour ma part, je ne me permettrais pas de critiquer ceux qui étaient à l’origine de ces lois, ils devaient  certainement sincèrement penser bien faire. Par contre, on ne pourrait tolérer qu’elles ne puissent pas être corrigées rapidement et sans lourdeur excessive.

Mes premières démarches avec diverses administrations ne laissent malheureusement pas entrevoir une ouverture telle que nous pourrions la souhaiter. La meilleure réponse entendue à ce jour correspond plus ou moins à du “évidemment, vous avez parfaitement raison et c’est hautement regrettable, mais la loi étant ce qu’elle est …“.

Le mot regrettable ne correspond pas précisément aux qualificatifs dont j’aimerais faire usage devant une telle situation kafkaïenne. La maison des fous d’Astérix, vous connaissez?

Notre situation environnementale s’est à ce point péjorée que nous ne pouvons plus nous permettre de tel errements. Ceux qui me connaissent un peu plus personnellement savent que je ne suis pas homme à me laisser abattre trop facilement. Une image valant mieux que milles mots, je vous résume mon état d’esprit ainsi :

Avec divers intéressés, nous nous attelons à une réflexion sur la méthode la plus efficace (surtout la plus rapide) pour adapter le cadre juridico-administratif nous créant ce problème absurde. Il va de soit que toute bonne idée de mes chers lecteurs sera saluée comme il se doit!

Laurent-David JOSPIN

note(s) ¹ : pour rappel, les informations présentées ici sont valides pour la Suisse et à la date de rédaction du Post. Toutefois, et selon les informations en ma possession, des problèmes assez similaires existent dans la plupart des pays européens.

PS : encore désolé pour le faux-départ de ce message, on espère que vous aurez été satisfaits par un texte à la hauteur de votre attente.

Quand le mieux est l’ennemi du bien, ou les relations inattendues entre la méthanisation et la biodiversité

 

Un bonjour gêné à mes chers lecteurs, l’annonce de la publication est prématurée. Le Post est en cours de rédaction et devrait être disponible vers le milieu de la semaine prochaine.

Rédigeant en écoutant un concert en duo de James Brown et Luciano Pavaroti (si,si…), l’enthousiasme a peut-être tourné la tête de ma souris, sinon je reste perplexe et sans autre explication à vous fournir.

La perte de bio-diversité des prairies de nos enfances (voir le post du …) puise principalement sa cause dans le sur-engraissement généré par la quantité disproportionnée de bétails dans nos exploitations agricoles. Le cycle et son déséquilibre peuvent se résumer en :
- nos terres ne sont pas suffisantes pour nourrir notre bétails,
- nous importons des fourrages et autres aliments (comme du soja du Brésil par ex.) pour réussir à alimenter en quantité suffisantes les animaux,
- en retour ceux-ci nous gratifient de plus de déjections que nos terres devraient normalement recevoir dans un cycle équilibré,
- et au final ne survivent plus que quelques espèces de plantes adaptées à de telles conditions.

…………………………….. suite prochainement, encore désolé

 

Et la souris accoucha d’une montagne

Et plus étonnant encore, on peut souligner que cet accouchement est passé inaperçu, enfin presque.

La souris c’est notre belle Helvétie, qui malgré toute l’affection que je lui porte, reste un pays de taille souriceau à l’échelle de la planète.

La montagne, Hans Rudolf Herren Président de la fondation Biovision, a reçu récemment le prix Nobel alternatif pour son engagement contre la faim et la pauvreté.

L’action de Biovision consiste, pour son aspect le plus fondamental, à permettre aux populations locales de se ré-approprier leur agriculture avec des techniques adaptées localement et surtout durables.

Les principes appliqués relèvent parfaitement de la logique du faire avec la nature plutôt que contre elle. Toutefois, il se rajoute ici une difficulté supplémentaire, honte de l’humanité!, de par les dégâts à rattraper découlant d’une exploitation agricole inadaptée, par exemple par le choix des espèces car destinées à alimenter les marchés mondiaux sans considération de la chaine vivante locale, soit par une destruction plus ou moins lente du substrat vivant, détruit par la chimie mise en œuvre pour privilégier du profit à court terme.

Il est recherché des solutions locales, faisant appels à des espèces indigènes et adaptées à la nature des sols, en exploitant les possibilités de fertilisations et de luttes contre les nuisibles disponibles dans le cadre d’un cycle fermé et auto-suffisant pour assurer sa durabilité.

Il en découle au final moins de frais  pour les paysans, car l’on supprime les herbicides, pesticides, et autres “m…..cide”  en tout genre, donc également une meilleure santé des populations locales, et, oh merveille, assez de nourriture pour tous, alors que cela avait été perdu/détruit par nos solutions soit-disant modernes. Et il faut souligner que dans certains cas, la remontée représente un challenge peu aisé pour le moins, pour vous donner une idée parmi d’autre de la situation créée par nos soit disantes merveilles de la science, vous pouvez regarder l’émission Mise au Point sur la Radio Télévision Suisse (www.rts.ch) du 2 décembre 2012 “les OGM qui tuent“.

Biovision apprend aux paysans locaux à être maître de leur destin, sans plus dépendre des grandes industries chimiques et/ou agro-alimentaire. En peu de mots, ils regagnent leurs dignités et redeviennent capable de vivre tout simplement.

L’air de rien, les démarches, concepts et solutions mis en œuvre pourraient  se révéler un savoir essentiel pour assurer notre capacité à nourrir décemment tout les habitants de la Terre. Un jour peut être, c’est nous même qui devront appeler au secours les successeurs de Monsieur Herren pour ré-apprendre à vivre de notre terre.

Hans Rudolf Herren appartient à la classe des vrais géants, que dis-je à la classe des montagnes vivantes. Il réalise un travail d’une portée exceptionnelle permettant de redonner de l’espoir à des régions entières. D’une manière discrète, sans aucune recherche de la notoriété médiatique pour elle-même, des solutions agronomiques douces sont recréées solutionnant des désastres épouvantables générés le plus souvent par certains de nos industriels occidentaux voulant imposer une agriculture abreuvée d’engrais de synthèse, pesticides, et autres OGM.

Si vous avez un peu de temps, je vous encourage à faire un passage sur le site de Biovision ( http://www.biovision.ch/nc/fr/home/ ), et s’il vous arrive de donner un peu d’argent à une œuvre sociale ou l’autre, vous pourriez penser à les mettre dans votre liste de favoris.

Notre pays peut être légitimement fier d’avoir donné naissance à une personnalité d’une telle grandeur!

Bref, vous l’aurez compris, j’aimerai tirer un grand coup de chapeau à cette organisation et son père fondateur agissant avec modestie mais réalisant un travail, oh combien, essentiel à la bonne santé de notre planète et de ses habitants.

Laurent-David JOSPIN

Le coût de la perte de bio-diversité

Pour beaucoup d’entre nous, lorsqu’on nous annonce une perte de bio-diversité, cela reste très virtuel et les conséquences néfastes nous semblent bien lointaines voir carrément incertaines.

Vous commencez à me connaître, et vous devez déjà vous demander quelle construction intellectuelle je vais soumettre à votre sagacité qui va chercher à démontrer le contraire.

J’espère ne pas trop vous décevoir, mais on va vraiment rester très terre à terre au sens propre.

Les moins jeunes de mes lecteurs doivent certainement se rappeler les magnifiques prés de notre enfance parsemés de fleurs de toutes les couleurs. Aujourd’hui, tout cela appartient au passé (à moins d’aller en montagne, là où la civilisation n’a pas encore trop sévi). Les champs engraissés à l’excès par une sur-pâture (et donc aussi une sur-production de déjections bovines plus communément appelées bouses ou beuses en neuchâtelois courant!) favorisent de manière quasiment unique les ombellifères (en forme de groupe de parasols blancs : les coutches toujours en neuchâtelois) ou autres pissenlits donnant des champs uniformes et assez tristounets. Un peu d’attention supplémentaire et vous constaterez une autre grande absence : tout ces papillons colorés qui virevoltaient et émerveillaient nos yeux d’enfants.

Et au fond mis à part l’esthétique, c’est grave ça, docteur?

Si vous avez regardé le Téléjournal sur la Suisse romande du 9.8.2013 soir, vous aurez appris que de nombreux paysans de l’arc jurassien ont de gros soucis à devoir importer du fourrage en quantités exceptionnelles, au point que cela risque de mettre une série d’exploitation en danger de mort économique.

Ce printemps, lorsque nous avons vécu une période grise et pluvieuse, les espèces privilégiées par le problème expliqué ci-dessus n’ont pas pu se développer suffisamment. Cet été, lors d’une période de sécheresse modérée, elles ont souffert de même. Il se rajoute à ce premier problème climatique un deuxième, lui aussi lié à la perte de bio-diversité, la surpopulation de campagnol. Cette dernière puise ses racines, sans jeu de mots involontaire, dans la disparition des haies qui offraient des corridors écologiques aux prédateurs des campagnols, et pour une part également dans la sur-présence de pissenlits notamment contribuant à la croissance des populations.

Un champ moins “gras” mais plus riche d’espèces variées aurait bien mieux traversé les turbulences, et aujourd’hui les exploitations agricoles concernées seraient infiniment mieux positionnées pour faire face à la difficulté.

Le cas du fourrage à acheter en sus relève du bénin, certes pas pour l’exploitant agricole concerné, mais il faut conserver à l’esprit que le monde nous entourant est complexe et nous sommes très loin d’avoir compris toutes les interactions entre les divers écosystèmes, partant de là les conséquences peuvent se révéler infiniment plus graves. A nouveau, l’humanité, en tolérant implicitement des pertes de bio-diversités, prend des risques sans savoir exactement lesquels.

La bio-diversité c’est pas juste un truc d’intellectuel, elle est nécessaire à l’équilibre du monde vivant dont nous sommes un maillon!

Laurent-David JOSPIN

la non-culture pour mieux nourrir le monde

Voici une approche intéressante et innovatrice de par sa simplicité : oser l’idée qu’en agriculture nous nous épuisons à résoudre des problèmes créés par nous-mêmes.

Monsieur Masanobu Fukuoka, micro-biologiste et spécialiste en phytopathologie, japonais de son état et partant très intéressé à la culture du riz,  a passé toute sa vie à diminuer puis supprimer les quantités d’engrais, de pesticides, d’irrigation, etc. etc. pour finalement arriver au même rendement qu’avec une agriculture classique.

Le résultat final mérite le détour.

On inonde, pendant de long mois, habituellement les cultures de riz principalement pour empêcher la pousse des mauvaises herbes. Ici, on choisit volontairement de faire proliférer du trèfle blanc dans une rizière à sec. De cette façon la seule “mauvaise” herbe reste donc ce trèfle, qui comme tout les trèfles possède la propriété de fixer l’azote et donc d’enrichir le sol en profondeur. Au moment voulu, on inonde, permettant au riz de germer, tout en mettant le trèfle en mode “veilleuse”. Une dizaine de jours suffisent et l’on peut arrêter de remettre de l’eau. Le trèfle a été suffisamment ralenti, respectivement l’avance du riz permet à ce dernier de prospérer sans plus être gêné par le trèfle, qui en occupant l’espace résiduel, empêche l’arrivée d’autres mauvaises herbes. Avant la récolte du riz, on sème les céréales d’hiver à la volée. Lors de la récolte du riz, on rend à la terre toute la paille non comestible de la plante. On protège ainsi le sol contre l’assèchement, limite à nouveau l’arrivée de mauvaises herbes, et la décomposition du trèfle permet d’éviter de devoir utiliser des engrais chimiques. Lors de la récolte, on piétine quelque peu les céréales, mais compte tenu du “très jeune âge” des dites céréales, celles-ci s’en remettent sans difficulté. Dans une variante idéale, on laisse courir poulets et canards directement dans le champ. Ces précieux auxiliaires réalisent une chasse aux nuisibles et surtout grâce à leurs déjections, accélèrent la décomposition de la paille qui va contribuer à enrichir le sol également. Le trèfle a été semé après les céréales de façon, à nouveau, garantir l’avantage de ces dernières. On sème le riz avant la récolte des céréales, et le cercle est bouclé lorsqu’on inonde à nouveau le champ pour faire démarrer le riz

Sur cette image, on voit le semis à la volée du riz dans une culture d’orge

Nous obtenons comme résultat final, infiniment  moins d’eau consommée respectivement gaspillée incluant aussi un travail moindre pour l’arrosage, une consommation d’engrais et herbicide nulle, … La terre est d’une vitalité incomparable avec de l’azote fixé jusqu’en profondeur, et également une forte présence de micro-organisme ainsi que de vers de terre garantissant la fertilité des sols pour les années à venir. Il n’y a que des gagnants ici! Euh non, j’ai oublié Monsanto &co, mais comme de toute façon je préférerais les voir disparaître, on ne va pas se plaindre, non?

Et encore une fois, le rendement final est égal ou supérieur à une agriculture classique.

Pour résumer la philosophie de cette “non-agriculture” faire avec la nature plutôt que contre elle.

La non-agriculture a été mise en route dès les années 50 par un Monsieur Japonais, entretemps décoré pour service rendu à l’humanité, nous voulons espérer que personne ne cherchera à l’arrêter.

Laurent-David JOSPIN

PS : l’expression non-culture est une non-traduction d’une expression japonaise non-traduisible, mais je ne pense pas que vous aurez non-compris, et de toute façon la bonne humeur est elle bien comprise.

Source : FUKUOKA Masanobu, La révolution d’un seul brin de paille, Guy Trédaniel Editeurs, Paris, 2010